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Priorités syndicales pour le post-2015 - I (07/01/2013) - par Frédérique LELLOUCHE, secrétaire confédérale à la CFDT

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Le mouvement syndical international, et notamment la Confédération syndicale internationale et son Réseau syndical de coopération au développement est très impliqué dans la réflexion sur l’après 2015 :

  • avec la CES, participation à la Consultation Commission européenne sur le post 2015
  • séminaire Istanbul : quelles priorités du mouvement syndical pour le post 2015 ? (septembre 2012)
  • Résolution Amman adoptée par le conseil général de la CSI le 1er novembre 2012

A) Quelles priorités pour le nouveau cadre post 2015 ?

1) Priorité : travail décent

Le travail est un élément central du développement économique et social. La création d’emplois et de meilleures conditions de travail sont des moyens de sortir de la pauvreté.

Rappel de la définition OIT : Il faut entendre par travail décent un travail productif que femmes et hommes peuvent exercer dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité et qui s’accompagne des caractéristiques suivantes : rémunération équitable ; sécurité sur le lieu de travail et protection sociale pour les travailleurs et leurs familles ; possibilités de développement personnel et d’intégration sociale ; liberté d’expression et d’organisation et possibilité pour les travailleurs de participer aux décisions qui les concernent ; égalité de chances et de traitement pour tous.

L’Agenda de l’OIT doit permettre d’atteindre les objectifs du plein emploi et du travail décent et productif pour tous aux niveaux mondial, régional, national, sectoriel et local. Il comprend quatre volets :
– création d’emplois et développement de l’entreprise ; – protection sociale ; – normes et droits au travail ; – gouvernance et dialogue social.

Le travail décent est un objectif universel et indivisible. Toutes les dimensions doivent être prises en compte. La prise en compte du travail décent implique une approche intégrée qui combine politiques macroéconomiques et politiques microéconomiques. Politiques, stratégies, programmes et activités doivent cibler des groupes défavorisés ou marginalisés bien précis, comme les travailleurs âgés, les personnes handicapées, les peuples autochtones ou encore les travailleurs de l’économie informelle ou de l’agriculture.

2) Priorité : protection sociale universelle

L’augmentation des inégalités est une tendance particulièrement inquiétante. L’accès universel à des garanties fondamentales en matière de protection sociale est un droit humain et une manière directe et efficace de réduire les inégalités.

Les débats sur le développement doivent prendre en compte la dimension globale de la protection sociale et ne se limitent pas à la question de la santé. Quand on parle de protection sociale, on parle d’assurer une sécurité de revenus pour les chômeurs, les personnes malades ou en situation de handicap, les femmes enceintes, les personnes âgées.. La protection sociale c’est aussi la question de l’accès aux soins de santé, à l’éducation au logement, à l’assainissement.

Des socles de protection sociale, tels que définis dans le rapport Bachelet, et la Recommandation 202 de l’OIT qui établit une norme internationale en la matière doivent être mis en œuvre.

3) Inquiétudes quant à la concentration des moyens d’action dans les PMA

A tous les niveaux, on s’accorde à dire que les PMA devraient être la cible des politiques de développement. Les pays à revenu intermédiaire sont de plus en plus exclus des objectifs et priorités pour l’APD, malgré la croissance des inégalités dans ces pays et la persistance de seuils de pauvreté élevés.

Près de 70 % des pauvres que compte le monde - ceux qui, selon la définition établie, ont moins de 2 dollars par jour pour vivre - habitent dans des pays à revenu intermédiaire (Banque mondiale). Dans les économies émergentes, ces personnes restent privées d’accès à l’éducation, aux soins de santé et d’autres avantages de la croissance économique. A part le Brésil où les plus modestes ont amplement tiré parti de la progression des revenus en termes réels, en Afrique du Sud, en Chine et en Inde, la concentration des revenus entre les mains des plus aisés s’est accrue.

B ) Quel rôle pour les nouveaux acteurs ?

Le secteur privé et la responsabilité sociale des entreprises Parmi les nouveaux acteurs du développement figurent les acteurs du secteur privé. Ils contribuent de manière importante au développement économique et figurent parmi les nouveaux acteurs du développement. Or, évoquer les nouveaux acteurs du développement que sont les entreprises ne peut se faire sans aborder la question de la RSE. Si les entreprises peuvent avoir un rôle majeur en matière de développement, l’impact des entreprises en termes de développement dépend de leur engagement à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leur activité globale.

Les acteurs du secteur privé devraient respecter et appliquer les résolutions et normes en matière de respect des droits fondamentaux. Le secteur privé et plus particulièrement les sociétés transnationales devraient respecter les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
La RSE est un levier important du développement et les syndicats, dans le cadre du dialogue social, sont des acteurs de la RSE. Ils veillent à ce que les entreprises respectent leurs engagements en matière sociale et de développement durable, aux niveaux national et international, en incluant filiales et sous-traitants.


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