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Contribution de la Croix-Rouge française (04/01/2013) - par Antoine PEIGNEY, directeur des relations et des opérations internationales de la CRF

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Le risque lié aux catastrophes naturelles s’est amplifié ces dix dernières années  ; du fait notamment de l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des désastres d’origine hydrométéorologique.

Le changement climatique est certainement en partie la cause de ces catastrophes. Notre sujet ici est de mieux préparer les populations les plus vulnérables aux conséquences elles-mêmes de ces crises.
Les catastrophes peuvent être :

  • Récurrentes (cyclones, moussons, sécheresse), les catastrophes sont alors prévisibles et on peut réduire le risque en agissant sur la prévention (écoulement des eaux, constructions adaptées), et la préparation des populations (alerte, évacuation).
  • Soudaines (tremblement de terre, éruption) ou lentes (montée des eaux), on connait les zones à risque, et on peut limiter les conséquences en préparant les populations (connaissance du risque, mesures d’anticipation), en diminuant l’impact de la catastrophe (constructions anti sismiques), et dans les deux cas en formant les acteurs à une intervention rapide et de qualité qui limiterait d’autant un déploiement international.

L’agenda des OMD n’avait pas pris en compte ce sujet, imaginant sans doute qu’il devait relever d’autres logiques budgétaires liées aux urgences. Mais en même temps, en France, la Cour des comptes dans son audit des dépenses liées au tsunami asiatique de décembre 2004 avait reproché à la Croix-Rouge française d’avoir réservé une partie de ses fonds à des programmes de réduction du risque dans les pays qui venaient d’être affectés par cette catastrophe. Et encore aujourd’hui ni l’Agence française du développement ni le Centre de Crise du Ministère des affaires étrangères ne se sentent comptables de la prise en charge budgétaire de ce sujet car il est bien à l’intersection de leur mandat respectif.

En effet, s’il est vrai que la réduction du risque est liée à la logique du cycle de gestion d’une réponse d’urgence, il est aussi évident que son action durable l’intègre nécessairement à l’agenda de l’aide au développement. C’est par ce sujet qu’urgence et développement trouvent leur dénominateur commun, prenant en compte tous les deux la nécessité d’inclure des mesures visant à réduire le risque de futures catastrophes que ce soit dans les opérations de réhabilitation, reconstruction comme dans les programmes de développement à long terme.

- Une première proposition est qu’après 2015, l’agenda mondial de l’aide ne distingue plus l’urgence du développement car la qualité du second réduira toujours les besoins en matière d’urgence. Nous parlons là bien entendu des crises liées aux catastrophes naturelles et sanitaires et pas des conflits armés dont les causes peuvent être parfaitement déliées d’un niveau de développement du pays affecté.

- Une deuxième proposition serait qu’un nouvel agenda de priorités après 2015 intègre verticalement et très concrètement le sujet de la réduction du risque lié aux catastrophes naturelles, la préparation des populations à leur impact, et la formation des acteurs à leur intervention.


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