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Comprendre les enjeux de la mobilité et des migrations pour le développement

Mobilité interne et internationale : dynamique mondiale et question internationale majeure

Le phénomène migratoire est d’ampleur mondial et constitue désormais une question internationale majeure. Il toucherait un être humain sur 7, si l’on additionne les 740 millions de migrants internes aux 214 millions de migrants internationaux comptabilisés par les Nations unies.

Réalités et nouveaux visages des mobilités

Si les migrations sont le plus souvent associées aux déplacements des ressortissants des pays les plus pauvres vers les pays riches, la réalité est plus complexe. A l’échelle mondiale, un tiers des migrants se déplace des pays en développement (sud) vers les pays développés (nord) ; un tiers, du sud vers le sud ; et le dernier tiers du nord vers le nord. Par ailleurs, les principaux pays d’émigration sont aujourd’hui des pays à revenu intermédiairetels le Mexique, les Philippines, la Turquie ou la Chine.

Les raisons économiques n’en sont pas les seules causes. La migration témoigne de la mobilité grandissante des personnes et de la densification des réseaux transnationaux économiques, culturels, matrimoniaux et religieux. La plupart des régions du monde sont concernées, soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit des migrants ; certains pays l’étant par les deux, voire les trois à la fois.

Les mouvements migratoires se développent particulièrement le long des grandes lignes de fractures géographiques, qui séparent des régions aux caractéristiques politico-économiques fortement distinctes : la Méditerranée, la frontière américano-mexicaine, ou celle entre la Russie et la Chine. Ces lignes de fracture sont en constante évolution. D’anciens pays de départ sont rapidement devenus des pays d’accueil : c’est le cas de l’Europe du sud. D’anciens pays d’accueil deviennent des pays de départ, en particulier en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay), tandis que d’autres Etats ont surtout vu progresser leur population de migrants en transit(Maroc, Mexique, et Turquie).

De nouvelles tendances s’observent et constituent des éléments importants pour la réflexion sur les enjeux des migrations :

- la migration circulaire, qui accroît la mobilité des migrants mais pas nécessairement leur sédentarisation, se développe ;

- les migrations qualifiées et très qualifiées sont devenues une composante familière des migrations dans les années 2000. A l’exode des cerveaux (« brain drain ») s’ajoute la migration de qualifiés dans les professions médicales et les services de santé vers les pays riches et vieillissants (« care drain ») ;

- les migrations sont de plus en plus féminisées. Les femmes représentent désormais 49% des 214 millions de migrants du monde.

Des dynamiques régionales différenciées

Si le monde est globalement engagé dans une phase de transition démographique, toutes les régions n’évoluent pas au même rythme.

Le vieillissement de la population et la faible natalité en Europe et au Japon accroissent leur dépendance à l’égard des travailleurs issus des autres régions du monde. Selon la division des Nations unies pour la population, pour maintenir le rapport de dépendance (rapport entre le nombre d’inactifs pour un actif) à son niveau actuel, une immigration 2 à 4 fois supérieure à celle observée aujourd’hui serait nécessaire. Dans certains secteurs d’activités, les besoins de main d’œuvre se font d’ores et déjà ressentir, telles les nouvelles technologies, l’enseignement et la santé ou encore l’agriculture, l’hôtellerie et le bâtiment et les travaux publics..

L’Afrique subsaharienne, dernière région du monde à accomplir sa transition démographique, devrait enregistrer une forte croissance démographique avec une multiplication par près de 10 de sa population entre 1950 (180 millions d’habitants) et 2050 (plus de 1,7 milliards selon les projections des Nations unies). Ce décuplement de la population est un réel enjeu, notamment pour les zones désertiques du Sahel et pour les pays enclavés et aux ressources naturelles limitées.

Cette croissance démographique alimente de grands mouvements de populations en partie sources de l’explosion urbaine que connait l’Afrique. Entre 1950 et 2000, alors que la population rurale triplait, la population urbaine de l’Afrique subsaharienne a ainsi été multipliée par 11, passant de 21 millions à 232 millions d’habitants. Ces migrations internes, vecteur du "basculement urbain", s’accompagnent de nouveaux besoins alimentaires, d’infrastructures, d’emploi, de services.

Les impacts de la mobilité et de la migration sur le développement

Prise de conscience et engagement de la communauté internationale

La communauté internationale s’est jusqu’à présent particulièrement mobilisée autour de deux domaines en termes d’impacts des migrations sur le développement : l’exode des compétences et les transferts d’argent effectués par les migrants. Cependant, qu’ils soient positifs ou négatifs, les impacts sont bien plus diversifiés et la littérature dédiée, en fort développement depuis 2005, se propose de les étudier (répartition de peuplement, emploi, santé, la stabilité sociale ou droits humains).

La nécessitéd’optimiser les impacts positifset de minimiser les impacts négatifs des migrations sur le développement fait l’objet d’un consensus international. Le dialogue de haut niveau (DHN) des Nations unies pour les migrations internationales de 2006 s’est ainsi conclu sur la nécessité d’instaurer un dialogue permanent entre Etats d’origine et d’accueil des migrants sur les migrations et le développement. C’est dans cet esprit qu’a été lancé le Forum mondial sur la migration et le développement. La prochaine réunion du DHN aura à l’esprit d’approfondir la réflexion sur la question.

Mobilité et migration au service du développement des pays d’origine et d’accueil

Les migrants peuvent contribuer de deux manières au développement de leur pays d’origine. D’une part, ils transfèrent une partie de leur revenu, ressource tant pour les ménages bénéficiaires que pour les Etats d’origine. Ces transferts représentent plus de trois fois les budgets de l’aide publique au développement. Les montants des transferts vers les pays en développement sont en progression continue pour atteindre plus de 400 milliards de dollars en 2012 selon la Banque Mondiale contre 6 milliards en 1970.

D’autre part, les migrants transfèrent des ressources immatérielles, telles leurs compétences (intellectuelles, techniques ou relationnelles) et sur un pan plus large des normes (comme l’égalité des genres), des valeurs civiques (respect du cadre collectif). Ces transferts sont déterminants pour le développement mais les données sont encore trop parcellaires pour en évaluer les impacts.

Les migrants ont également la capacité d’œuvrer au sein du pays d’accueil en apportant une vitalité économique et sociale en s’insérant dans des dynamiques collectives.

Mise à jour : 10.04.13


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