COP28 : une conférence décisive pour la lutte contre le changement climatique

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La 28e conférence des Parties (COP) se tient du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï (Émirats arabes unis), sous présidence émirienne. Huit ans après la COP21 qui avait abouti à l’adoption historique de l’accord de Paris, les résultats de la COP28 seront déterminants pour le respect des objectifs fixés et pour le futur de l’humanité.

La COP c’est quoi ?

En 1992, lors du sommet de Rio, 154 États, reconnaissant l’existence d’un changement climatique d’origine humaine, ont décidé de joindre leurs efforts pour limiter le réchauffement global. Ainsi est née la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (ou CCNUCC) et son organe de prise de décision, la Conférence des Parties (ou COP).

Une COP réunissant les 198 « Parties à la Convention » se tient chaque année. Chacune d’entre elles permet de faire le point sur l’application de la Convention, de préciser la mise en œuvre des décisions et de négocier de nouveaux engagements avec des objectifs communs ou individuels. Les décisions sont prises par consensus. Aux COP, l’Union européenne (UE) parle d’une seule voix. En amont des COP, les Etats membres de l’UE se coordonnent sur un mandat de négociation.

Plus d’informations : Les négociations internationales en matière de lutte contre les changements climatiques

Tirer les conclusions du premier bilan mondial de l’accord de Paris

La COP28 est l’occasion d’établir un premier bilan mondial de la mise en œuvre de l’accord de Paris, dit « Global Stocktake » (GST). Ce mécanisme, décidé en 2015 à la COP21, vise à évaluer en 2023, puis tous les cinq ans, les progrès collectifs accomplis dans la mise en œuvre des 3 piliers de l’accord de Paris :

  • atténuation ou réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • adaptation au changement climatique ;
  • et moyens de mise en œuvre.

La France et l’UE plaident pour que ce premier bilan mondial soit l’occasion

  • d’aboutir à des recommandations politiques robustes pour renforcer l’ambition collective ;
  • de promouvoir des solutions concrètes renforçant la mise en œuvre nationale des engagements des pays et la coopération internationale en faveur du climat.

Persévérer dans nos efforts en matière d’atténuation et de sortie des énergies fossiles

En accord avec les conclusions du 6e rapport d’évaluation du GIEC, la COP28 devrait souligner l’urgence d’agir et d’accélérer nos actions pour contenir l’élévation de la température moyenne à 1,5°C.

Atteindre cet objectif collectif d’atténuation, inscrit dans l’accord de Paris, implique que les États, en particulier les plus gros émetteurs, rehaussent leurs objectifs et se fixent un objectif de neutralité carbone le plus tôt possible. L’UE s’est engagée à réduire d’au moins 55% ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 et s’est fixé un objectif de neutralité climatique (comprenant tous les gaz à effet de serre) d’ici 2050.

Pour la première fois à la COP26, les pays ont pris l’engagement d’accélérer la transition vers une énergie à faibles émissions. Cela implique de réduire progressivement la production d’électricité à partir de charbon et d’éliminer graduellement les subventions aux énergies fossiles. La France fait de la sortie du charbon une priorité de son action pour les années à venir, et continuera de plaider avec l’UE pour une sortie progressive des énergies fossiles non équipées de captage et stockage des émissions.

Renforcer les capacités d’adaptation

Au-delà de tout ce que nous pouvons faire pour réduire les émissions et ralentir le rythme du réchauffement de la planète, nos sociétés vont devoir s’adapter aux changements climatiques, pour protéger les populations des risques climatiques qu’ils engendrent : incendies, sècheresses, inondations, etc. Cela passe par des ajustements de nos systèmes sociaux et économiques. La France s’attache à valoriser le rôle clé de l’adaptation au sein de la pluralité des solutions permettant de répondre aux pertes et préjudices.

