Lutte contre la mortalité infantile et maternelle
Lutte contre la mortalité infantile et maternelle (OMD 4 et 5)
En 2000, les États membres des Nations Unies ont adopté les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment :
réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (OMD 4) ;
réduire des trois quarts la mortalité maternelle (OMD 5).
L’OMD 5 reste l’objectif pour lequel les résultats sont les plus faibles, malgré des progrès réalisés grâce aux interventions prioritaires reconnues pour leur efficacité : présence de personnel qualifié lors de l’accouchement, disponibilité et accès aux soins obstétricaux d’urgence, accès à la planification familiale, et plus généralement amélioration des droits des femmes et de l’éducation des filles. Si des progrès ont été observés à l’échelle mondiale entre 1990 et 2010, ces décès maternels sont inacceptables.
La situation
Près de 287 000 décès maternels surviennent chaque année, dont 99% dans les pays en développement. Le risque pour une femme de mourir d’une complication liée à la grossesse ou à l’accouchement est une des plus grandes injustices au niveau international : de 1 sur 3800 dans les pays développés à 1 sur 39 en Afrique subsaharienne (OMS, 2010).
Entre 1990 et 2010, le ratio mondial de mortalité maternelle (nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) n’a diminué que de 3,1 % par an, on sait désormais que l’OMD 5 ne sera pas atteint.
La mortalité maternelle peut survenir à n’importe quel stade de la grossesse, mais l’accouchement est de loin la phase la plus dangereuse pour la mère comme pour le bébé.
Les principales causes, qui représentent 80% de l’ensemble des décès maternels, sont :
L’hémorragie sévère (pour l’essentiel après l’accouchement) ;
Les infections (habituellement après l’accouchement) ;
L’hypertension artérielle durant la grossesse (pré-éclampsie, éclampsie) ;
L’avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité.
La grande majorité de ces décès pourrait être évitée si l’accès à des services obstétricaux de qualité était assuré.
La santé de la mère et celle du nouveau-né sont étroitement liées. Plus de 3 millions de nouveau-nés meurent chaque année et on compte également 2,6 millions d’enfants mort-nés. Près de 9 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année. Malgré ce constat alarmant, la situation s’améliore : entre 2000 et 2010, une baisse de 35 % de la mortalité infantile a pu être enregistrée. Six maladies sont responsables de 90% des décès des enfants de moins de 5 ans :
les pathologies néonatales (de la naissance au 28e jour de vie : prématurité, mort apparente, infections, tétanos) : 37 %
les infections respiratoires aiguës (pneumonies) : 19 %
les maladies diarrhéiques : 18 %
le paludisme : 8 %
la rougeole : 4 %
le VIH/Sida : 3 %
Des solutions existent.
Pour lutter contre la mortalité maternelle :
Prévention des grossesses non désirées et espacement des naissances : accès aux méthodes de planification familiale.
Présence de personnel qualifié au moment de l’accouchement (sages-femmes, obstétriciens).
Disponibilité et accès aux soins obstétricaux d’urgence (dont césarienne et transfusion sanguine).
Renforcement de l’autonomisation et des droits des femmes, promotion active de l’égalité des sexes.
Pour lutter contre la mortalité des enfants de moins de 5 ans :
Vaccinations.
Prévention et traitement adapté des pneumonies, des maladies diarrhéiques, du paludisme, du VIH/Sida.
Prévention et traitement adapté des pathologies néonatales : espacement des grossesses et planification familiale, suivi des grossesses, personnel qualifié à l’accouchement, soins du nouveau-né.
Prévention et prise en charge de la malnutrition.
Les engagements de la France
L’initiative de Muskoka
La France est fortement engagée en faveur de l’accès à la santé des enfants et des femmes et de la promotion des "droits sexuels et reproductifs". Les OMD 4 et 5, ainsi que l’OMD 6 (combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies), sont au cœur de la politique française de développement en santé et sont indissociables de la promotion active de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes (OMD 3).
Lors du sommet du G8 de Muskoka, en juin 2010, la France s’est engagée à augmenter sa contribution de 500 M€ pour la période 2011 – 2015, au delà de sa contribution annuelle évaluée à 300 M€, pour l’atteinte des OMD 4 et 5.
Ces engagements se concrétisent selon différentes modalités :
Le soutien d’organisations multilatérales
Un projet conjoint et concerté avec 4 agences des Nations Unies financé sur le Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) : 19 M€ par an. La France apporte un appui direct à l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population), l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance), et ONU Femmes (Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes). Ces quatre agences développent leurs programmes à travers un cadre commun d’activités coordonnées et harmonisées : espacement des naissances et prévention des grossesses non désirées, suivi des grossesses, naissances et post partum, prise en charge intégrée des maladies de l’enfant, vaccination, nutrition mère – enfant.
Un projet spécifique est financé par le FSP en lien avec l’Aga Khan Development Network (AKDN), à compter de 2012, pour des actions en faveur de la santé des femmes et des enfants dans les régions transfrontalières de l’Afghanistan, du Pakistan et du Tadjikistan, à hauteur de 0,5 M€ par an pour une période de quatre ans.
La valorisation des efforts additionnels consentis en faveur du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme et de l’Alliance Mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) : 32,5 M€ par an. La France valorise sa contribution additionnelle au Fonds Mondial à hauteur de 27 M€ par an.
Un projet financé par le FSP permet à GAVI d’accroître ses interventions dans les pays prioritaires ainsi que dans la Corne de l’Afrique, affectée par une très grave crise alimentaire dont les enfants sont les premières victimes : 6M€ en 2011 puis 5,5 M€ par an de 2012 à 2015.
La France a financé l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) à hauteur de 15 millions d’euros entre 2002 et 2006 et contribue à la facilité internationale de financement de l’immunisation (IFFIm) à hauteur de 1,3 milliards d’euros pour la période 2006-2026 (soit 25% du montant de l’IFFIm ce qui place la France au 2ème rang). Lors de la conférence de mobilisation des ressources de 2011, la France a annoncé une contribution budgétaire additionnelle de 100 millions d’euros pour la période 2011-2015 (6ème rang des bailleurs de l’alliance GAVI).
Le canal bilatéral : 48 M€ par an
En accord avec les pays partenaires, l’Agence française de développement met en place des appuis pour la santé maternelle et infantile, ainsi que la santé sexuelle et reproductive. Ce financement correspond dans sa totalité à des interventions visant l’amélioration de la santé des mères et des enfants. Seize pays africains comptant parmi les moins avancés de la planète sont considérés comme prioritaires pour ces appuis : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, RCA, RDC, Sénégal, Tchad et Togo. S’y ajoutent deux pays en crise : Haïti et Afghanistan.
Pour en savoir plus
Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)
OMD 4
www.un.org/fr/millenniumgoals/childhealth.shtml
OMD 5
www.un.org/fr/millenniumgoals/maternal.shtml
A jour au 15.03.13
Liens utiles
- Publications
-
La France et la lutte contre la tuberculose
-
La France et la lutte contre le paludisme
-
La France et la lutte contre les médicaments falsifiés
-
La France et la santé sexuelle et reproductive
-
La France et les engagements de Muskoka en faveur de la santé des femmes et des enfants
-
La stratégie de la France pour la coopération internationale dans le domaine de la santé
-
Position française sur le concept "One Health/Une seule santé" (bilingue français/anglais)






