L’éducation et la formation des filles, un enjeu fondamental

Dans le cadre de ses engagements en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la promotion des droits des femmes, la France est particulièrement attachée à l’éducation et la formation des filles et des jeunes filles afin qu’elles puissent bénéficier, à tous les niveaux d’enseignement (primaire, secondaire, général et professionnel), des mêmes opportunités d’éducation et de formation que les garçons.

Les écarts en matière de scolarisation entre les filles et les garçons se sont réduits dans un grand nombre de pays : l’objectif est en passe d’être atteint pour l’enseignement primaire dans 69% des pays et dans 48% pour le secondaire.

Cependant, les filles sont encore trop nombreuses à être exclues de l’éducation et de la formation professionnelle, notamment en raison des mariages et grossesses précoces, des violences qu’elles subissent à l’école et pour s’y rendre, et des stéréotypes de genre. Au niveau mondial, 65 millions de filles et de jeunes filles n’ont toujours pas accès à l’éducation. Dans toutes les régions du monde (à l’exception de l’Amérique latine et des Caraïbes) la parité filles-garçons dans les programmes de formation professionnelle est loin d’être acquise. Les filles y sont par ailleurs souvent cantonnées aux filières peu productives.

Exemples de projets

  • Programme sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF) au Niger

Si l’éducation est une priorité du gouvernement nigérien (20 à 25% du budget de l’Etat sont consacrés à l’éducation), les inégalités filles-garçons demeurent importantes : seules 43% des filles achèvent le cycle primaire contre 60% des garçons. Dans le cadre de l’appui au Programme sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF) du Niger, l’Agence française de développement cible particulièrement la réduction des inégalités en encourageant la scolarisation des filles à travers des actions spécifiques :

  • Appui aux programmes de « mères éducatrices » pour faciliter le dialogue avec les familles sur les raisons de la non-scolarisation ;
  • Cours de soutien aux filles en difficulté scolaire pour limiter les abandons en cours de cycle ;
  • Distribution de rations sèches aux filles et/ou subventions directes aux familles les plus pauvres scolarisant leurs filles en fin de primaire ou au collège.
  • Projet d’appui à la réforme des collèges au Togo
    En 10 ans, les effectifs dans l’enseignement primaire togolais ont augmenté de 50%, mais près de 6 enfants sur 10 ne sont pas scolarisés au collège, notamment les filles vivant en zone rurale.

Dans le cadre du soutien à la réforme des collèges, l’Agence française de développement soutient notamment la construction de 30 collèges ruraux. L’implantation de collèges en région combinée à des mesures de sensibilisation des familles doit permettre d’améliorer l’accès des filles au premier niveau de l’enseignement secondaire.

Pour en savoir plus :

La France mobilisée dans la lutte contre les violences liées au genre en milieu scolaire

A l’initiative du ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, un groupe de travail spécifique a été créé dès 2010 afin de mettre en lumière la problématique des violences liées au genre en milieu scolaire, facteur de décrochage et d’échec scolaire pour les jeunes filles. Les recommandations de ce groupe ont été compilées au sein d’un rapport Violences de genre en milieu scolaire en Afrique subsaharienne francophone : comprendre leurs impacts sur la scolarisation des filles pour mieux les combattre.

Les actions mettent particulièrement l’accent sur :

  • La prévention : par des conditions de travail décentes pour les enseignants, la mise à disposition de transports sécurisés, le recrutement d’enseignants formés et conscients des problématiques de genre, la mise en place de conditions favorables au recrutement des femmes enseignantes ;
  • L’identification et la prise en charge des violences : des mécanismes de détection des violences et une prise en charge médicale et psychologique, ainsi que la médiation avec les familles doivent pouvoir être proposés. Les associations de parents d’élèves peuvent jouer un rôle important à cet égard ;
  • La pénalisation des actes de violence : les auteurs de violences et particulièrement les professeurs ne doivent pas rester impunis. Des sanctions appropriées doivent être définies et appliquées ;
  • Plus largement, l’augmentation de l’âge légal du mariage et la lutte contre les mariages précoces sont des leviers essentiels de la scolarisation universelle.

