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Priorités syndicales pour le post 2015 - II (15/01/2013) - par Frédérique LELLOUCHE, secrétaire confédérale à la CFDT

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

1) Une fusion des agendas ODD/OMD pour une plus grande cohérence des politiques

S’ils sont bien structurés, les Objectifs de développement durable (ODD) peuvent être un outil permettant de progresser vers le développement durable et de traduire les engagements de Rio+20 dans la réalité.

La CFDT est en faveur de l’intégration des ODD dans le cadre post-2015 à condition de prendre en compte les 3 piliers du développement durable.

Le nouveau cadre doit être fondé sur les droits humains et centré sur le développement humain plutôt que sur une compréhension étroite, purement environnementale, du développement durable : en effet, celui-ci doit inclure les aspects sociaux, environnementaux et économiques.

Le programme pour l’après-2015, qui intègre les Objectifs de développement durable, devrait établir des objectifs globaux et universels, transposés en objectifs et indicateurs dirigés par les pays concernés et aborder la question des biens publics, des défis et de la gouvernance mondiaux.

Le fait d’avoir deux cadres parallèles risquerait d’affaiblir l’élan politique et de diminuer l’efficacité des deux processus. La fusion des deux agendas est garante d’une plus grande cohérence des politiques.

2) Les limites du rôle de la croissance en matière de développement

- La croissance est un moyen du développement qui, à lui seul, n’est pas suffisant. Il existe en effet une croissance sans développement. Une grande partie de la croissance économique enregistrée au cours des dernières années s’est faite sans aller de pair avec la croissance de l’emploi, ce qui a creusé les inégalités en matière de revenus au lieu de les combler et de contribuer à la réduction de la pauvreté.

Les 50 pays les moins avancés (PMA), dont les deux tiers se situent en Afrique subsaharienne, ont connu en 2004 la plus forte croissance de leur PIB depuis vingt ans : 5,9 % en moyenne. Mais dans ces pays plus qu’ailleurs, la croissance n’est pas synonyme de développement. Il y a de grandes inégalités entre les pays du groupe derrière ce boom économique. Les principales augmentations en croissance et en exportations (multipliées par cinq en un an dans les PMA) se concentrent sur les quatre pays producteurs de pétrole du groupe, qui ont profité de la hausse vertigineuse des cours du brut : l’Angola, la Guinée équatoriale, le Yémen et le Soudan. Les gisements sont cependant exploités par des entreprises étrangères, et contribuent donc peu au développement des infrastructures et des économies locales.

Souvent, le PIB est l’indicateur de référence en matière de développement. Or le niveau de vie ne peut pas être mesuré à l’aune de la croissance économique ou de la progression du PIB par habitant dans la mesure où le PIB mesure des échanges monétaires et non le bien être de la population. De nouveaux indicateurs doivent être recherchés comme cela a été le cas dans la commission Stiglitz en France et dans le tableau d’indicateurs de la Stratégie nationale de développement durable.

- Pour être un levier de développement, la croissance doit être inclusive c’est-à-dire créatrice d’emplois durables et génératrice de revenus. Pour favoriser une croissance inclusive et garantir la sécurité de revenu, la CFDT demande l’établissement de socles de protection sociale (rapport Bachelet et recommandation 202 de la CIT juin 2012) afin de réaliser la justice sociale et stimuler la demande (travail décent).

3) Pour un verdissement de l’économie respectueux du social

Comme la CFDT l’a demandé à Rio, l’économie verte doit chercher à répondre à plusieurs défis :

  • Réduire les émissions de tous les gaz à effet de serre (dont le dioxyde de carbone(CO2) qui contribuent au changement climatique ;
  • Consommer moins d’énergie grâce à la sobriété, à l’efficacité énergétique et à l’économie des matières premières ;
  • Protéger la santé de la population et lui garantir un accès à l’alimentation, aux biens communs et biens publics (eau, air, biodiversité) ;
    puceoupas Economiser les ressources naturelles et préserver le vivant dans son ensemble (biodiversité, dont les services des écosystèmes) ;
    puceoupas Appliquer les mécanismes de réduction des émissions des gaz à effet de serre et faire apparaître le coût du carbone, relativisé au niveau de revenu et à la richesse ;
    puceoupas Dynamiser la rénovation thermique des bâtiments et les nouvelles façons de produire et consommer (ex : l’économie circulaire, l’écologie industrielle, l’éco-conception, etc.) ;
  • Accompagner la transition professionnelle équitable des travailleurs dans le« verdissement » des métiers en réalisant, dans le cadre du dialogue social, des analyses des évolutions des métiers, en créant des observatoires des métiers et qualifications et en négociant au niveau national dans des commissions spécialisées.

L’économie verte ne doit pas être un moyen déguisé pour :

puceoupas Privatiser la nature et ses « services gratuits » car celle-ci est à la fois un bien commun et l’héritage précieux des générations futures ; elle doit être reconnue en tant que telle plutôt que vue comme un prestataire de services payants ou une ressource à vendre ;

- Soutenir un brevetage du vivant qui amplifie encore davantage les inégalités.


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