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Trois leviers d’action pour assurer la pérennité des petites entreprises (24/01/2013) - par Rafael PANIAGUA, responsable de la coopération internationale à l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Le dispositif de coopération du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) s’appuie sur une approche fondée sur l’identification rigoureuse des besoins locaux ; la mise en cohérence des actions des différents intervenants ; le souci d’un bon ancrage local ; et la priorité à la mobilisation de compétences locales.

1) Au niveau micro, le renforcement des compétences techniques, entrepreneuriales et commerciales des artisans : programmes de compagnonnage artisanal

Le compagnonnage artisanal vise à renforcer les compétences des chefs d’entreprise et des artisans pour qu’ils puissent proposer une offre de produits diversifiée, ainsi qu’à créer les conditions d’émergence d’une dynamique de mutualisation et de construction de partenariat autour d’objectifs économiques concrets.

La mobilisation d’artisans français, appuyés par une équipe locale de coordination, permet d’identifier aussi l’offre de services d’appui adaptée pour favoriser l’accès des entreprises artisanales aux marchés les plus porteurs. Les missions de compagnonnage artisanal se déroulent selon trois étapes :

  • un diagnostic d’entreprise permettant de définir les besoins et priorités d’accompagnement,
  • un accompagnement et des préconisations individuelles et collectives,
  • la conception et réalisation d’une action collective par chaque groupe d’artisans pour capitaliser dans la durée les acquis des missions.

L’APCMA appuie également ses partenaires africains, lorsque les conditions sont réunies, pour développer des centres de ressources professionnelles (CRP). Les CRP s’appuient sur une volonté de mutualisation et de construction de partenariats pour améliorer le positionnement des petites entreprises sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux. Le dispositif de compagnonnage artisanal précité est l’étape préalable et indispensable pour vérifier si les conditions sont réunies pour assurer la pertinence, l’efficacité et la pérennité des CRP :

  • Les besoins réels du métier ou de la filière ont été identifiés,
  • Une appropriation de l’outil par les groupes d’artisans concernés a été assurée,
  • Les corps intermédiaires développent des partenariats institutionnels et économiques.

2) Au niveau méso, le renforcement des corps intermédiaires : programmes de compagnonnage institutionnel

Le compagnonnage institutionnel vise à renforcer le rôle de représentation et de construction de partenariats des corps intermédiaires ainsi que leur capacité à apporter des services aux entreprises membres, sur la base d’une identification fine des mécanismes d’accompagnement les plus adaptés à chaque métier et dans chaque région. Ce dispositif permet ainsi d’accroitre la légitimité des corps intermédiaires et de favoriser l’adhésion des petits entrepreneurs à ces organisations.

Le compagnonnage institutionnel bénéficie de la mobilisation d’experts de haut niveau du réseau des CMA, chargés de la réalisation de missions de diagnostic économique et institutionnel, de formation des élus et cadres, d’accompagnement administratif ou méthodologique, de définition d’une offre de services… Les programmes de compagnonnage institutionnel se déroulent selon trois étapes :

  • élaboration des termes de référence et des outils méthodologiques,
  • diagnostic de terrain afin d’identifier les problématiques, les bonnes pratiques et de formuler des préconisations,
  • l’accompagnement lui-même à distance ou sur le terrain.

3) Impulsion de politiques en faveur de l’artisanat : actions de plaidoyer et travail d’influence

Afin de faire reconnaitre l’artisanat et la PME comme un levier du développement économique et social durable dans les pays du Sud, la mise en place d’un dispositif d’incitation à la déclaration de l’entreprise dans le secteur formel et de promotion de d’une culture entrepreneuriale est indispensable. Ce dispositif doit favoriser la structuration de la petite et moyenne entreprise et être incitatif pour l’Etat, pour les chefs d’entreprise eux-mêmes et pour leurs salariés.

L’APCMA et le réseau de CMA plaident donc pour la mise en place d’un processus de structuration de la PME, qui accorde aux chefs d’entreprise un statut favorable et qui mette les chambres consulaires au cœur d’un dispositif d’offre de services incitatifs à la formalisation. Trois champs d’application sont proposés :

  • encourager les initiatives en matière de protection sociale, de droits d’accès aux médicaments et à la retraite, en lien avec l’appartenance à une chambre consulaire et/ou à une organisation professionnelle,
  • généraliser des mécanismes d’accès à certains crédits aux seuls ressortissants des chambres consulaires,
  • mettre en place un régime fiscal adapté et incitant à la formalisation des entreprises en échange d’un accès accru et opportun aux services d’appui.

Il s’agit, en somme, de mettre le secteur de la PME, les entreprises artisanales qui le composent, notamment les entreprises émergentes et les entreprises structurées, parmi les premières priorités de développement à l’horizon 2013 – 2018. Un travail d’élaboration, de négociation, d’adoption et d’application d’une politique africaine pour la PME et l’entreprise artisanale, sorte de « Small business act » pour les pays africains, doit ainsi être engagé.

Des actions de plaidoyer sont indispensables. Elles mobilisent essentiellement les élus et dirigeants de l’artisanat français et du réseau consulaire franco-africain. Elles devraient se traduire par :

  • la sensibilisation des élus et hauts responsables à la charte PME élaborée par la CPCCAF,
  • la participation aux instances de réflexion, de concertation et de coordination,
  • une réflexion autour de l’accès aux marchés nationaux, aux marchés publics et aux marchés africains.

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