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La durabilité environnementale : un principe clé à inscrire dans l’agenda post-2015 (23/11/2012) - Par Anne CHETAILLE, WWF France

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Le WWF soutient les grands principes formulés dans la note de cadrage, à savoir la nécessité de s’appuyer sur les résultats des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), de privilégier une approche intégrée de la lutte contre la pauvreté et du développement, et de travailler sur un cadre global tout en intégrant les réalités nationales et locales. Cependant, la question de la durabilité environnementale reste abordée de façon trop superficielle et mériterait d’être davantage approfondie. Pour cela, rappelons que le rapport de la Task-force des Nations unies « Realizing the Future We Want for All » identifie la durabilité environnementale comme une dimension qui doit être au cœur de l’agenda post-2015. Un cadre mondial sur le développement qui échoue à prendre en compte le rôle de l’environnement et des services écosystémiques pour les besoins de développement ou l’impact de modes de production et de consommation non durables sur la dégradation de l’environnement n’apportera pas de solutions à long-terme, ni pour les humains, ni pour la nature.

Le WWF soutient le constat fait dans la note, selon lequel les OMD ont eu un rôle catalyseur et mobilisateur à un certain niveau pour mettre la lutte contre la pauvreté au cœur de l’agenda des bailleurs, de favoriser une meilleure planification des actions dans ce domaine, etc. Des progrès considérables ont été faits dans les secteurs de la santé et de l’éducation en particulier. Cependant, l’environnement a été le parent pauvre des OMD dès l’origine. Il y a néanmoins très peu de cibles quantifiables dans l’OMD n°7 sur la durabilité environnementale.
Si l’accès à l’eau et l’assainissement (7c), ainsi que dans une moindre mesure, l’amélioration des conditions de vie dans les habitats précaires (7d), bénéficient de cibles quantifiables, ce n’est pas le cas de l’objectif sur le développement durable (7a) et de celui sur la perte de biodiversité (7b). Par conséquent, l’OMD 7 a été de facto et le plus souvent réduit aux questions d’assainissement et d’habitat précaire.
Capitaliser suppose de faire un bilan. Dans le domaine de l’environnement, de nombreux voyants sont au rouge. Les négociations internationales sur l’environnement achoppent en grande partie sur les questions de développement. Au niveau des pays, les coûts environnementaux sont encore trop peu pris en compte dans les politiques, les prix et les décisions d’investissement. Dans les pays en développement en particulier, des problèmes de définition et reconnaissance des droits d’usage et d’accès aux ressources naturelles viennent contribuer à la dégradation de l’environnement et également à une fragilisation de certaines populations dépendant directement de l’accès à ces ressources pour leur subsistance (voir par exemple les enjeux en matière d’accaparement des terres).

Comme constaté dans la note, une approche pluridimensionnelle du développement est nécessaire. L’approche sectorielle en silo adoptée dans les OMD a montré ses limites. Elle n’a pas permis de s’attaquer aux problèmes systémiques et en particulier en ce qui concerne les questions d’environnement. Le nouveau cadre mondial doit remettre en question le modèle économique existant prédominant dans les OMD, basé sur l’exploitation non durable des ressources naturelles. La recherche d’une approche intégrée suppose également celle d’une convergence entre les différents processus touchant au développement, en particulier celui post-Rio+20. Des liens avec les accords multilatéraux sur l’environnement doivent être également privilégiés.

Le WWF soutient la nécessité de construire cet agenda développement post-2015 en concertation avec toutes les parties prenantes, et en particulier dans les pays en développement. Au sein de ce cadre, l’égalité dans la gouvernance et dans les droits, la démocratie participative et équité dans l’accès aux et l’usage des ressources doivent être des moteurs de l’action collective. Les rôles et les obligations doivent être définis de façon adaptée au contexte des pays.

Il faut un cadre flexible pour répondre aux enjeux de pauvreté qui différents selon les régions et les pays. En conséquence, les objectifs et indicateurs doivent être identifiés en partant des pays pour mieux prendre en compte les points de départ de chacun d’entre eux. En outre, ce nouveau cadre doit inclure les pays riches, et le développement des pays à revenus intermédiaires (PRI) et des pays émergents, condition nécessaire pour que la question des modes de production et de consommation soit traitée de façon cohérente.

Cet agenda doit inclure des mécanismes de « redevabilité/ transparence » à tous les niveaux – international, national et local, dans lesquels la société civile, les médias, les parlements nationaux, etc. doivent être des acteurs à part entière.

En ce qui concerne le financement, il faut mobiliser les ressources domestiques mais aussi impliquer de nouveaux bailleurs dans les pays émergents et développer des mécanismes de financements innovants. Pour le WWF, il y a beaucoup à apprendre des nouveaux bailleurs. Il est également nécessaire d’éviter la multiplication des fonds verticaux et veiller à une harmonisation afin de réduire les coûts de transaction.


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