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Migrants, acteurs du développement (08/02/2013) - par Mireille ALPHONSE, vice-présidente d’ADER, au nom du réseau Eunomad

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Eunomad est un réseau européen pluri-acteurs, fondé en 2007, dont l’objectif est de valoriser l’implication des migrants en tant qu’acteurs du développement dans leurs pays d’origine, mais aussi dans leurs territoires d’accueil. Nous regroupons actuellement une centaine d’organismes dans 10 pays de l’Union Européenne : organismes de solidarité internationale portés par les migrants (OSIM), ONG, collectivités territoriales, instituts de recherche.

Eunomad est organisé en plateformes pays et représenté au sein d’une association de droit belge, Eunomad ASBL. Nous avons vocation à regrouper de nouveaux pays et de nouvelles structures, au fur et à mesure qu’elles le souhaitent. Nous sommes soutenus par l’Union Européenne et les activités de notre réseau France sont soutenues par l’Agence Française du Développement.

Nos valeurs

Eunomad affirme que la mobilité humaine constitue une richesse, tout
autant qu’un espoir de paix, pour les territoires du nord et du sud.
Dans un contexte géopolitique mondial marqué par de fortes tensions – économiques, sociales, politiques, environnementales – les mobilités
humaines constituent en effet une chance unique pour permettre aux peuples et aux cultures de se rencontrer, de travailler ensemble dans un esprit de partenariat solidaire et, in fine, de construire des solutions pertinentes, durables, créatrices d’avenir pour les populations et pour les territoires concernés ici, comme là-bas.

Pour étayer cette conviction, notre réseau s’appuie sur les
expériences et les pratiques concrètes de l’ensemble de ses membres. Par exemple, dans la seule région de Kayes, au Mali, plus de 1 500 projets de développement local (agriculture, santé, éducation…) ont été recensés. Ils sont portés par des OSIM qui ont su interpeller des ONG et de nombreuses collectivités territoriales européennes.


Après 2015 ? Affirmer et reconnaître le droit à la mobilité

Convaincus que la transition vers un nouveau modèle de développement, fondé sur la mise en œuvre d’une solidarité internationale effective, doit être réfléchie avec toutes les parties prenantes, nous soulignons l’extrême importance de faciliter, dans les décennies à venir, les mobilités internationales.

Il n’est pas acceptable, alors que des populations sont confrontées à une très grande pauvreté, à la guerre ou aux stress environnementaux engendrés par le changement climatique, qu’elles ne puissent chercher à améliorer leurs vies en dehors de leurs territoires de naissances, alors même que les très grandes entreprises internationales ou les États ne conçoivent plus leurs propres accumulations de richesses qu’à travers des déploiements internationaux.

Nous ne comprenons pas, par exemple, que la France puisse refuser
d’accorder des visas à des maires de petites communes sahéliennes
cherchant à signer des partenariats au nord, ou à des étudiants venant parfaire leurs cursus dans nos universités. La mobilité des personnes conditionne les dynamiques de coopération ; chacune de nos organisations a pu faire ce constat.

Nous demandons donc une révision de la politique d’octroi de visas, allant dans le sens d’une simplification et d’une totale équité de traitement pour tous, quelles que soient les nationalités concernées.

Reconnaître l’apport du co-développement

Le co-développement, c’est le développement imaginé, conçu et mis en
œuvre par la rencontre fructueuse des attentes, savoir-faire, connaissances et compétences d’acteurs du nord et du sud. Une rencontre orchestrée par les populations migrantes.

Si les politiques publiques passées de la France, ou de l’Europe actuellement encore, ont en partie jeté une ombre sérieuse sur ce terme de co-développement en obligeant les programmes qui s’en réclamaient à intégrer des volets de contrôle des flux migratoires, il nous semble néanmoins important de réaffirmer aujourd’hui sa pertinence. Ceci, d’autant que le ministre chargé du développement a nettement mis fin à cette stratégie – ce dont nous le remercions et nous nous réjouissons.

Pour nous, le co-développement, qui associe acteurs du nord et du sud
garantit :

  • une adéquation optimale entre les attentes des populations
    bénéficiaires et les objectifs des projets conçus au nord ;
  • l’attention des porteurs de projets à la mise en œuvre d’actions
    indispensables pour permettre aux populations locales de s’approprier les différentes dimensions de ces projets afin, le cas échéant, d’être en
    capacité de leur apporter des évolutions nécessaires ;

- un transfert de compétences et de savoir-faire multi-latéraux nord/sud, sud/sud et sud/nord ;

- de très bonnes conditions pour assurer l’entretien ou la maintenance des projets.

Dans les régions d’installation, les actions de co-développement créent, en parallèle, de nombreuses opportunités de rencontres entre les populations locales et nouvellement migrantes. À ce titre, elles
constituent d’excellents vecteurs d’un “mieux vivre ensemble”.
L’échelon territorial est en effet central : il constitue un laboratoire
qui donne à voir au plus près la spécificité et la complexité de ces
dynamiques migratoires et les nouvelles manières de travailler entre
acteurs du nord et du sud qu’appellent ces dynamiques, etc.

Beaucoup de collectivités en France et en Europe ont compris cette réalité et se sont emparé de ce potentiel. Toute cette richesse d’expériences mérite d’être mieux accompagnée par les politiques publiques nationales.


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