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Santé et environnement

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Santé et environnement

Le contexte

La problématique santé et environnement est un axe que la France entend porter à l’international. Si les questions environnementales sont aujourd’hui largement débattues au niveau international, l’incidence sur la santé n’est pas toujours suffisamment prise en compte. Les conditions environnementales peuvent avoir un effet néfaste sur la santé humaine de plusieurs manières - par les expositions aux facteurs de risques physiques, chimiques et biologiques, et par les changements subséquents de notre comportement en réponse à ces facteurs. Parmi les problèmes les plus urgents, figurent les changements climatiques, la gestion non durable des ressources en eau, notoirement insuffisantes en quantité et qualité dans les pays en développement, la nécessité de développer des réseaux d’assainissement à large échelle, ou encore la gestion des déchets de toute nature qui polluent l’eau, l’air, mais aussi les aliments.

S’agissant du réchauffement climatique, celui-ci favorise la prolifération d’insectes, vecteurs ce qui entraîne la prolifération, l’émergence ou la ré émergence ou de nombreuses maladies tels que le paludisme, la dengue, le chikungunya et d’autres maladies tropicales négligées dont la distribution géographique pourrait être complètement renouvelée. L’autre conséquence sera l’apparition de « réfugiés climatiques » s’accompagnant des problèmes sanitaires et sociaux liés aux personnes déplacées.

Si aucune région du monde n’est épargnée, l’Afrique est le premier continent concerné par tous ces facteurs de risques. Le continent doit faire face aux défis traditionnels comme le manque d’accès à une eau de boisson salubre, l’insuffisance d’hygiène et des réseaux d’assainissement ; des systèmes d’irrigation et d’adduction d’eau mal conçu ; des infrastructures, routes et bâtiments en mauvais état ; des logements insuffisants ; des systèmes d’évacuation et de traitement des déchets sous dimensionnés, mais doit aussi par ailleurs relever les défis posés par les problèmes nouveaux et émergents, y compris les effets du changement climatique sur la santé, l’urbanisation accélérée et la pollution de l’air, d’ailleurs sans aucune mesure fiable à ce jour.
Du point de vue de l’environnement, les préoccupations se tournent vers la perte de la diversité biologique (y compris les produits et services liés à l’écosystème, et les plantes médicinales), la dégradation de l’écosystème et le manque de capacités pour faire face, tant aux impacts du changement rapide à l’échelle mondiale qu’à des catastrophes écologiques locales. Parmi les plus récentes, peuvent être cités les fuites de pipe-line au Nigeria ou au Cameroun, le dépôt sauvage de déchets toxiques industriels importés en Cote d’Ivoire ou en Guinée Conakry, l’émanation de gaz toxiques du lac Nyoos au Cameroun, ou encore l’intoxication au plomb dans la banlieue de Dakar à la suite du recyclage non contrôlé des batteries automobiles.

Malgré ces événements dramatiques, la question des dangers de l’environnement pour la santé ne suscite pas encore la même mobilisation que d’autres causes, comme la lutte contre la pauvreté ou le VIH/SIDA par exemple. Pourtant, les déterminants environnementaux sont une cause majeure de morbidité autant dans les pays en développement que pour les pays émergents qui ne se dotent pas de législation permettant de traiter ces problèmes dans leur globalité.

Face à ces constats, la communauté internationale doit reconnaître le lien direct entre l’environnement et la santé et la nécessité d’accorder une place importante à la santé dans l’agenda mondial de l’environnement.

Il ne s’agit plus seulement de mettre en œuvre des politiques d’accès aux services qui permettront sans doute de prévenir et réduire les problèmes « classiques » comme la faible desserte en eau potable, la précarité des conditions d’hygiène et d’assainissement, ou la mauvaise gestion des déchets (y compris hospitaliers). Il s’agit désormais d’élaborer des politiques globales associant la santé, l’eau et l’assainissement, l’énergie, l’urbanisation et les transports en vue d’anticiper et limiter l’impact sur la santé des interventions humaines et des conséquences du changement climatique avec la prise en compte de la multiplication des tempêtes, de la sécheresse ou des inondations.

Pour ce faire, il est indispensable que les différents ministères techniques concernés collaborent étroitement ensemble.

La conférence ministérielle de Libreville pour les pays africains

La première conférence interministérielle sur la Santé et l’environnement en Afrique, sur le thème « la sécurité sanitaire passe par un environnement sain », a été organisée à Libreville, en août 2008. Il s’agit d’une initiative OMS/PNUE, visant à sensibiliser les pays africains aux conséquences de l’environnement sur la santé et à lutter contre ceux-ci.

Cette conférence s’adressait aux États africains, avec pour la première fois l’association des ministres en charge de la santé et de l’environnement. Ils se sont engagés à appliquer la Déclaration de Libreville, qui tient en 11 points pour les États eux même et trois pour les partenaires. L’alliance stratégique santé et environnement est reconnue comme la première priorité. Les autres points concernent, les cadres d’intervention qui devront être nationaux et sous régionaux, les objectifs relatifs à la santé et l’environnement à intégrer dans les stratégies de réduction de la pauvreté, le renforcement institutionnel passant par celui des institutions existantes, la recherche qui doit être intensifiée et coordonnée ; la mise en réseau des centres déjà actifs et l’établissement de systèmes de surveillance et d’évaluation des risques ne figurent pas dans la déclaration mais constituent des sujets à évoquer à l’avenir. Une feuille de route accompagne cette déclaration et une seconde conférence sera organisée à l’automne 2010 pour examiner les progrès réalisés.

Cette conférence a été l’occasion de lancer le rapport de l’initiative « Renforcer les liens entre la santé et le développement », cette initiative visant à s’assurer que les décideurs disposent des éléments permettant la prise en compte des considérations lies à la santé et à l’environnement, en particulier dans le contexte du développement économique.

La France, qui porte ce thème dans les principales enceintes internationales et notamment à l’OMS, a soutenu l’organisation de cette réunion où elle a participé en rappelant l’expérience française du Grenelle de l’environnement, l’existence de son réseau des ingénieurs sanitaires qui peut appuyer les pays africains à réaliser l’évaluation de leurs besoins et son soutien aux centres de recherche sur l’émergence des maladies en Afrique.

Pour en savoir plus

OMS (conférence de Libreville)
www.who.int/mediacentre/events/meetings/environment/fr/index.html

UNEP (déclaration de Libreville en format pdf)
www.unep.org/health-env/pdfs/declaration-de-libreville-fre.pdf

MEEDDM (Instaurer un environnement respectueux de la santé)
www.legrenelle-environnement.fr/spip.php ?rubrique11

Mise en ligne : 9.04.10

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