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Une recherche solidaire et une ambition de diplomatie scientifique (24/01/2013) - par Patrick CARON, directeur général délégué à la recherche et à la stratégie du CIRAD

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Le Cirad a présenté ses orientations pour les dix prochaines années dans un document de « vision stratégique » qui explicite les valeurs, les ambitions et les priorités qui vont guider son action. Dans un contexte où l’agriculture a et aura un rôle central à jouer dans la résolution des grandes questions liées à la gestion du vivant, à l’alimentation et à l’environnement, le Cirad produira avec ses partenaires des connaissances contribuant aux innovations dans les pays du sud et l’outre-mer français, facilitant l’adaptation de l’agriculture à ces nouveaux défis.

La conviction qui anime notre établissement est qu’une société ne saurait se développer sur le long terme sans être impliquée elle-même dans la production des connaissances dont elle a besoin pour imaginer et concevoir ses propres réponses et construire son futur. La promotion de la culture scientifique et de la capacité à produire des connaissances sont acte de développement. Seul ce renforcement de la culture scientifique dans les pays les plus démunis permettra de réduire la fracture entre les pays et de cheminer vers un développement durable à l’échelle planétaire. Alors que la perception de la recherche est généralement limitée à la promotion de l’innovation, facteur de compétitivité, le Cirad œuvre au développement d’une pratique solidaire de la recherche scientifique, basée sur le partenariat, à même de relever les défis du développement durable.

Notre ambition pour la recherche est donc bien de contribuer à l’approche du développement définie par le Président de la République « C’est en travaillant à l’intégration de tous les pays dans le jeu mondial — c’est la responsabilité de la France — que nous éviterons la marginalisation de certaines populations qui ne parviennent pas à sortir de la pauvreté….Ce n’est pas simplement un enjeu de solidarité, c’est un enjeu de sécurité par rapport à un certain nombre de menaces » .

Le dispositif français (ONG, collectivités territoriales, ministères, opérateurs scientifiques, agence de développement) est porteur de valeurs originales et d’innovations, mais il est notoirement fragmenté et sa visibilité internationale en pâtit. Le besoin d’espaces de dialogue et de coordination est patent. Les synergies et complémentarités avec l’AFD sont un domaine où cette cohérence pourrait mieux s’exprimer. L’expérience du Groupe Interministériel sur la Sécurité Alimentaire (GISA) représente un exemple de renforcement de la cohérence des interventions des opérateurs français, ainsi que de leur présence et capacité d’influence dans les instances multilatérales.

Pour relever le défi d’une recherche solidaire pour le développement, le Cirad travaille dans trois domaines :

- Le premier porte sur la conception de nouveaux systèmes techniques et la production de connaissances dans le domaine agricole et du développement rural, selon ses priorités stratégiques (intensification écologique, valorisation de la biomasse, sécurité alimentaire, approche territoriale,…).

- Le second vise à éclairer les mutations en cours et à contribuer ainsi à une meilleure maitrise des transformations. La recherche doit pour cela analyser les voies du changement, sans craindre d’affronter débats et controverses. Aux interfaces entre science et politique, il lui faut renforcer les capacités d’élaboration des politiques publiques au sud concernant les acteurs du monde rural et l’alimentation.

- Enfin, il agit pour maintenir la diversité des approches et des savoirs, promouvoir au travers de réels partenariats l’insertion des communautés scientifiques des pays du sud, dans toute leur diversité, dans l’espace mondial de recherche.

Un engagement du Cirad dans de nouvelles initiatives Pour mieux valoriser la capacité scientifique française au bénéfice du développement, le Cirad s’engage pour une recherche plus solidaire, selon les 4 directions suivantes  :

- 1) Renouveler les pratiques, s’investir dans la formation, consolider les partenariats avec les communautés scientifiques du sud pour renforcer leurs compétences et leur autonomie ;

- 2) Améliorer la capacité de la recherche à identifier les questions les plus pertinentes en valorisant la richesse des regards croisés biologique X technique X institutionnel. Produire des connaissances validées et s’insérer dans les systèmes d’innovation, en partenariat avec les organisations professionnelles du sud, les administrations et tous les acteurs du développement. Affirmer l’innovation comme objet et champ de recherche en tenant compte de ses multiples dimensions et participer activement à une réflexion sur les liens entre innovation et action publique ;

- 3) Valoriser les compétences complémentaires et synergies possibles entre opérateurs français de l’administration, du développement (dont les ONG), de la recherche et de l’enseignement (y compris le monde universitaire) dans des initiatives de développement international, en s’adossant aux instruments interinstitutionnels prévus à cet effet (Agreenium, Aird, alliances de recherche) ;

- 4) Contribuer à poser les bases d’une nouvelle gouvernance mondiale de la recherche agronomique au travers d’une véritable diplomatie scientifique, en lien avec nos tutelles.


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