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Pour un renforcement de l’esprit et des pratiques de la solidarité internationale (17/01/2013) - par Yves LE BARS, président du CFSI

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Alors que l’interdépendance de tous les habitants de la planète est de plus en plus évidente, on assiste à une double tendance, dans le monde et au sein des pays développés.
D’un côté celle du repli sur ses intérêts propres… A Rio en juin cette tendance a été clairement portée par une majorité des Etats. De l’autre nombreux sont ceux de tous âges qui s’engagent, en qualité de citoyen du monde.
Mais les pratiques de solidarité internationale restent limitées, insuffisantes au regard des enjeux d’un développement solidaire, et des mutations qu’il suppose au Nord comme au Sud. Les campagnes (Semaine de la Solidarité internationale, Alimenterre…) touchent une part faible de la population.
L’ignorance de ce qui se passe au Sud est grave, c’est un obstacle à notre ouverture au monde, et nous empêche de profiter de nombreuses opportunités…

Pourquoi faut-il en faire une politique ?

L’esprit de solidarité, et ses traductions concrètes dans la pratique, sont un des moteurs des transformations que le monde doit affronter, au Nord et au Sud, pour la vie de la planète ! Cela doit être l’objet d’une politique, depuis l’élaboration des concepts jusqu’à la pratique concrète, en passant par les formes instituées de la pédagogie, appuyée sur une gamme d’acteurs aussi large que possible. Affirmer que les Assises du développement sont aussi celles de la solidarité internationale y conduit. C’est aussi ce qui peut consolider le support de nos concitoyens à la politique française de contribution au développement.

Esquisse d’un cadre d’action

La solidarité internationale s’appuie sur la connaissance de la situation du monde et de nos interdépendances, ainsi que sur la conscience d’une citoyenneté mondiale. Comme le dit un proverbe « Si tu es venu pour m’aider, tu perds ton temps. Mais si tu es venu parce que tu penses que ta libération est liée à la mienne, alors travaillons ensemble. » Une politique et des moyens spécifiques mériteraient d’y être affectés. Cette politique reste absente des textes officiels antérieurs.

D’où les pistes suivantes :

1/ Informer, former.

  • La place des affaires du monde dans les médias mérite une action volontaire accrue. Pourquoi la diffusion de RFI en France dans la seule région parisienne ?
  • Renforcer l’éducation au développement : prolonger avec les acteurs concernés les analyses et propositions de l’étude de l’AFD « Cartographie de l’Education au Développement et à la Solidarité Internationale » aout 2012, en déduire un programme d’action.


2/ Favoriser les échanges N/S et S/N de toutes natures, le plus possibles associées à des actions concrètes de renforcement des organisations.

  • Echanges entres les sociétés civiles, cf. les Programmes Concertés Pluri-Acteurs (PCPA) -Echanges de jeunes en formation entre les pays, en commençant par les échanges entre Universités pour un programme Erasmus du Sud.
  • Volontariat

3/ Privilégier les approches par territoires, avec l’engagement des collectivités territoriales.

Une stratégie nationale pourrait se décliner régionalement et être portée par des réseaux régionaux, comme cela est déjà engagé dans plusieurs régions.

4/ Plus largement, accroitre l’engagement international des acteurs français, par de nouveaux partenariats, renforcer les acteurs de la SI.

Il ne s’agit pas seulement d’améliorer la communication sur ce qui se fait : l’Etat doit avoir un rôle de facilitateur, de stimulateur pour que se renforcent les liens entre la contribution au développement et l’esprit de solidarité internationale, et pour que le maximum d’acteurs s’en empare : les associations de diverses natures ; les syndicats ; les universités, établissements d’enseignement supérieur ou instituts de recherche ; le monde de l’entreprise ; les acteurs du Sud ; les médias ; et bien sûr les collectivités territoriales soit dans le cadre de la coopération décentralisée, soit dans le cadre de leur mission d’animation du territoire.
Il faut aussi tirer parti de ce qui se fait dans d’autres pays.

5/ Construire des indicateurs observables.


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