Accès rapide :

Favoriser l’agriculture et la restauration des terres (06/02/2013) - par Marc BIED-CHARRETON, Prof.émérite à l’université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, Président d’honneur du CSFD, membre du conseil scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Il y a dans les pays en développement (PED) plus de 2 milliards de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté et qui ne disposent d’aucun fonds pour investir, en particulier dans l’agriculture. Elles utilisent 40% de la planète et sont soumises aux aléas climatique et environnementaux (aggravation des risques de sécheresse et inondations, érosion, baisse de la fertilité), aux aléas économiques (prix agricoles instables) et aux aléas sociaux et sociétaux (insécurité, pauvreté,manque d’Etat et de société civile organisée).

Or notre aide publique au développement (APD) baisse, la part des dons est infime, elle n’arrive pas aux destinataires finaux (agriculteurs, éleveurs, chômeurs,…). La part consacrée à l’agriculture est inférieure à 5% alors qu’il est rentable d’investir dans ce secteur. Les instances mondiales (FMI, OMC, Banque mondiale) refusent d’instaurer des zones de prix agricoles stables alors que nous avons la politique agricole commune (PAC) depuis 50 ans…On laisse la société civile et l’argent des migrants panser les plaies de cette situation intolérable et parer aux dépenses les plus urgentes (alimentation, santé, logement, école). Le montant total du transfert des migrants est supérieur à 200 milliards d’euros par an alors que l’APD est de 100, que les investissements directs à l’étranger (IDE) sont inférieurs à l’APD et que les banques locales ne prêtent rien aux populations pauvres qui n’ont pas de garanties.

Que devrait être notre politique ? - faire progresser l’APD jusque 0,7% de notre PIB et la réserver aux investissements de fonds comme l’agriculture et l’élevage, la réhabilitation et la restauration des terres, l’éducation et la formation ; l’organisation de la société civile et d’un Etat de droit. - cesser l’aide sur projets de courte durée et modifier notre dispositif trop "bancaire" et clientéliste et qui ignore la société civile.- contrôler mieux notre APD multilatérale, nous sommes trop absents de ces instances.- imposer des zones de prix stables et des circuits préférentiels pour les produits agricoles et d’élevage, favoriser la transformation sur place.- mettre en place des vraies politiques de co-développement, ie utiliser conjointement les moyens de l’APD, les crédits privés en agissant auprès des banques,favoriser l’utilisation conjointe de l’argent des migrants et du micro-dédit.
Sinon on risque de voir la pauvreté s’accroître dans le monde ainsi que l’instabilité et l’insécurité, les migrations.


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014