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Intégration du genre dans la coopération décentralisée (07/02/2013) - par Claudy VOUHE, présidente de Genre en action

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La collectivité territoriale est un acteur assez nouveau qui reste à structurer et à professionnaliser dans le cadre de la coopération internationale décentralisée. La qualité des projets de coopération décentralisée est inégale et les formes d’intervention assez hétérogènes. La Coopération décentralisée est pourtant devenu un acteur essentiel du développement. Après des débuts assez informels marqués par des relations interpersonnelles (avec par exemple les jumelages), les collectivités les plus importantes se sont progressivement dotées de services de relations internationales professionnalisés. La loi de 1992 sur la décentralisation limite le cadre de la coopération internationale aux champs de compétences propres des collectivités.

Par rapport aux coopérations bilatérales ou multilatérales, la coopération décentralisée permet de travailler à un niveau d’intervention plus local et donc d’avoir une plus grande proximité avec la population, ainsi qu’un dispositif plus léger. La coopération décentralisée peut être très ouverte, mais cependant, les thématiques restent souvent marquées par les divisions sectorielles de la coopération française (développement rural, santé, éducation). Les inégalités femme-homme et le genre sont rarement traités de manière transversale ou spécifique.

En France, la « société civile » (collectivités locales, associations, groupements etc..) est la partenaire privilégiée de la coopération décentralisée. Elle offre l’avantage de traiter des questions locales peu ou mal prises en compte par les coopérations bilatérales ou multilatérales. L’action locale néanmoins peut aussi contourner l’Etat, ses politiques publiques et ses engagements internationaux, y compris concernant le genre. Dans les chantiers de coopération décentralisée, la question de la représentativité se pose en termes de genre.

La coopération décentralisée est à l’intersection de plusieurs processus qui mettent en jeu de nombreux acteurs. Quelle est la place du genre à dans ces différents processus ?

- Dans les processus réglementaires régissant la coopération
décentralisée (décrets, lois, guides, appels à projet), les questions de genre apparaissent peu ou pas ;

- La coopération décentralisée est étroitement liée aux processus de décentralisation qui se débattent avec la participation, la démocratie participative, y compris avec l’implication des femmes (prise en compte de leurs besoins, de leurs intérêts etc.). Par définition, les procédures de sélection des projets et de financement sont déconcentrées et donc propres à chaque collectivité. Le suivi de la prise en compte du genre est de fait difficile ;

- La coopération décentralisée est aussi liée au développement de la parité : Au Nord comme au Sud, les femmes sont en moindre nombre parmi les élu-E-s et personnes chargées des associations de la société civile, et cette sous-représentation pèse négativement sur la non-prise en compte des besoins et intérêts des femmes dans les projets.

Peu de projets menés dans le cadre de la coopération décentralisée prennent en compte la question du genre. Pourtant, une approche transversale des questions de genre est prioritaire au sein des projets de coopération décentralisée, avant même d’engager des programmes spécifiques de réduction des inégalités hommes-femmes. L’intégration du genre dans la coopération décentralisée pose le problème de la compétence des élus. Il y a un réel problème d’outillage des élus locaux pour travailler à ce niveau et sur cette question.

• Sensibilisation des élus locaux : actions de lobbying vers les élus
locaux sur le thème genre, diffusion d’information sur le genre au sein de structures comme CUF (Cités Unies France) qui réunit tous les élus, l’AMF (Association des Maires de France) ou l’AFCCRE ;

• Appui-conseil aux collectivités locales : encadrer, soutenir au niveau
pédagogique et technique les projets de coopération décentralisée pour mieux intégrer la dimension genre ;

• Recenser toutes les actions menées sensibles au genre en tirer des leçons ;

• Intégration du genre dans les critères des appels à projet, que ce
soit par le biais du MAE ou au niveau des têtes de réseaux locaux.

• Exiger des financements pour les associations qui peuvent porter le genre dans la coopération décentralisée.


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