Lutte contre le paludisme
Le paludisme (malaria en anglais) concerne aujourd’hui 40% de la population mondiale qui vit dans les zones de transmission (zones intertropicales) et touche 109 pays (dont 45 en Afrique : ils représentent 91% des décès). Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont particulièrement concernés.
Le contexte
300 millions d’accès palustres (crise de paludisme) par an sont dénombrés, 1 million de morts, (essentiellement des enfants de moins de 5 ans) dont 90% en Afrique ; mais l’Asie et l’Amérique latine sont également concernés. Toutes les 30 secondes, un enfant meurt de paludisme en Afrique.
Cette situation a un impact économique majeur, évalué à 1,3% de croissance annuelle en moins dans les pays les plus touchés. Il coûte annuellement 12 milliards de dollars de PIB à l’Afrique subsaharienne.
Les financements alloués à la lutte contre le paludisme
Pourtant, pour la première fois, la communauté internationale envisage le contrôle de ce fléau : il s’agit probablement du seul OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) santé qui paraît accessible d’ici 2015.
En dix ans, les budgets alloués ont été multipliés par 20 : ils sont passés de 64 millions en 1998 à 1,1 milliard de dollars en 2009. Le Fonds mondial représente 2/3 des financements internationaux. Pourtant, ces financements demeurent insuffisants. Pour lutter efficacement contre le paludisme, les besoins ont été estimés à 5,3 milliards de dollars pour 2009.
Les moyens de lutte contre le paludisme
À ce jour, la lutte contre le paludisme met l’accent sur l’accès au traitement (ACT : association médicamenteuse à base d’artémisinine) et les mesures de lutte anti-vectorielle parmi lesquelles la mise à disposition de moustiquaires imprégnées, voire de moustiquaires imprégnées de longue durée (Long lasting impregnated bed nets), ainsi que l’éducation des populations. En 2008, près de 60 millions de moustiquaires ont été distribuées par les partenaires de Roll Back Malaria (« faire reculer le paludisme ») en Afrique subsaharienne. En 2009, 240 millions de moustiquaires ont été distribuées. Selon le plan mondial de lutte contre le paludisme, il en faudrait 250 à 300 millions de plus pour couvrir la population à risque en Afrique.
Créé en 2007 par Roll Back Malaria, l’AMFm (Affordable Medecines Facility for Malaria) est un dispositif permettant aux patients d’obtenir des traitements ACT au même prix que les anciens traitements antipaludiques, grâce à un système de subvention. En janvier 2009, le Conseil d’Administration d’UNITAID a adopté une résolution octroyant 130 millions de dollars au Fonds Mondial pour la première phase du dispositif (2009-2011). L’AMFm a officiellement été lancé le 17 avril 2009 à Oslo et devrait engager environ 225 millions de dollars.
Mobilisation de la France dans la lutte contre le paludisme
La France consacre des ressources croissantes pour Le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose (FMLSPT) depuis 2002 : 50 millions d’euros en 2002 et 2003, 150 millions en 2004 et 2005, 225 millions en 2006, 300 millions en 2007 et 300 millions par an de 2008 à 2010). La France est le deuxième financeur du Fonds Mondial derrière les États-Unis, et le premier contributeur européen. Elle contribue pour 13% de la totalité des fonds alloués au FMLSPT.
La France est aussi le premier bailleur d’UNITAID avec 67% de ses financements. En 2007, UNITAID a financé 27 millions de traitements antipaludiques pour près de 50 millions de dollars. Dans une action commune menée en partenariat avec l’UNICEF et le Fonds Mondial, UNITAID a versé, en 2008, plus de 14 millions de dollars à l’UNICEF afin d’acheter 8 millions d’ACT (ACT : association médicamenteuse à base d’artémisinine) pour 8 pays en Afrique et en Asie [1]. UNITAID, en partenariat avec l’UNICEF et le Fonds Mondial, s’est fixé pour objectif de traiter 54,5 millions d’accès palustres d’ici à 2010-2011.
La France participe et soutient le partenariat « faire reculer le paludisme » (Roll Back Malaria) auquel elle a versé une subvention de 300 000 euros en 2008, subvention reconduite en 2009 et 2010. La France apporte également un appui technique à l’OMS pour renforcer les capacités des pays dans la lutte contre le paludisme : la part de cet appui technique représente environ 300 000 euros par an.
La France contribue par ailleurs à des actions de formation et de recherche sur le paludisme grâce à différents partenaires français (l’IRD, l’Institut Pasteur et les Universités) et dans le cadre de financements européens, mobilisant annuellement plus de 15 millions d’euros en terme d’APD (aide publique au développement). Ces partenariats dans le domaine de la recherche sont cruciaux : plusieurs approches de développement d’un vaccin antipaludique sont notamment en cours. Toutefois, aucun ne sera disponible avant plusieurs années.
Globalement, de 1998 à 2007, la France a contribué à la lutte antipaludique pour un montant cumulé de 437 millions d’euros. Une intensification significative des efforts peut être constatée ces dernières années avec une contribution passant d’environ 300 000 euros en 2000 à 177 millions d’euros en 2007. En 2008, cette contribution représentait 16% de l’effort international contre la maladie pour un montant d’environ 200 millions d’euros. La France est depuis 2004 le deuxième contributeur mondial à la lutte internationale contre le paludisme.
Mise en ligne : 9.04.10
[1] Cambodge, Ethiopie, Ghana, Indonésie, Madagascar, Mozambique, Soudan et Zambie.
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