Œuvrer à la consolidation des États fragiles et à la prévention des conflits
Plutôt que de rechercher à établir une définition restrictive ou à dresser une liste d’États fragiles, la réflexion française se fonde sur une grille de fragilités qui permet une lecture plus analytique de ces situations complexes qui nécessitent des solutions individuelles, adaptées aux spécificités de chaque pays. Les catégories de fragilité étudiées sont les défaillances de l’État de droit, l’impuissance de l’État à agir, son caractère illégitime, le dysfonctionnement de l’économie, la fragilisation de la société, l’environnement régional.
Les actions menées au titre de la gouvernance dans les pays en situations de fragilité (appui au relèvement de l’État de droit et de l’économie, rétablissement d’une dynamique sociale) participent à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.
Dans les contextes post-conflit, il s’agit de réunir les processus de consolidation de la paix, d’aide humanitaire et de développement pour parvenir à un système approprié de reconstruction. L’objectif est d’assurer la cohésion des politiques autour des pouvoirs publics en reconstruction.
Ces actions visant la re-légitimation des institutions sont accompagnées de projets de renforcement de la société civile, afin de permettre la mise en œuvre d’intermédiations avec les pouvoirs publics, le rétablissement d’une dynamique sociale et la construction d’une société tranquillisée.
L’entrecroisement de logiques de gestion et de sortie de crise appelle à organiser sécurité et développement en tant qu’ensemble. La prise en compte de la réalité de cet ensemble oblige à une approche globale et intégrée avec au cœur, l’enjeu de la gouvernance.
La réflexion du MAE se poursuit aujourd’hui sur la question du processus « Démobilisation, désarmement et réinsertion » (DDR) ainsi que sur la problématique des violences armées. Il a pour enjeu de réintégrer à la vie civile les anciens combattants et ambitionne de ce fait une démilitarisation des sociétés.
Le désarmement est la collecte, le contrôle et l’élimination des armes des combattants.
La démobilisation est la libération officielle et contrôlée des combattants.
La réinsertion est une assistance matérielle et financière fournie aux anciens combattants.
La réintégration est la dernière composante du DDR. Elle correspond à un processus social et économique d’aide au retour des anciens combattants et de leurs familles dans leur communauté d’origine.
C’est un processus de long terme, qui s’inscrit dans le développement général du pays.
La coopération dans le cadre multilatéral et bilatéral La prévention des conflits représente un véritable défi pour la communauté internationale. Le MAE recherche une synergie avec l’Union Européenne et les autres bailleurs bilatéraux et internationaux, le PNUD et la Banque Mondiale.
Il soutient également les initiatives d’appui plus spécifiques aux organisations sub-régionales, telles que la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest - CEDEAO, afin de renforcer leur capacité de prévention et d’alerte précoce des tensions sur le terrain et la lutte contre la circulation des armes légères, mais aussi le Conseil économique, social et culturel (ECOSOCC) de l’Union Africaine.
Le renforcement de la coordination de bailleurs sur le terrain représente une priorité pour un dialogue efficace et une aide appropriée aux pays confrontés à des vulnérabilités multiples.
Au sein de l’OCDE, le MAE assure la représentation de la France à l’INCAF (International Network on Conflicts And Fragility). La France est également co-présidente - avec la Suisse - de l’organe subsidiaire spécialisé dans les conflits et les États fragiles du CAD (Comité d’Aide au Développement) de l’OCDE.
L’intégration régionale est un facteur de paix et de sécurité, c’est pourquoi le MAE appuie plusieurs organisations régionales actives dans les questions de prévention des conflits, mais aussi de renforcement des capacités de gouvernance démocratique des institutions.
Exemples :
Projet d’« appui à la mise en place du niveau local de gouvernance de la reconstruction post-conflit au Sud Soudan » - mené en partenariat avec le PNUD (2,1 M€ ; 2007-2009).
L’accord de paix de 2005 confie au MPLS (Mouvement populaire de libération du Soudan) la responsabilité de la mise en place d’un nouveau système de gouvernance légitime et participatif au Sud Soudan permettant d’apporter des réponses et des moyens pour faire face aux besoins de populations profondément meurtries par le conflit. Le programme d’appui à la mise en place du niveau local de gouvernance au Sud Soudan, a permis, malgré de très nombreuses contraintes, des avancées concrètes dans la mise en place d’un nouveau système de gouvernance locale au Sud Soudan et de l’intégration des femmes à la vie politique, sociale et économique.
Lancement du « Dialogue international sur la construction de la paix et renforcement de l’État » (OCDE)
La finalité du Dialogue international est d’examiner les principaux blocages et bonnes pratiques dans le soutien international à la construction de la paix et au renforcement de l’État, et de générer un consensus autour d’objectifs et de buts fondamentaux qui pourraient guider les partenaires nationaux et internationaux lorsqu’ils s’engagent dans ces domaines. Le Dialogue international doit faciliter des échanges de vues ouverts et francs et l’instauration d’un climat de confiance entre pays participants.
Il offrira une enceinte où débattre de problèmes qui ne sont pas abordés de manière suffisamment approfondie ou ne peuvent être réglés au niveau national et encouragera le partage d’expériences dans les domaines de la construction de la paix et du renforcement de l’État. Enfin, il permettra aux pays participants de concentrer leur attention sur des problèmes de dimension commune en considérant le besoin de faire évoluer les comportements et les normes de référence.
Le Dialogue international cherchera à offrir une plate-forme ou les pays participants peuvent partager (1) des expériences de construction de la paix et de renforcement de l’État au niveau des pays ; débattre et s’accorder sur (2) des principes et des bonnes pratiques fondamentaux ; identifier (3) une série restreinte et réaliste d’objectifs pour le construction de la paix et le renforcement de l’État, fondée sur l’émergence d’un consensus international au sujet des concepts et définitions clés.
Le Dialogue international s’appuiera principalement sur des consultations qui auront lieu dans les pays participants. Ces consultations seront organisées dans six à dix pays, avant la première réunion du Dialogue international qui sera organisée à la fin de l’année 2009. Les consultations nationales assureront que le Dialogue international opère a partir de renseignements fondés et réalistes, pertinents pour tous, et qui permettront une discussion plus ciblée sur les objectifs internationaux de construction de la paix et de renforcement de l’État. » [1]
Lien complémentaire :
www.oecd.org/
Mise à jour : 15.10.09






