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Position du groupe Initiatives (10.02.13) - par Christian Lespinats (Groupe initiatives)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Penser differemment les contours du developpement

La politique française de développement est liée aux engagements internationaux autour des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). 2015 sera l’année du bilan de ces OMD et de définition des nouveaux Objectifs de développement durable (ODD). Cet "autre"

développement doit être au service d’un "mieux-vivre" pour toutes et tous, de la préservation des biens communs et biens publics globaux, enfin d’une une plus grande autonomie et souveraineté des territoires au niveau alimentaire et énergétique, pour une meilleure résilience et sécurité des Pays les moins avancés (PMA) en particulier et des populations les plus marginalisées.

Le Groupe initiatives recommande à la France d’inclure les principes de l’approche par les droits, de croissance inclusive et durable et d’économie verte conditionnées à une nécessaire transition écologique et sociale, et d’inclusion des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans la construction des résiliences dans les priorités de sa politique de développement, et de les porter au niveau européen et international à l’occasion de la redéfinition des ODD.

Des enjeux differencies en milieux rural et urbain

Dans les Pays les moins avancés (PMA), il n’y a d’autre choix possible que d’appuyer l’agriculture familiale, plus grand pourvoyeur d’aliments et d’emplois en milieu rural. Il est urgent de réallouer une fraction plus substantielle des ressources nationales aux agricultures familiales, et de promouvoir des filières organisées de production locale en direction des marchés intérieurs et régionaux. Des conditions et opportunités existent : croiser les axes d’intervention micro, méso, macroéconomiques, soutenir le financement des investissements et des micro-projets des producteurs, garantir la sécurité foncière, promouvoir l’agro-écologie paysanne.

Les mutations de la Ville rendent possible la mise en œuvre de nouvelles politiques de la ville basées reposant notamment sur la gouvernance décentralisée, la fiscalité responsable, l’habitat social, l’accès aux services essentiels, une approche inclusive des quartiers précaires.

Amortisseur de l’économie urbaine en crise, mais aussi lieu d’innovation et d’ingéniosité, l’économie populaire urbaine produit et expérimente de nouvelles connaissances en se confrontant aux besoins essentiels des pauvres.

Le Groupe initiatives recommande au Gouvernement d’intégrer dans sa politique de développement, d’une manière significative et systématique, les priorités suivantes :

• En milieu rural : le soutien des agricultures familiales, de

l’agroécologie, la promotion des filières de production locale et du commerce régional.

• En milieu urbain : une économie inclusive et créatrice d’emplois

valorisant les dynamiques des secteurs informels.

• Sur l’ensemble des territoires : l’apprentissage de la citoyenneté

dans des organisations décentralisées, assurant des missions de service public.

Lutter contre les inegalites

Les inégalités et les discriminations sont un frein au développement, d’une part parce qu’il n’y a pas de développement sans amélioration des conditions de vie d’une population dans son ensemble, d’autre part parce que les populations qui subissent ces inégalités sont également des acteurs du développement. Le genre, l’emploi des jeunes, la question des migrants, en sont des problématiques majeures.

Le Groupe initiatives recommande de porter l’accent sur trois domaines :

• Le renforcement du capital humain avec l’accès au plus grand nombre

aux services sociaux (santé, éducation, etc.) et l’amélioration de la maîtrise de la production de valeurs (accès au crédit, accès au foncier, accès aux technologies appropriées).

• La création d’un socle de protection sociale

• L’expression plus libre et plus directe des populations sur les
programmes mis en œuvre.

Renforcer les « securites », construire des resiliences

Dans une globalisation financière débridée, marquée par l’imprévisibilité, la question du développement se confond avec celle des aptitudes à construire des « sécurités » (ou « résiliences ») pour faire face aux risques et aux chocs systémiques : sécurités alimentaires et nutritionnelles, foncières et forestières, hydriques et énergétiques, climatiques, économiques et financières.

Les Etats du Sud doivent mieux s’y prendre pour renforcer leurs « résiliences » aux chocs, asseoir solidement leurs « sécurités », partir à la reconquête des filières, établir des règles du jeu égales pour tous les acteurs économiques et puiser dans l’immense réservoir d’ingéniosité et de créativité que représentent leurs propres citoyens.

Le Groupe initiatives recommande à la France de porter le concept de « sécurités » en tant que socle des futurs Objectifs de développement durable.

Collectif membre de Coordination SUD créé en 1993, le Groupe initiatives est un collectif de dix associations professionnelles de solidarité internationale et d’appui au développement, réunies afin d’unir et partager leurs expériences et leurs savoir-faire : Apdra-Pisciculture paysanne, AVSF, Ciedel, Essor, Geres, GRDR, Gret, HSF, ID, Iram.

Voir la contribution complète du Groupe initiatives :

www.groupe-initiatives.org

Contact Groupe initiatives : 01 43 94 73 27, gr-initiatives [at] groupe-initiatives.org

Contact presse : Marie Bessières, bessieres@gret.


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