Accès rapide :

Un socle commun de principes post 2015 - Partie II (08/02/2013) - par la coalition "Action mondiale contre la pauvreté" (AMCP)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

3e partie - Proposition pour un socle commun de principes « 
post-2015 »

Toute politique de lutte contre la pauvreté qui ne prendrait pas en compte la nécessaire réduction des inégalités, qui n’adopterait pas une approche basée sur les droits humains, qui persisterait à ne pas considérer la pauvreté comme la résultante d’un contexte socio-politique et environnemental plus global et d’un choix de modèle mondialisé de croissance par nature inégalitaire, est condamnée d’avance à l’échec.

Avancer dans la définition de nouveaux objectifs communs de développement, qui prendraient la suite des OMD, nécessite dès lors de s’accorder sur les principes susceptibles de créer un environnement politique propice à la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

Pour l’AMCP, ces principes dépassent le clivage Objectifs de Développement post-OMD / Objectifs de Développement Durable (ODD) et s’imposent à toutes les négociations internationales en cours pour définir le futur cadre international de développement.

Ces principes relèvent de :

  • La nécessité de s’attaquer aux causes structurelles de la
    pauvreté, en agissant sur ses mécanismes de création pour l’éradiquer ;
  • L’affirmation d’une vision du développement partagée, ancrée
    dans le respect des droits fondamentaux et des textes européens et internationaux y afférant ; la nécessité de rendre ces droits fondamentaux opposables partout dans le monde, notamment en créant des mécanismes de recours, pour qu’ils deviennent une réalité pour toutes et tous ;
  • La reconnaissance de l’interdépendance des besoins des populations
    (eau et assainissement, alimentation, santé, éducation) et la nécessité de garantir l’accès universel et simultané aux secteurs sociaux de base ;
  • L’impératif de reconnaître que le développement humain durable va
    de pair avec le développement du travail décent, tel que défini par l’Organisation internationale du travail (OIT). En conséquence, il est également impératif de mettre en œuvre des politiques sociales et d’emploi soutenues par des politiques fiscales efficaces ;
  • La nécessité d’une gouvernance mondiale rénovée et renforcée,
    fondée d’une part sur la défense des biens communs et la régulation internationale (économique, financière, environnementale, etc.), d’autre part sur la responsabilité (individuelle et commune) et la redevabilité des États. Il est indispensable d’avancer dans la mise en place de cadres internationaux juridiquement contraignants, de rationaliser l’architecture de la gouvernance mondiale face à la multiplication d’initiatives parallèles, et de reconnaître la prédominance du système des Nations Unies. Pour cela, il faut repenser l’articulation entre les différentes parties prenantes (pouvoirs publics, secteur privé, acteurs financiers, société civile, collectivités locales) sur la base d’une vision forte du rôle de l’État et des pouvoirs publics. Dans ce cadre, la capacité des Etats à mobiliser des ressources domestiques et à réguler/encadrer le secteur privé, est un enjeu majeur.
  • La nécessité de promouvoir la participation de la société civile à
    toutes les étapes et à tous les échelons des processus d’élaboration, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des cadres de développement et des politiques publiques de lutte contre la pauvreté ; il est essentiel notamment de recueillir l’apport irremplaçable des populations qui mettent en œuvre au quotidien des stratégies de lutte contre l’extrême pauvreté et s’appuyer sur leur savoir et leur expérience de vie.
  • L’impératif de prendre en compte les équilibres écologiques et la
    finitude des ressources naturelles afin d’élaborer concrètement des trajectoires de transition écologique et sociale de nos sociétés et de nos économies. Il s’agit de rechercher des modes de développement socialement justes et écologiquement soutenables, qui privilégient l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers du plus petit nombre.
  • La pertinence de penser de futurs objectifs de façon modulable, en
    termes de temps (temps court/temps long) et d’espace, adaptés aux contextes nationaux, régionaux et locaux. Si les objectifs doivent reposer sur des principes universels, tous ne doivent pas forcément être construits sur le même modèle « taille unique », certains peuvent être transversaux et destinés à mettre fin à des pratiques nuisibles, d’autres doivent être réfléchis dans une perspective plus longue de transition.

- La nécessité de définir des indicateurs :

a) participatifs : conçus et suivis avec l’apport des populations
concernées, notamment les plus exclues

b) mesurables : indicateurs sur lesquels les gouvernements s’engagent et sont redevables

c) qualitatifs : car les seules moyennes masquent les inégalités

d) pluridisciplinaires : reflétant l’impact sur l’ensemble indivisible
des facettes de la pauvreté

e) de cohérence : garantissant qu’une politique ne se retourne pas contre les populations concernées (environnement au détriment du travail par exemple)

f) d’effectivité

g) exhaustifs : le « taux de privation grave » défini par l’UE est un
exemple d’indicateur pluridisciplinaire et exhaustif


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014