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Le financement du développement

Dans le cadre des réflexions menées sur le renouvellement des objectifs de développement de l’après 2015, de nombreux groupes de réflexion sur le financement du développement ont été mis en place au sein des grandes enceintes internationales (notamment Nations Unies et OCDE).

Addis-Abeba, première étape de la séquence de l’année 2015 pour le développement durable

On a assisté à une convergence des processus « Objectifs du développement durable » et « financement du développement » au cours des dernières années qui s’est matérialisée lors de la 3e conférence internationale sur le financement du développement à Addis-Abeba (13 au 16 juillet 2015). Celle-ci a constitué la principale échéance internationale sur ce sujet depuis Doha (2008). Le programme d’action d’Addis-Abeba, adopté à son issue, envoie en particulier un message fort sur l’importance du climat et de son intégration dans l’ensemble des politiques de développement.

Ce texte international s’inscrit dans la vision holistique, universelle et durable du financement du développement mise en avant par la France. Si les engagements en matière d’APD y sont reflétés, le rôle de l’ensemble des acteurs – publics, privés, locaux et internationaux - dans le financement du développement durable et dans la réalisation de l’agenda 2030 y est également reconnu. Au cours de la conférence, la France a réaffirmé le rôle crucial de l’APD dans les pays le plus dans le besoin (pays les moins avancés, Etats fragiles, etc.) et a insisté sur son rôle de catalyseur de flux en faveur du développement durable.

Plusieurs priorités françaises sont reflétées dans le texte :

  • il donne la place qui leur revient aux ressources domestiques, identifiées comme sources principales de financement (stable et pérenne) pour le développement durable dans les pays du sud. Au cours des négociations, la France a mis en avant ses actions dans le domaine de la coopération fiscale et a annoncé sa participation aux côtés d’une trentaine de pays à l’« initiative fiscale d’Addis ».
  • il valorise le rôle des sciences, des technologies et de l’innovation dans le développement durable et promeut le renforcement des capacités dans ces domaines. La France a notamment joué un rôle déterminant aux côtés du Brésil dans la conception du mécanisme de facilitation de la technologie pour la réalisation des ODD (dont le lancement s’est effectué lors du Sommet de New York en septembre 2015). La création de ce mécanisme constitue l’un des principaux livrables de la conférence.
  • il souligne l’importance des financements innovants et des autres mécanismes de mixage qui visent à maximiser l’effet de levier des financements versés aux pays du Sud. Les travaux du groupe pilote sur les financements innovants, dont la France assure le secrétariat permanent, sont salués.
  • il reconnait l’importance des entités locales, qui sont, de par leur proximité aux populations, des acteurs incontournables du financement du développement durable et de la mise en œuvre de l’agenda 2030 pour le développement durable. Treize années après la première conférence sur le financement du développement (de Monterrey), le programme d’action d’Addis-Abeba prévoit les moyens nécessaires pour un développement durable, en prenant en compte de manière intégrée ses dimensions économique, sociale et environnementale. Il accorde également une attention particulière aux pays les plus vulnérables et dans le besoin, en particulier aux pays les moins avancés (PMA). La dynamique positive amorcée par l’adoption de ce programme d’action en juillet - et l’adoption des ODD en septembre - place la communauté internationale dans des conditions favorables en vue de la COP 21, qui verra les pays du monde entier adopter un accord historique en faveur du climat. La France a joué un rôle important dans la définition des contours du programme d’action d’Addis-Abeba. Lors de la conférence, elle a fait entendre sa voix, notamment au travers de la secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie qui dirigeait la délégation française, qui comprenait également des parlementaires et des membres de la société civile.

La déclaration de Doha sur le financement du développement, ou comment s’adapter à la nouvelle économie mondiale.

Précédemment, la conférence de Doha en 2008, avait mis en évidence de nouveaux aspects du financement du développement : montée en puissance des pays émergents, à la fois bénéficiaires de l’aide et donateurs, des fonds souverains des pays exportateurs de matières premières, des grandes fondations privées et des fonds mondiaux spécialisés (environnement, santé). La donne économique mondiale et le paysage de l’aide se sont transformés entre 2002 et 2008, l’interdépendance de l’ensemble des pays du monde étant encore plus forte. Pour mémoire, cette conférence s’est tenue avant que la crise mondiale ne fasse pleinement sentir ses effets sur les pays en développement.

Des progrès significatifs ont ainsi été observés au cours des six années séparant la conférence de Monterrey de celle de Doha : croissance économique sans précédent (jusqu’à la crise), augmentation continue du commerce international et des investissements directs étrangers dans les pays en développement, forte croissance des transferts de migrants, annulations de dettes massives, doublement de l’aide publique au développement. De nouveaux mécanismes de financement de l’aide ont également été valorisés à l’initiative de la France. Mais de fortes disparités entre les pays et au sein des pays subsistent. L’Afrique demeure en retard et l’on observait déjà une montée inquiétante des inégalités sociales.

La déclaration de Doha mettait elle-même à jour le consensus de Monterrey qui soulignait le besoin de prendre en compte les nouveaux défis apparus : les questions systémiques qui ont des conséquences importantes sur le financement des pays les plus pauvres, la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources intérieures, la prise en compte des spécificités propres aux différentes catégories de PED, la promotion d’une croissance équitable et inclusive, la reconnaissance des principes pour l’efficacité de l’aide et des premières initiatives de financements innovants.

Le consensus de Monterrey, premier texte international sur le financement du développement, deux ans après l’adoption des OMD

La conférence internationale de Monterey a été la première sur le financement du développement. Elle s’est tenue deux ans après l’adoption des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le "consensus de Monterrey", adopté en 2002, reposait sur six piliers complémentaires :

• Mobilisation des ressources nationales
• Investissements directs étrangers et autres apports du secteur privé
• Renforcement du commerce international
• Accroissement de la coopération financière et technique
• Réduction de la dette extérieure
• Cohérence d’ensemble

Le texte adopté à l’issue, dit « le consensus de Monterrey », dépeint les grandes lignes pour la mise en œuvre et la réalisation des OMD au travers des 6 chapitres présentés. Pendant longtemps, ce document a été le socle de la stratégie de coopération au développement de la communauté internationale. Aujourd’hui encore, ce consensus fait l’objet d’un suivi annuel régulier : la commission européenne réalise chaque année un bilan de sa mise en œuvre au titre de l’Union européenne.
La conférence d’Addis-Abeba et son programme d’action ont à la fois capitalisé sur ce consensus fondateur mais l’ont fait évoluer pour tenir compte du nouveau paradigme du financement du développement durable.

Mise à jour : 06.10.15


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