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Les citoyens doivent être au coeur des politiques de développement (08/02/2013) - par Laurence RIGOLLET, chef de projet à EDUCASOL

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

L’éducation au développement et à la solidarité internationale (EAD-SI) est constitutive de la politique publique de développement et doit être considérée comme un enjeu fondamental notamment si on considère comme Concord que « le développement a besoin des citoyens ». Le développement ne peut se faire sans les citoyens acteurs de leur développement, pleinement conscients des enjeux mondiaux de leur époque et capables de les analyser.

1/ La politique de développement est l’affaire de toutes et de tous

L’éducation au développement et à la solidarité internationale est multi thématique, elle vise à changer les mentalités et les comportements de chacun dans le but de contribuer individuellement et collectivement à la construction d’un monde juste, solidaire et durable.
(Extrait du référentiel de la plate-forme Educasol).

Son objectif : Que les citoyens soient concernés par les enjeux des relations Nord/Sud, les mécanismes d’interdépendance, les inégalités et les questions de développement. Ces sujets ne relèvent pas de la seule responsabilité des Etats et des institutions internationales. Cette prise de conscience passe par l’accès à une meilleure information et par l’émancipation économique, sociale et politique.


2/« Le développement a besoin des citoyens »

L’éducation au développement est citée dans le document publié en
2011 par le Ministère des Affaires étrangères sur « la Stratégie de la coopération au développement : « La mobilisation de l’opinion publique est nécessaire pour générer de nouvelles dynamiques favorables au développement…..Dans cette perspective, les actions d’éducation au développement, dans le cadre public ou à l’initiative de la société civile, recevront une attention particulière ».

En effet, l’EAD-SI encourage les citoyens à se former, à acquérir les compétences qui leur permettront de développer leur esprit critique. Elle est à la fois un acte éducatif, tout au long de la vie et un acte Politique, au sens Citoyen qui s’engage dans la vie de la Cité.

« L’EAD fournit une structure au sein de laquelle le public peut évaluer l’aide et le développement de manière critique. Les approches d’aide et de développement peuvent être questionnées de manière constructive, sur cette base, la société civile peut préconiser une amélioration des politiques de développement » (Extrait du texte de CONCORD : Le développement a besoin des citoyens »).

Elle n’a ni pour but de justifier ou de communiquer sur l’APD, ni celui de soutenir la politique de développement.

3/ Un enjeu de structuration pour la société civile

En France, le terme d’EAD-SI fait l’objet de débats qui correspondent à un enjeu conjoncturel fort : celui de promouvoir l’émergence d’une citoyenneté active. En juillet 2012, une déclaration écrite sur l’EAD-SI et la citoyenneté mondiale a été signée par le parlement européen qui préconise que l’EAD-SI doit être placée au cœur des politiques européennes de développement : « En période d’austérité, de crises et de multiplication des mouvements nationalistes et populistes, il est particulièrement important d’encourager une citoyenneté mondiale active ».

4/ Un enjeu éducatif

Changer les représentations, lutter contre les stéréotypes, contribuer à la compréhension des interdépendances environnementales, économiques, sociales et culturelles à l’échelle mondiale, donner aux jeunes des clés de compréhension des déséquilibres mondiaux et encourager leur réflexion sur les moyens de réduire la pauvreté et les inégalités, sont des éléments inscrits dans les différentes circulaires du MEN. Si l’éducation est émancipatrice et tend à former des élèves informés, conscients, responsables de leurs choix, l’éducation au développement (durable) et à la solidarité internationale doit aussi être partenariale et permettre l’ouverture au monde des structures éducatives.

5/ Un enjeu politique

L’AFD a financé une cartographie sur l’EAD-SI. Une des conclusions, véritable défi pour l’avenir de l’EAD-SI est « le manque de reconnaissance de l’EAD en tant que stratégie prioritaire de la politique de développement ».

Renforcer l’EAD-SI comme élément stratégique des politiques publiques serait un signe fort en direction de l’opinion publique : les citoyens ne seraient pas seulement sollicités comme contribuables, mais comme citoyens responsables. Dans un dernier sondage les français demandent à 66% plus d’informations sur l’APD, et 63% restent solidaires malgré la crise.


Quelques recommandations :

- Favoriser la création de lieux de concertation paritaires/multi-acteurs prenant en compte l’ensemble du territoire. Ces lieux de concertation constituent également un enjeu pour « la cohérence des politiques publiques » dans un objectif d’inter ministérialité (CICID) ;

  • Dans la perspective d’une interministérialité, il est souhaitable
    d’associer à ces discussion au sein du ministère des affaires étrangères, le ministère de l’éducation nationale, le ministère de l’agriculture, l’AFD, le ministère chargé de la jeunesse et Cités Unies France (CUF).
  • S’ouvrir à des expériences européennes qui ont fait de l’EAD-SI
    un véritable sujet porteur d’enjeux forts dans leurs politiques publiques (Belgique, Portugal, Espagne, Pologne notamment avec les stratégies multi acteurs mises en œuvre) ;
  • Augmenter l’enveloppe financière en baisse constante dédiée à
    l’EAD-SI (aujourd’hui de 0,02% de l’APD avec environ 3,5Millions
    d’€) alors que 3% sont préconisés par l’ONU.

Pour prendre connaissance plus en détail des textes cités et approfondir sa réflexion sur les enjeux de l’EADSI (référentiel et texte de positionnement d’Educasol, Point sur l’évolution des concepts,La déclaration écrite européenne signée par les parlementaires…) : www.educasol.org


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