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Les pays à revenu intermédiaire et le défi du vieillissement rapide

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Abritant 70% de la population mondiale, l’Asie, l’Amérique latine et le Moyen-Orient ont connu au cours des cinquante dernières années d’importants changements démographiques. La rapidité avec laquelle s’est effectuée le mouvement de baisse de fécondité dans la plupart de ces pays a favorisé une transition démographique relativement courte (d’une durée de 40 à 70 ans alors que celle de l’Europe s’est étalée sur plus d’un siècle) qui se traduit aujourd’hui par des croissances démographiques relativement modestes (autour de 1%). De manière globale, cette évolution est le résultat de profonds changements socioéconomiques et culturels qui a notamment conduit à une autre vision de l’enfant et de la famille. Il ne faut toutefois pas négliger le rôle d’accompagnement des programmes de planification familiale qui ont permis de répondre à la volonté des couples d’avoir moins d’enfants. Même si le contrôle des naissances a pu dans certains cas s’exercer dans des contextes autoritaires, à l’instar de la Chine et d’autres pays asiatiques, les politiques démographiques se sont le plus souvent déroulées dans des contextes non coercitifs fondés sur le droit individuel.

Parallèlement, l’allongement de la durée de vie a été particulièrement important, jusqu’à 20 ans parfois. La stabilisation des effectifs de jeunes a pu constituer un facteur d’accélération du développement économique (phase de « bonus démographique »), dès lors que ce processus s’est accompagné d’investissements massifs dans le capital humain. Cependant, les inégalités de santé et de fécondité demeurent importantes, à la fois entre les pays au sein d’une même région et au sein même de chaque pays. Le cas de l’Amérique latine est à cet égard évocateur. L’amélioration des conditions de vie a été un élément moteur dans la baisse de la fécondité de ceux qui en ont bénéficié. En revanche, la pauvreté dans laquelle reste cantonnée une autre partie de la population, rurale la plupart du temps, a aussi été un facteur explicatif du déclin de la fécondité (phénomène de « malthusianisme de pauvreté »). Un autre défi, non moins considérable, relève du vieillissement démographique qui devrait être plus rapide en Asie et en Amérique latine que celui que l’on observe dans les pays occidentaux. Cette évolution pose la question de l’adaptation des structures sociales et institutionnelles, notamment celle des modes de développement des systèmes de protection sociale. À très court terme, il faut prévoir une augmentation du rapport de dépendance qui se produira dans chaque pays à une vitesse d’autant plus élevée que la baisse de la fécondité a été rapide.

Ces processus auront des conséquences économiques qui pourront partiellement être compensées par une réorganisation des flux migratoires, de fait d’ores et déjà en cours comme l’indique l’intensification progressive des mouvements de populations au sein même de ces régions. Les importantes disparités socio-économiques expliquent largement cette mobilité. Au sein de l’Asie de l’Est et du Sud-Est par exemple, les pays parmi les plus riches de la planète côtoient les pays les plus pauvres.

L’avenir démographique de ces pays dépendra en grande partie de l’efficacité des politiques qui pourront être mises en œuvre tant dans le domaine de la natalité et de la santé que dans celui du partage des revenus, des relations intergénérationnelles et des migrations internationales. En tout état de cause, l’Asie jouera un rôle prédominant dans l’évolution démographique de la planète dont elle représente aujourd’hui, et continuera à représenter dans les décennies à venir, une part considérable.

Mise en ligne : 27.11.09

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