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Pour une approche universelle et territoriale du développement (10/02/2013) - par Benjamin DURIEZ de l’union nationale mouvement des Maisons familiales rurales françaises (UNMFREO)

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L’humanisme est au cœur du projet du mouvement des Maisons familiales rurales (MFR) françaises. Cela conduit ses 500 associations regroupant 70 000 familles à concevoir un développement fondé sur des hommes et des femmes responsables, avec une place particulière pour la jeunesse, et des collectifs acteurs (familles, société civile, Etats…).

Les MFR, en cohérence avec leur vision éducative globale, placent le développement économique au service du développement humain, privilégiant ainsi l’économie sociale et solidaire.

Les MFR françaises sont en coopération avec une vingtaine de mouvements MFR d’autres pays sur 4 continents, pour les accompagner dans la formation humaine et professionnelle des jeunes et adultes ruraux. C’est pourquoi les MFR manifestent un intérêt certain pour la démarche des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) car, dans leurs partenariats internationaux cela constitue un agenda, un focus clair, pouvant guider le plaidoyer vis-à-vis des autorités nationales.

Cependant, cette approche reste non contraignante et quantitative. Plus globalement, de nouveaux indicateurs devraient être utilisés et promus pour mesurer le développement, afin de sortir du prisme de la croissance du produit intérieur brut qui ne reflète pas, par exemple les inégalités dans le partage des richesses nationales.

L’indispensable approche par les droits humains :

De futurs OMD devraient davantage se calquer sur les droits de l’homme présents dans les traités internationaux, en particulier le droit à l’éducation et à la formation, le droit à l’emploi, le droit des familles. Les MFR voient les hommes et les femmes en situation de pauvreté comme des acteurs privés de ces droits plutôt que bénéficiaires. Les MFR souhaitent que la lutte contre la pauvreté se transforme en lutte pour un monde juste et équitable, où chacun peut trouver sa place par sa responsabilité et son engagement. C’est ce qu’elles portent concrètement en France et ailleurs, comme actrices de l’économie sociale et solidaire, comme actrices associatives du service public de l’éducation.

D’un point de vue sectoriel, la souveraineté alimentaire est une clé car elle affirme le pouvoir de faire ses choix (cela rejoint donc des choix éducatifs et de formation). La prise en compte de l’insertion socioprofessionnelle de la jeunesse est un enjeu phare, pour que cette relève puisse contribuer au développement (création d’emplois décents, lutte contre la précarité). Enfin, les MFR sont convaincues que demain sera plus humain et que chacun pourra accéder à sa dignité de femme et d’homme si la société sait proposer une éducation, sans cesse renouvelée qui bouscule les certitudes, qui sache innover et qui soit l’affaire de tous et en particulier des parents.

La cohérence de l’approche territoriale :

Mais si le focus sur quelques secteurs clés est impératif, la démarche pour atteindre les objectifs fixés doit être explicitée et doit constituer un ou des objectifs en soi. Selon leur expérience, les MFR affirment qu’une approche territoriale est une solution pour créer la synergie, faciliter la participation de tous les acteurs mobilisés. Les MFR souhaitent donc que soient promus des territoires vivants et accueillants, avec un équilibre entre eux (rural-urbain). Le local est un espace privilégié de démocratie et d’expression. C’est aussi une bonne manière de tenir compte de l’environnement pour un écodéveloppement et faire un lien avec les Objectifs du développement durable (ODD). Enfin, l’approche territoriale permet l’adaptation des actions à mener, des droits à satisfaire en fonction et en cohérence de chaque bassin de vie.

Un processus à ne pas négliger :

Il est nécessaire que des objectifs de méthodologie soient accolés aux objectifs de fond, en affirmant ainsi l’importance de la participation et du rôle de la société civile, une déclinaison régionale, nationale et locale des futurs OMD (respectant les espaces de décision existants). De même, il semble essentiel que soient explicitées les modalités de suivi des engagements pris (organes responsables, périodicité, rôle des acteurs…).


Un agenda pour tous, pour résoudre les causes partout :

A l’image de leur action en France, aux Nords et aux Suds par leurs partenariats internationaux, les MFR sont convaincues que face à une pauvreté mondialisée, une ambition mondiale est indispensable afin d’avancer vers un monde plus juste et équitable, pour tous et partout.
Pour réussir, cela suppose évidemment de s’attaquer aux causes de la pauvreté et cela demande donc leur analyse, en étudiant les responsabilités des différents acteurs qu’ils soient du Sud ou du Nord.
Ainsi, en réponse à ces causes, les OMD se doivent d’être universels en engageant chaque pays de la planète. Pour les pays dits développés, ces objectifs pourraient par exemple se centrer pour l’éducation à une citoyenneté et une solidarité mondiale. En outre, les OMD peuvent être l’occasion de réfléchir sur la gouvernance mondiale, en donnant davantage de poids à une ONU au sein de laquelle tous les pays auraient un pouvoir égal de décision.

La lutte contre la pauvreté est avant tout une lutte contre les inégalités, existantes aux Suds comme aux Nords. La conduite de cette lutte dépend ensuite d’instruments variés à mettre en œuvre, dont l’aide publique au développement, ce qui n’implique donc pas de détourner l’aide publique des pays les moins avancés et des populations les plus vulnérables.


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