Le jeudi 16 avril 2015, à l’initiative de la France, le Conseil exécutif de l’Unesco a adopté la résolution 196EX/30 « Apprendre sans peur : prévenir et combattre les violences liées au genre en milieu scolaire ». Coparrainée par 58 Etats et adoptée à l’unanimité, cette résolution marque une avancée cruciale dans la reconnaissance de cette problématique taboue et méconnue. Elle fournit pour la première fois un cadre commun de compréhension du phénomène et appelle l’Unesco et ses Etats membres à concevoir et mettre en place des politiques et des plans d’action nationaux pour mieux les prévenir et les combattre.

Pour en savoir plus :

  • Projet d’appui à la lutte contre les violences de genre en milieu scolaire

De 2012 à 2014, la France a financé à hauteur de 3,3 millions d’euros, sur Fonds de solidarité prioritaire, plusieurs programmes de scolarisation des filles et de lutte contre les violences de genre mis en œuvre par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Niger.

Les leçons tirées de ce projet multi-pays ont permis la mise en œuvre d’un nouveau projet financé par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (1,5 million d’euros sur 2016-2018). Développé par l’UNICEF, l’Unesco et Plan International, ce projet est mis en œuvre au Sénégal, Cameroun et Togo. Il s’articule autour de trois composantes :

  • Renforcer les capacités des systèmes éducatifs pour la prévention des violences liées au genre en milieu scolaire ;
  • Améliorer le plaidoyer à travers une meilleure compréhension du phénomène des violences liées au genre en milieu scolaire et la collecte de données ;
  • Renforcer la chaîne de protection et de suivi des victimes.

Appuyer l’accès des jeunes filles à la formation professionnelle

Au cours de la prochaine décennie, près d’un milliard de personnes entreront sur le marché du travail et l’économie mondiale devra, chaque mois, créer 5 millions d’emplois pour seulement maintenir les taux d’emploi à leur niveau actuel. L’éducation et la formation sont à la fois une condition essentielle d’une croissance forte et durable, un facteur-clé de la cohésion sociale, mais aussi un élément central pour donner aux jeunes filles les opportunités d’accéder à un emploi décent et permettre leur autonomisation.

L’accompagnement des parcours de formation des jeunes filles et des jeunes femmes et leur accès à l’emploi constituent donc plus que jamais des enjeux majeurs et partagés au niveau international. Lors du sommet du G7 a Elmaü en juin 2015, la France a soutenu l’adoption d’un engagement ambitieux visant à augmenter d’un tiers d’ici 2030 le nombre de jeunes filles accédant à une formation professionnelle de qualité.

Pour en savoir plus :

  • Initiative Femmes pionnières en Egypte

L’Ambassade de France en Égypte a lancé le 19 avril 2016 un projet multipartite avec ONU Femmes, la fondation Sawiris et huit entreprises françaises partenaires de l’initiative pour l’égalité professionnelle en Euro-Méditerranée. Ce projet traduit l’engagement de la France à soutenir l’autonomisation économique des femmes notamment à travers la formation professionnelle (engagement du Sommet du G7 à Elmaü).
Lancé par Nicole Ameline, députée du Calvados et ancienne ministre de l’Egalité, le projet pour l’égalité professionnelle, appuyé par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international à hauteur de 100 000 euros, vise à favoriser l’accès des jeunes filles issues des quartiers défavorisés du Caire à des opportunités d’emploi au sein des entreprises françaises (Accor, Crédit Agricole, General Electrics, Naos Marketing, Orange, l’Oréal, Saint-Gobain et Total) et égyptiennes. L’innovation dans ce partenariat réside dans l’engagement des entreprises à offrir aux jeunes filles des stages après des sessions de formation les dotant de capacités spécifiques pour obtenir un emploi à l’issue de leur stage.

Mise à jour : août 2016

PLAN DU SITE