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Contribution du Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM) - deuxième partie (23/01/2013)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

En orientant la coopération internationale vers les Biens Publics Mondiaux (BPM), le FORIM estime que le tournant vers les Objectifs du Développement Durable (ODD) constitue une opportunité immense pour rompre avec le surplomb qui a prévalu dans la définition des ODM et plus largement dans les politiques d’Aide menées depuis 60 ans (voir Contribution du FORIM au Assises du Développement : Chantier n°1 – doc n°1 : « Quelle vision pour le développement post 2015 ? »)

Questionnements sur l’objectif de lutte contre la pauvreté

La rupture avec la démarche antérieure se manifeste par une série d’interrogations sur l’axe central autour duquel ont été bâtis les ODM : la « lutte contre la pauvreté ».

  • On peut ainsi questionner l’objectif de réduction de la pauvreté, d’abord pour son caractère stigmatisant. La compassion permanente (hors situations d’urgence) peut-elle fonder des coopérations qui permettent l’autonomie des sociétés perçues comme assistées ? Le proverbe africain dit : « la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit »
  • On peut aussi s’interroger sur sa définition : la pauvreté est-elle réduite à sa dimension monétaire (c’est la pauvreté vue du Nord) ? Au manque de capacités (selon Amartya Sen) ? À l’absence de liens ? (le proverbe africain dit : « est pauvre celui qui est seul, sans le secours de son entourage »). La pauvreté est-elle la même signification dans les rues d’Asie du Sud, dans les campagnes africaines, dans les bidonvilles d’Amérique latine, dans les grandes villes d’Europe ?
  • On peut enfin s’interroger sur l’efficacité de l’entrée par la pauvreté pour agir sur le développement. Facilite-t-elle la mise en route du développement qui est un processus fondamentalement endogène ? Le proverbe africain dit : « on ne peut aider à relever un bœuf que s’il cherche à se relever lui-même ». Or le processus de développement implique une série de ruptures. Donc agir sur le développement doit composer avec les résistances de différents acteurs, car cela bouscule les traditions et les intérêts établis. Il faut alors s’allier avec les personnes et les groupes qui s’engagent dans les actions de développement et souvent, ce ne sont pas les plus pauvres qui ont les capacités à faire ce pas en premier. L’action de développement doit être conçue de manière participative avec toute la population et avoir le souci des retombées sur toute la population, y compris les pauvres.
    C’est par ce processus que les pauvres sont concernés par le développement au niveau de l’action de terrain.

Au total, ces interrogations expriment le refus du processus normatif qui avait prévalu pour la définition des OMD. Leur prise en compte (au moins comme interrogation) dans la définition de nouveaux objectifs des relations internationales pour l’après 2015 pourrait être le signe que la démarche actuelle est véritablement plus équilibrée.

Ce rééquilibrage des relations Nord-Sud rencontrerait un écho très favorable auprès des sociétés civiles des pays du Sud, qui constatent trop souvent que les relations de coopération s’établissent au-dessus de leur tête pour des retombées dont elles sont exclues.

Etablir des relations de confiance sur le long terme

A l’échelle nationale, le renforcement des relations entre les Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (OSIM) et les pouvoirs publics pourraient participer de ce rééquilibrage, en consolidant les relations de confiance sur le long terme.

Ces relations comprennent trois dimensions : reconnaissance, soutien et consultation pour l’élaboration des politiques publiques, tant pour l’intégration ici que pour les actions de développement là-bas.

Le FORIM est également attaché à la cohérence de ces politiques, notamment entre celles tournées vers l’intégration et celles portant les actions de développement.


Propositions :

Pour renforcer les relations de confiance le FORIM propose à ses membres et à ses divers partenaires les actions suivantes :

- La mise en place d’un groupe de réflexion sur le rôle des OSIM dans les pays « en voie d’émergence »…

- La mise en place d’un groupe de réflexion sur le rôle des OSIM dans les pays arabes en pleine mutation…

- La création d’une base de données de projets innovants d’OSIM notamment des projets de développement territorial endogène, de création d’activités économiques, des projets multi-acteurs (projets « CD² » coopération décentralisée – codéveloppement avec des collectivités locales, avec des OSI, des universités…)


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