Les pays du Nord et les défis du déclin démographique et des migrations
Les pays développés abritent 18% de la population mondiale. Avec de faibles niveaux de fécondité (1,6 enfant par femme) et de mortalité (9 pour mille), ils sont menacés par le déclin démographique, malgré l’apport de l’immigration, loin de contrecarrer le processus de vieillissement continu à l’œuvre depuis plusieurs décennies. En Europe, les taux de natalité extrêmement bas suscitent des préoccupations, la remontée observée récemment dans quelques pays demeurant un phénomène marginal. Il est projeté que sa population actuelle se réduise d’ici 2050 (de 738 à 702 millions), et ce en dépit du maintien d’un solde migratoire positif. À l’échelle sous-régionale, le déclin pourrait d’abord concerner l’Europe de l’Est et du Sud, les couples y faisant peu d’enfants (1,4 enfant en moyenne). L’Europe qui abrite déjà neuf des dix pays les plus âgés au monde pourrait ainsi voir sa population vieillir jusqu’à des proportions sans précédent d’ici le mitan du siècle (34% de plus de 60 ans).
En maintenant des rythmes de croissance démographique relativement vigoureux, l’Amérique du Nord, avec les pays de l’Océanie, se distinguent sensiblement des pays européens. Si la dynamique américaine résulte davantage d’une croissance naturelle que de l’immigration nette (qui représente 32% de la croissance), celle du Canada repose inversement sur l’apport extérieur, deux fois plus important que la croissance naturelle (faible avec 1,6 enfants en moyenne). L’immigration jouera toutefois un rôle moteur croissant dans la démographie américaine, qui devrait augmenter de 307 millions à 439 millions en 2050. Si l’on y ajoute le différentiel de fécondité entre la population d’origine hispanique (3 enfants par femme) et la population blanche (1,9 enfant par femme), des changements profonds pourraient affecter le profil ethnico-racial des Américains.
Mise en ligne : 27.11.09






