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Le financement du développement

L’année 2015 a été marquée par la tenue de trois grandes conférences internationales sur le développement durable : la conférence sur le financement du développement à Addis Abeba en juillet 2015, le Sommet pour les Objectifs de développement durable en septembre 2015 et enfin la COP 21 à Paris. Le France entend désormais mettre en œuvre les accords adoptés au plan national et international.

Addis-Abeba : 1 an après

La réunion du Conseil Economique et Social des Nations Unies du 18 au 20 avril 2016 sur le financement du développement a permis à la France de défendre sa vision du financement du développement.

Après les avancées réalisées lors de la conférence d’Addis Abeba, et les négociations réussies lors de la COP 21 qui ont abouti à la signature de l’Accord de Paris sur le Climat, la France a pu communiquer et partager ses vues sur le développement, son financement, ainsi que ses mesures et ses indicateurs. Le HLPF, qui se réunit tous les ans sous l’égide de l’ECOSOC, est chargé du suivi, au niveau global, de la mise en œuvre des objectifs du développement durable de l’Agenda 2030.

Le premier HLPF après l’adoption de l’Agenda 2030 en juillet 2016 pour le développement durable a donné lieu à la mise en place :

  • Des revues nationales destinées à présenter les mesures prises et les stratégies nationales mises en place afin de s’aligner sur l’Agenda 2030. La France fait partie des 22 Etats volontaires au rapportage dans le cadre de cet exercice.
  • Des revues thématiques : le thème général du HLPF proposé par le Président de l’ECOSOC était de « S’assurer de ne laisser personne de côté » (« Ensuring that no one is left behind ») dans le nouvel agenda pour le développement durable.
  • L’adoption d’une déclaration ministérielle et la définition des contours (format, contenu, périodicité) du Rapport mondial sur le développement durable (GSDR)..

Addis-Abeba, 3eme conférence sur le financement ud développement, 13 ans après Monterrey

La convergence voulue des processus « Objectifs du développement durable » et « financement du développement » au cours des dernières années s’est matérialisée lors de la 3e conférence internationale sur le financement du développement à Addis-Abeba (13 au 16 juillet 2015).) Le programme d’action d’Addis-Abeba, adopté à son issue, envoie en effet un message fort sur l’importance du climat et de son intégration dans l’ensemble des politiques de développement.

Ce texte s’inscrit dans la vision holistique, universelle et durable du financement du développement mise en avant par la France. Les engagements en matière d’APD y sont reflétés et le rôle de l’ensemble des acteurs – publics, privés, locaux et internationaux - dans le financement du développement durable et dans la réalisation de l’agenda 2030 y est reconnu.

Plusieurs priorités françaises sont reflétées dans le texte :

  • Les ressources domestiques sont mises en avant et identifiées comme sources principales de financement (stable et pérenne) pour le développement durable. Au cours des négociations, la France a mis en avant ses actions dans le domaine de la coopération fiscale et a annoncé sa participation aux côtés d’une trentaine de pays à l’« initiative fiscale d’Addis ».
  • Valorisation du rôle des sciences, des technologies et de l’innovation dans le développement durable et renforcement des capacités dans ces domaines. La création du mécanisme de facilitation de la technologie pour la réalisation des ODD (lancé au Sommet de New York en septembre 2015, d’après une initiative Française et brésilienne) constitue l’un des principaux livrables de la conférence.
  • Il souligne l’importance des financements innovants et des autres mécanismes de mixage qui visent à maximiser l’effet de levier des financements versés aux pays du Sud. Les travaux du groupe pilote sur les financements innovants, dont la France assure le secrétariat permanent, sont salués.
  • Il reconnait l’importance des entités locales, qui sont, de par leur proximité aux populations, des acteurs incontournables du financement du développement durable et de la mise en œuvre de l’agenda 2030 pour le développement durable. Le PAAA prévoit les moyens nécessaires pour un développement durable, en prenant en compte de manière intégrée les dimensions économique, sociale et environnementale. Il accorde également une attention particulière aux pays les plus vulnérables et dans le besoin, en particulier aux pays les moins avancés (PMA). La dynamique positive amorcée par l’adoption de ce programme d’action en juillet, l’adoption des ODD en septembre a facilité l’adoption de l’Accord de Paris à l’issu de la COP 21 en décembre.

La déclaration de Doha sur le financement du développement, ou comment s’adapter à la nouvelle économie mondiale

La conférence de Doha de 2008, avait mis en évidence de nouveaux aspects du financement du développement : montée en puissance des pays émergents, à la fois bénéficiaires de l’aide et donateurs, des fonds souverains des pays exportateurs de matières premières, des grandes fondations privées et des fonds mondiaux spécialisés (environnement, santé).

Des progrès significatifs ont ainsi été observés au cours des six années séparant la conférence de Monterrey de celle de Doha : croissance économique sans précédent (jusqu’à la crise), augmentation continue du commerce international et des investissements directs étrangers dans les pays en développement, forte croissance des transferts de migrants, annulations de dettes massives, doublement de l’aide publique au développement. De nouveaux mécanismes de financement de l’aide ont également été valorisés à l’initiative de la France. La déclaration de Doha mettait à jour le consensus de Monterrey qui soulignait le besoin de prendre en compte les nouveaux défis apparus : les questions systémiques qui ont des conséquences importantes sur le financement des pays les plus pauvres, la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources intérieures, la prise en compte des spécificités propres aux différentes catégories de PED, la promotion d’une croissance équitable et inclusive, la reconnaissance des principes pour l’efficacité de l’aide et des premières initiatives de financements innovants.

Le consensus de Monterrey, premier texte international sur le financement du développement, deux ans après l’adoption des OMD

La conférence internationale de Monterey a été la première sur le financement du développement. Elle s’est tenue deux ans après l’adoption des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le "consensus de Monterrey", adopté en 2002, reposait sur six piliers complémentaires :

  • Mobilisation des ressources nationales
  • Investissements directs étrangers et autres apports du secteur privé
  • Renforcement du commerce international
  • Accroissement de la coopération financière et technique
  • Réduction de la dette extérieure
  • Cohérence d’ensemble

Le consensus de Monterrey, dépeint les grandes lignes pour la mise en œuvre et la réalisation des OMD au travers des 6 chapitres présentés. Aujourd’hui encore, ce consensus fait l’objet d’un suivi annuel régulier : la commission européenne réalise chaque année un bilan de sa mise en œuvre.

La conférence d’Addis-Abeba et son programme d’action ont à la fois capitalisé sur ce consensus fondateur mais l’ont fait évoluer pour tenir compte du nouveau paradigme du financement du développement durable.

Mise à jour : novembre 2016


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