Accès rapide :

Renforcer l’innovation, le développement et l’utilisation de solutions appropriées et durables au service des pays du Sud (08/02/2013) - par Yves KNIPPER, directeur de l’association au service de l’action humanitaire (ASAH)

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Entreprises, structures de l’ESS, ONG et instituts de recherche portent souvent des solutions innovantes au service du développement.
Comment mieux connaître, utiliser et diffuser ces innovations ? Comment résoudre la difficile équation du modèle économique d’une diffusion à grande échelle de ces innovations ?

Constat d’un manque de capitalisation :

Au contact de nombreuses organisations de solidarité internationale, nous rencontrons régulièrement des acteurs qui cherchent à inventer de nouvelles solutions correspondant aux besoins des populations des pays en développement (PED). Or, bien souvent, des solutions semblables existent déjà dans un pays ou un autre.

L’innovation est essentielle, mais lorsque des solutions ont déjà été trouvées, l’innovation par répétition implique un double effort de recherche et de développement et donc une trop grande dépense d’énergie, de temps et d’argent. Il faut donc assister les ONG dans la préparation de leurs programmes de développement, en facilitant la recherche de la solution adéquate. Pourtant, actuellement, nous faisons le constat d’un manque de capitalisation des solutions existantes. En effet, il n’existe pas ou peu d’outils de capitalisation répertoriant des solutions techniques qui prennent en compte l’ensemble des critères de choix déterminants qu’ils soient techniques, sociaux ou culturels.

Informer, communiquer pour faire connaître et diffuser les solutions innovantes

Afin de remédier à ce manque de capitalisation, il serait bénéfique d’accentuer les efforts d’information et de communication auprès des acteurs de la solidarité internationale.

Rassembler sur un même site une offre de solutions innovantes issues d’entreprises, d’ONG et d’instituts de recherche serait un moyen de fournir des informations sur leur utilité, leur fonctionnement, leur coût, etc. Une telle exposition permettrait une découverte des solutions dans leur contexte et donc une appropriation plus aisée et accélérée.
Il serait également un lieu de rencontres et d’échanges entre acteurs venus visiter l’exposition.

La diffusion des technologies existantes et des innovations serait, par ce biais, supérieure à celle que nous connaissons actuellement et viendrait en aide à la préparation des programmes de solidarité et de développement durable dans les PED.

Faciliter le transfert et l’appropriation des technologies innovantes par tous les partenaires :

Si informer et communiquer sont deux étapes primordiales, il ne faut toutefois pas s’arrêter là, car cela n’aboutirait pas systématiquement à une bonne utilisation des technologies.

Une formation des acteurs est essentielle, afin de garantir une utilisation optimale des solutions et limiter les risques qui pourraient naître d’une mauvaise connaissance du produit. Certaines innovations ou technologies nécessitent en effet des compétences spécifiques (ex. le photovoltaïque). La formation pourrait être suivie sur le site-même de l’exposition, privilégiant une formation concrète sur des solutions mises en situation.

Par ailleurs, l’atout d’une formation complète dès l’acquisition de la solution assure une meilleure transmission par la suite sur le terrain.
L’objectif en effet est de former les acteurs locaux bénéficiaires des technologies à leur utilisation dans une perspective d’autonomie et de durabilité.

Favoriser l’émergence d’innovations :

La multiplicité des acteurs présents sur le site de l’exposition favoriserait la circulation des connaissances et la capitalisation des expériences de chacun. En outre, des synergies et de nouveaux partenariats pourraient voir le jour. Ainsi, start-up, PME, ONG, centres de recherche, acteurs de la solidarité internationale pourraient se regrouper afin de rechercher des solutions adaptées et durables répondant aux problématiques mal ou non résolues recensées par les acteurs de terrain.

Au-delà du laboratoire d’idée, une évaluation des solutions qui auraient ainsi émergé, permettrait de vérifier l’adéquation au milieu et l’impact écologique, tant du point de vue de leur approvisionnement énergétique que de leurs émissions ou de la recyclabilité de leurs composants.

Enfin, il s’agirait de s’interroger sur les possibilités de fabrication dans les PED de tout ou partie de ces technologies afin d’une part de ne pas créer de nouvelles dépendances jusqu’alors inexistantes et d’autre part d’agir significativement sur le modèle économique.

Quelle proposition ?

Ces réflexions ont déjà été menées par ASAH avec l’objectif d’accroitre significativement la diffusion de solutions innovantes tout en agissant sur le modèle économique.

Elles ont débouché sur la mise en place d’un nouveau programme : EDDENS est un lieu d’exposition des solutions au service du développement durable et de la solidarité internationale, dans les domaines de l’eau & assainissement, de l’énergie, du recyclage, de l’agriculture et de l’alimentation. Il est aussi un lieu d’accueil, de conseil et de recherche de financement pour les acteurs ayant un projet de création. Il se veut être un réel incubateur d’innovation, favorisant la création de groupes de recherche entre divers acteurs. Ce programme permet d’accompagner les expatriés se trouvant en grande difficulté à leur retour de mission. En travaillant sur le site d’EDDENS, ces anciens expatriés peuvent se réinsérer progressivement dans la vie sociale et professionnelle française.

EDDENS ouvrira ses portes en 2013, en Région Rhône-Alpes, au cœur de la BioVallée. www.eddens.org


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014