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Territoires et coopération au développement durable (08/02/2013) - par Véronique MOREIRA pour le Réseau Rhône-Alpes d’appui à la coopération internationale (RESACOOP)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

RESACOOP (Réseau Rhône-Alpes d’appui à la coopération internationale), de par sa position territoriale et son ancrage local, souhaite partager sa spécificité et ses priorités, notamment :

- la valorisation d’une approche territoriale du développement, garante d’un développement soutenable, inclusif, respectant les principes de justice et les droits humains, permettant la mise en place d’une gouvernance territoriale démocratique, représentative et participative, au cœur de laquelle se situent les collectivités territoriales ;

- le développement du maillage des acteurs, dans et entre les territoires, comme facteur de cohérence des actions, de mutualisation des moyens, de dialogue et de partage, ici et là bas ;

- la diffusion d’une culture du développement, pensée comme une dynamique concernant nos territoires comme ceux des partenaires, et la valorisation des compétences et expériences de chaque territoire ;

- la mobilisation des populations à l’échelon local, à travers la sensibilisation des citoyens, en particulier des jeunes, l’éducation à la citoyenneté mondiale et la communication grand public sur les enjeux internationaux ;

- l’amélioration des pratiques des acteurs par la formation et la professionnalisation, la mutualisation des moyens, la concertation, la mise en cohérence et la capitalisation des pratiques, l’animation de réflexions collectives.

RESACOOP propose qu’une loi d’orientation et de programmation sur la coopération au développement et la solidarité internationale soit soumise au débat citoyen et parlementaire, et qu’elle précise les objectifs et les méthodes de l’aide au développement selon les priorités suivantes :

- Le respect des engagements en matière d’Objectifs du millénaire pour le développement et d’aide publique au développement, intégrant l’agenda des objectifs du développement durable et assorti de la programmation effective des moyens nécessaires avec :

a) une priorisation des objectifs universels de lutte contre les
inégalités et discriminations et pour l’accès à l’ensemble des droits humains ;

b) la promotion d’une nécessaire transition écologique et sociale pour une plus grande souveraineté des territoires au niveau alimentaire, énergétique, économique et financier, et une meilleure résilience et sécurité des populations les plus marginalisées, rurales et urbaines ;

c) l’appui à des politiques fiscales et de redistribution de la
richesse ;

- L’augmentation de la part de l’APD gérée par les acteurs non étatiques et les collectivités locales, pour favoriser la recherche et l’appropriation d’innovations et appuyer les processus de démocratisation et de participation de la société, dans une logique de « capacitation » des acteurs du changement (« empowerment ») et une démarche de coopération multi acteurs ici et là-bas ;

- L’exigence de transparence de l’APD française dans les déclarations de l’ensemble des acteurs, publics et privés, et l’affectation des financements aux réelles priorités de la coopération. Il est aussi attendu que l’Etat français fasse valoir auprès de la Commission européenne, l’originalité et la diversité des projets de développement, portés par les acteurs français ;

- Le maintien du déliement de l’aide au développement, permettant de différencier l’appui aux entreprises françaises de la promotion du développement local et de l’intérêt des populations des pays les moins avancés.

- L’adhésion de la France à l’Initiative sur la transparence de l’aide internationale (ITAI), et la mise en place chaque année d’un débat parlementaire et citoyen informé ;

- Une progression véritable dans une responsabilité sociale des entreprises contraignante, conforme au droit international récent, et son application à tout soutien public de la France et de l’UE à des actions internationales ;

- le renforcement des réseaux régionaux multi acteurs existants et le soutien à leur coordination ;

- l’encouragement et le soutien à la mise en place de réseaux similaires dans l’ensemble des régions françaises, en lien avec les institutions et acteurs du niveau national ; il s’agit aussi de valoriser les actions mises en œuvre, de former les acteurs, de capitaliser les expériences réussies et de promouvoir des initiatives et des stratégies contribuant à construire une citoyenneté mondiale. Leur pérennisation nécessite un appui institutionnel et financier sécurisé, via par exemple les contrats de plan Etat-Région ;

- Le renforcement de la sensibilisation, de la formation et de l’éducation à la citoyenneté mondiale, dans les établissements scolaires, les associations d’éducation populaire, les collectivités locales, etc. avec un triple objectif : associer les habitant(e)s aux réflexions, leur permettre d’exercer un esprit critique sur les modes de développement, les accompagner à agir comme citoyen-nes du monde.

- Le soutien au maintien du lien de coopération avec les pays rencontrant des situations difficiles, en veillant à la pérennité des institutions publiques et des organisations de la société civile, pour faire face aux situations de crise et à la nécessaire reconstruction. Il est important que l’Etat français puisse garantir un cadre général de poursuite de la relation partenariale.

- Le maintien de la clause de compétence générale permettant à tous les niveaux de collectivités territoriales d’exercer la compétence de coopération solidaire.

- La poursuite du dialogue initiée lors des Assises nationales et sa déclinaison au niveau régional.


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