Contrairement à l’atténuation, pour laquelle il est assez simple d’évaluer les progrès globaux, l’adaptation est plus difficile à quantifier et à qualifier, rendant difficile la définition d’un objectif clair. La COP28 doit voir l’adoption d’un cadre de travail visant à définir des ambitions précises en matière d’adaptation à l’échelle mondiale, des étapes claires pour les atteindre et mesurer les progrès globaux accomplis dans la réalisation de l’objectif mondial d’adaptation.

Mobiliser la finance en faveur du climat

La coopération internationale est essentielle pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Des progrès ont été réalisés ces dernières années, mais des efforts renouvelés doivent être poursuivis pour atteindre l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an de financements climat au profit des pays en développement de 2020 à 2025. La France est déterminée à contribuer à l’atteinte de cet objectif. L’UE et ses États membres sont les principaux contributeurs à la finance climat internationale. Ils ont dans ce cadre mobilisé 23 milliards d’euros en 2021.

En matière de pertes et préjudices, la COP28 devrait permettre de progresser sur l’opérationnalisation des nouveaux arrangements financiers décidés à la COP27, pour soutenir les pays en développement particulièrement vulnérables face aux pertes et préjudices associés au changement climatique. La France et l’Union européenne souhaitent, en cohérence avec la décision de la COP27, que les arrangements financiers et le fonds bénéficient en priorité aux pays en développement les plus vulnérables.

La France, pionnière de la diplomatie climatique

La France est engagée sur tous les champs de la diplomatie climatique et soutient plus d’une cinquantaine de coalitions et d’initiatives multi-acteurs (Etats, collectivités locales, société civile, secteur privé) pour faire avancer des priorités sectorielles, telles que l’Alliance solaire internationale (ASI), la Powering Past Coal Alliance (PPCA) sur la sortie du charbon, la Beyond Oil and Gas Alliance (BOGA) sur la sortie du pétrole et du gaz ou encore la Coalition pour la Haute Ambition (HAC) qui réunit un groupe de pays ambitieux sur le climat. Les sommets « One Planet », lancés à l’initiative du Président de la Républiqueen 2017, sont devenus un lieu d’engagement financier des États, des collectivités territoriales, des organisations internationales, mais aussi des entreprises, des banques privées et des assurances.

Le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, réuni par le Président de la République à Paris les 22 et 23 juin 2023, a permis de commencer à livrer le « choc de financement » attendu par de nombreux partenaires du Sud, afin de répondre aux principaux défis mondiaux et aux enjeux de financement associés : lutte contre la pauvreté, décarbonation de nos économies pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et protection de la biodiversité. Le sommet a constitué une première étape, porteuse de nouveaux élans politiques, pour mobiliser davantage de ressources financières, adapter l’architecture financière internationale aux besoins du XXIe siècle et alléger la contrainte budgétaire immédiate sur les pays les plus vulnérables. La mobilisation de haut niveau à la COP28 sera un point d’étape dans la mise en œuvre de ces ambitions collectives et permettra de renforcer les coalitions créées à Paris dans le cadre du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète.

Sur son territoire, la France a fait de la planification écologique une priorité. La stratégie française pour l’énergie et le climat (SFEC) doit permettre de dresser la feuille de route actualisée de la France afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et assurer l’adaptation de notre société aux impacts du changement climatique. Elle sera constituée de la première loi de programmation quinquennale sur l’énergie et le climat.

Suivre la COP28 au jour le jour

2 décembre

  • Réécouter la conférence d’Emmanuel Macron à la COP28
  • La République démocratique du Congo, la France et leurs partenaires internationaux annoncent un partenariat de 62 millions de dollars pour soutenir l’ambition de la RDC en faveur de la biodiversité et du climat. Lire la déclaration.
  • La Papouasie-Nouvelle-Guinée annonce le lancement d’un partenariat de 100 millions de dollars axé sur la préservation et l’utilisation durable des zones riches en carbone et en biodiversité. Lire la déclaration.
  • Lancement de l’Initiative internationale de lutte contre les sargasses. Lire la déclaration.

29 novembre

  • La France salue l’adoption d’un cadre mondial pour les carburants d’aviation durables. Lire la déclaration.

Mise à jour : novembre 2023