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Un socle commun de principes post 2015 - Partie I (08/02/2013) - par la coalition "Action mondiale contre la pauvreté" (AMCP)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

L’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP), coalition française de la campagne internationale Global Call to Action against Poverty (GCAP) qui rassemble aujourd’hui une quarantaine d’acteurs de la société civile et de représentants de collectivités locales françaises, a été créée en 2005 dans le but de suivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

A ce titre, elle a acquis une expertise sur les enjeux des OMD et le suivi de leur mise en œuvre, qui l’amène aujourd’hui à s’impliquer dans les débats et réflexions sur le « post-2015 ». Les propositions qui suivent sont issues d’un séminaire de travail organisé par l’ACMP le
26 octobre dernier, et d’une session complémentaire le 11 décembre 2012.

S’engager dans cette réflexion ne doit en aucun cas exonérer les Etats signataires de la Déclaration du Millénaire du respect des engagements pris en 2000 et qui s’imposent jusqu’en 2015.
Les réflexions sur le « post-2015 » doivent intégrer les éléments de bilan du processus des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les éléments de contexte de l’élaboration du cadre post-2015, et un socle commun de principes, tels que définis ci-après.

1ère partie - Les éléments de bilan du processus des OMD

Pour l’AMCP, ces éléments sont principalement :

1. Des points d’avancée caractérisés par :

- La définition par la communauté internationale d’objectifs
partagés par tous les Etats, à partir d’une déclaration ambitieuse qui
visait à l’éradication de la pauvreté et affirmait : « Nous ne
ménagerons aucun effort pour délivrer nos semblables – hommes, femmes et enfants – de la misère, phénomène abject et déshumanisant qui touche actuellement plus d’un milliard de personnes. Nous sommes résolus à faire du droit au développement une réalité pour tous et à mettre l’humanité entière à l’abri du besoin » ;

- Le recul en chiffres bruts de la pauvreté dans le monde – bien que
principalement dû au développement de quelques Etats émergents ;

- Une amélioration notable dans certains secteurs (santé, éducation,
lutte contre la pandémie de VIH/Sida) ;

- Des objectifs concrets et mesurables qui ont permis de créer une
pression sur les Etats ;

- L’impact des OMD dans la définition des politiques nationales de
lutte contre la pauvreté et d’accès aux services essentiels ;

- La mobilisation de financements nationaux et internationaux pour le
développement ;

- L’impact manifeste de ce calendrier international sur les médias et
sur les mobilisations de la société civile.

2. Des limites liées à une conception structurellement insuffisante des objectifs

- Une déconnexion entre le phénomène de pauvreté et le contexte
sociopolitique global pourtant marqué par le choix d’un modèle
mondialisé de croissance économique qui tend a contrario à générer
davantage d’inégalités ;

- Une approche trop exclusivement quantitative et monétaire du
phénomène de pauvreté, empêchant une approche multidimensionnelle du phénomène de pauvreté ; cette faille a dès l’origine empêché d’approcher la pauvreté dans sa complexité et d’identifier les outils pour s’y attaquer de façon efficace ;

- Des objectifs tronqués, construits à partir d’une vision morcelée
du développement, évalués à partir d’indicateurs inadaptés par leur
nature et par leur mode de calcul (on travaille sur des moyennes, ce qui ne permet pas de rendre visible les populations qui restent à la marge, les inégalités entre les populations d’un même pays)

- Des objectifs à l’initiative exclusive des bailleurs.

2nde partie – Les éléments de contexte de l’élaboration du cadre
post-2015

- Prise en compte de la profondeur de la crise actuelle, dans toutes ses
dimensions, et de ce qu’elle doit nous enseigner sur les changements à opérer à court et moyen terme ;

- Prise en compte des causes structurelles de la pauvreté,
fondamentalement liées à un système qui a favorisé la mise en place :

a) d’une économie financiarisée et totalement dérégulée, au point
qu’elle en vient aujourd’hui à organiser les conditions d’une
marchandisation et d’une financiarisation de l’ensemble du vivant,

b) d’un modèle de développement mondialisé qui met en péril la
planète, surexploite et gaspille ses ressources, conditionne la
circulation des personnes à la satisfaction des besoins des marchés
licites ou illicites, et n’est viable que par l’existence, le maintien
et l’aggravation des inégalités entre les peuples et au sein même de
chaque pays,

c) d’une concentration de richesses aux mains d’un groupe restreint
d’acteurs économiques et financiers.

- Prise en compte de la panne du multilatéralisme, dont les dernières
déclarations sont caractérisées par des stratégies d’addition
d’engagements nationaux et internationaux non contraignants.


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