Lutte contre le VIH/Sida
La France, un des pays d’Europe le plus touché, s’est mobilisée en faveur de la recherche dès le début de la pandémie. En mai 1983, une équipe française isole le virus VIH1, virus de l’immunodéficience humaine ; en novembre 1985, la même équipe isole le VIH2 et met au point un test de dépistage. En parallèle, la France s’est engagée depuis 1985 dans un soutien aux pays les plus touchés par la pandémie : de 1987 à 1997, plus de 100 millions d’euros ont été consacrés à ces programmes financés par la Coopération française (en projets et en assistance technique). Les montants consacrés annuellement par la France à la lutte contre le Sida ont considérablement augmenté, passant de 95 millions d’euros en 2003 à 180 millions en 2005, pour atteindre plus de 360 millions d’euros en 2009.
Le contexte
ONUSIDA dans son rapport annuel publié en novembre 2009, estime que 33,4 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine), dont1 million d’enfants.
2,7 millions de nouvelles infections ont eu lieu en 2007 et l’épidémie de VIH continue de représenter une menace majeure pour la santé mondiale. Le nombre d’adultes et d’enfants ayant accès au traitement antirétroviral est passé d’un tiers en décembre 2007 à 42% en décembre 2008, ce qui représente un peu plus de 4 millions d’individus. Dans 66 pays à faibles revenus ou intermédiaires, le nombre d’établissements de santé assurant les services de conseil et de dépistage du VIH « a enregistré une croissance de 35% », précise le rapport.
L’engagement multilatéral de la France
Face à cette pandémie qui nécessite une mobilisation financière considérable et une coordination des efforts de tous, la France a fait le choix de privilégier la coopération internationale multilatérale, d’abord avec le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose (FMLSPT) auquel elle consacre des ressources croissantes.
Depuis sa création, le Fonds Mondial a obtenu des engagements financiers à hauteur de 20,9 milliards de dollars jusqu’à 2010. Il a déjà engagé un montant total de 18,4 milliards de dollars, appuyant 572 programmes dans 140 pays. Les financements du Fonds représentent 23% du financement de la lutte contre le VIH/Sida (les autres bailleurs de fonds étant le President’s Emergency Plan for AIDS Relief -PEPFAR- et la Banque Mondiale).
Par ailleurs, en septembre 2006, la France crée UNITAID avec 5 partenaires (Brésil, Norvège…). Cette facilité internationale d’achat des médicaments est financée par la Contribution de Solidarité Internationale (taxe sur les billets d’avion) créée par la loi du 30 décembre 2005. Le budget d’UNITAID a atteint 350 millions de dollars en 2008 et pourrait s’élever à 500 millions en 2009. Plus de 450 millions de dollars d’actions ont déjà été engagés depuis le lancement de l’initiative.
La France a aussi poursuivi son soutien à l’ONUSIDA (plus d’1,3 million d’euros en 2008) et a mis 4 experts à disposition au siège et au bureau Afrique de cette structure, sur financement du Ministère des Affaires Etrangères. Enfin, la France finance 9 experts à l’OMS en Afrique, avec pour objectif de renforcer les capacités de l’Organisation à accompagner les pays dans la mise en œuvre des projets financés par le Fonds Mondial.
L’engagement bilatéral de la France
En 2008, l’aide bilatérale totale en santé, a été d’environ 197 millions d’euros tous moyens confondus. Sur cette somme, 45,2 millions d’euros ont été consacrés à la lutte contre le Sida.
Le GIP ESTHER (Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière en Réseau) est l’opérateur public français en matière d’assistance technique dans le domaine de la lutte contre le VIH et ses co-infections. Il a été créé en 2002 pour la prise en charge des personnes infectées par le virus du Sida. Actif dans 18 pays, il coordonne l’activité de 52 équipes hospitalières françaises, intervenant sur 146 sites.
Ce GIP a pour objet le renforcement des capacités locales en matière de lutte contre le VIH et les maladies infectieuses dans les pays en développement. En 2009, une subvention de 8 millions d’euros répartie à égalité entre le MAE et le Ministère de la Santé, lui a été affecté.
L’engagement de la France au côté de la société civile
En France, les associations de lutte contre le Sida ont joué un rôle déterminant dans la reconnaissance des droits des malades.Bon nombre d’entre elles mènent aujourd’hui des projets de lutte contre le Sida et des actions de plaidoyer à l’international.
Consciente de l’importance de l’action des ONG françaises dans l’appui de la société civile des pays en développement, le MAE a mis en place des mécanismes réguliers de travail et de concertation avec les ONG.
La plate-forme de concertation et d’échanges sur la lutte contre le Sida dans les pays en développement a été créée par le Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement du 11 décembre 2002. En effet, compte tenu de l’ampleur et de la diversité des engagements français en matière de lutte contre le Sida, il est apparu nécessaire de proposer un cadre de consultation et d’échange pour l’ensemble des acteurs, publics et privés, intervenant dans les pays en développement. Cette plate-forme devrait évoluer en 2010 en une alliance souple des acteurs, ouvrant des possibilités plus opérationnelles.
La plate-forme ELSA réunit 6 ONG françaises (AIDES, Planning Familial, Sidaction, Sida Info Service, Solidarité Sida et CRIPS) qui viennent en appui à leurs homologues du sud, afin de renforcer leurs capacités à mettre en œuvre des programmes élargis d’accès aux traitements antirétroviraux. Cette plate-forme est financée par le MAE en partenariat avec les associations, elle permet d’animer un réseau de 85 associations dans la zone de solidarité prioritaire.
« L’initiative Sida » de la mission pour les relations avec la société civile du MAE, en collaboration avec l’AFD (Agence française de développement) a été conçue pour recentrer les moyens du MAE sur des thématiques ciblées, elle vise à apporter un soutien organisationnel et institutionnel aux Organisations non-gouvernementales du sud, ainsi qu’un appui en matière de plaidoyer en développant une approche « droits de l’homme ». Les méthodes ont été définies conjointement avec les ONG. Le Ministère a consacré à cette initiative environ 6 millions d’euros sur 3 ans (2007-2010), soit un quasi doublement des crédits consacrés aux ONG pour la lutte contre le Sida.
Pour en savoir plus
AIDES
www.aides.org/
PlanningFamilial
www.planning-familial.org/
Sidaction
www.sidaction.org/
Sida Info Service
www.sida-info-service.org/
Solidarité Sida
www.solidarite-sida.org/
CRIPS
www.lecrips.net/
Mise en ligne : 9.04.10
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