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L’APD française, la transition écologique et le développement durable (10/02/2013) - par Sébastien GALY pour la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) œuvre pour la transition écologique et le développement durable de nos sociétés. Elle pense que cette transition est une nécessité historique pour toutes les nations quelles que soient leur place dans la mondialisation. Il est donc essentiel que la politique de coopération internationale et l’aide publique au développement deviennent des leviers au service de stratégies de développement durable définies par les pays du Sud. Mais, pour avoir un sens, elles doivent s’appuyer sur les efforts que les gouvernements et les « acteurs majeurs » des pays du Nord auront eux-mêmes engagés dans ce nécessaire changement de cap.

Dans cet esprit, la FNH souhaite apporter sa contribution sur deux points qu’elle estime majeurs : le lancement des Objectifs du développement durable (ODD) et les mécanismes de repérage et de diffusion des innovations permettant les transitions économiques, sociales et environnementales.

Pour des objectifs du développement durable triplement universels :

Nous devons bâtir les ODD (2015-2030) à partir du bilan des OMD (2000-2015). Les objectifs (OMD) destinés aux pays du Sud, de nature sociale et centrés sur l’action gouvernementale doivent évoluer vers des objectifs (ODD) triplement universels :

- En s’adressant à tous les pays, car tous doivent s’engager dans la transition écologique et le développement durable, même si les itinéraires partent de situations différentes.

- En prenant en compte toutes les composantes du développement durable, principalement les composantes économiques, sociales et environnementales.

Les ODD doivent dépasser une logique d’action sociale s’appuyant sur l’APD des pays du Nord.

- En permettant à chaque famille d’acteurs de préciser leur part d’engagement dans l’action locale ou internationale pour la réalisation des ODD (prenons les 9 major groups définis à Rio en 1992 :
ONG, syndicats, entreprises, collectivités territoriales, organisations féminines, peuples indigènes…). Au rôle traditionnel d’observateurs critiques de l’action des gouvernements s’ajouterait la contractualisation de leurs participations à l’action collective internationale.

Chacune de ces réorientations s’exprime simplement, mais elles représentent un changement de paradigme dans la pratique de la coopération internationale.

Il faudrait proposer une dizaine d’objectifs permettant l’éradication de « maux publics mondiaux » et/ou la promotion des « biens publics mondiaux » correspondants.

Plutôt que des mots statiques, on donnera la préférence à des processus dynamiques permettant de considérer les chaines causales des maux à combattre. Par exemple :

- S’agissant de la « pauvreté », on cherchera à s’attaquer aux processus de paupérisation et à soutenir des dynamiques reposant sur le juste partage et le travail rémunéré décemment.

- S’agissant de « l’énergie », on cherchera à la fois à réduire la consommation des énergies fossiles au profit des renouvelables tout en menant des efforts d’économie d’énergie.

- S’agissant de « l’alimentation », on cherchera à privilégier la production locale de biens alimentaires assurant à la fois le développement des agricultures familiales et le maintien des écosystèmes productifs et des ressources naturelles qui leurs sont liées (eau, sol, biodiversité…).

-

La communauté internationale pourrait donc retenir une dizaine de grands objectifs du développement durable (2015-2030) et s’accorder sur :

- Un partage des responsabilités et des engagements entre les gouvernements et chacun des « major groups ».

- Des plans stratégiques proposés par les pays et les familles d’acteurs incluant les étapes d’ici 2030 (indicateurs d’étapes, modes d’affichage des résultats…)

- Des programmes multi-acteurs se référant à l’un ou l’autre des ODD et des dispositifs internationaux de suivi, de contrôle, d’incitation…

Repérage, validation et démultiplication d’innovations nécessaires à la transition écologique :

L’innovation est au cœur de la transformation des systèmes économiques, sociaux ou écologiques. Le monde de l’entreprise, avec le système des brevets, et le monde de la recherche, avec le système des revues scientifiques, assurent une capitalisation exhaustive mondiale des nouvelles connaissances ou des innovations. Il en va tout différemment des innovations locales, portées par des acteurs de terrain (notamment les ONG). Pourtant, ces acteurs qui œuvrent dans le champ économique, social ou environnemental sont très majoritaires dans certains pays et portent l’essentiel de l’espoir de réalisation des ODD. L’absence de « mémoire » organisée de ces innovations décentralisées entraine une déperdition considérable du potentiel de transition écologique et d’évolution vers le développement durable.

Afin de pouvoir repérer, valider puis démultiplier les innovations nécessaires à la transition écologique, nous proposons que la politique de coopération inclue l’élaboration d’outils et de fonctions permettant de valider et de faire connaitre ces innovations à grande échelle. Un programme d’ampleur nationale, voire internationale, pourrait être conçu et lancé en lien avec les acteurs publics et privés de la coopération française.

La FNH est engagée sur ces deux fronts. Elle est disposée à collaborer avec les acteurs publics et privés de la coopération française qui partageraient ces vues.


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