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Quelles innovations, quels types de recherche pour le sud (10.02.13) - Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM)

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Quelles Innovations pour le SUD ?

Il faut créer un mécanisme permettant que des innovations technologiques, mises au point au Nord, aident au développement des pays du Sud, sans que ceux-ci n’aient à payer des coûts excessifs, lorsque ces pays sont des pays extrêmement pauvres. Il faudrait inventer pour ces pays du Sud, un mécanisme de prise en charge d’une partie des coûts par l’aide publique au développement (APD) pour que, des coûts trop élevés ne freinent pas l’accès des pays du Sud à ces technologies, surtout pour certaines innovations qui se révèlent beaucoup plus importantes pour les pays du Sud que pour les pays développés eux-mêmes. Il faut mettre en place des groupes d’experts qui permettent de prévoir que ces innovations technologiques pourraient être extrêmement importantes pour le Sud : ces groupes peuvent êtres composés des migrants (qui ont une excellente mémoire des conditions de vie au SUD) et des membres des Organisations des Nations Unies telles que l’UNESCO, l’ONUDI, etc.

Le téléphone mobile est une de ces innovations-là. En effet, le nombre de téléphone mobiles est passé, en moins d’une génération, de 20 millions à 600 millions sur le continent africain qui aujourd’hui compte 30 fois plus de téléphones mobiles que de lignes fixes. L’explosion de cet outil qu’achètent des populations, à priori, démunies aurait pu être accélérée, si on avait pu prévoir que cette technologie révolutionnerait le quotidien dans ces régions. Il convient de noter que l’attente dans ces régions pour avoir un téléphone fixe et communiquer, atteint souvent plus de cinq ans. Le téléphone mobile a été donc été finalement d’un apport plus important au Sud qu’au Nord. Ceci serait aussi valable, à un moindre niveau, pour l’énergie solaire, puisque le soleil brille plus souvent au Sud qu’au Nord.

Comment faire pour que des entreprises, des financements privés puissent aider à développer la mise en place de ces innovations, comment faire pour que les financements privés se sentent un peu sécurisés ? Il faudrait créer un « fonds spécial Innovations pour les pays en voie de développement », dont le premier objectif serait la mise à disposition de ces pays des innovations technologiques. Ce fonds appuierait les entreprises privés qui souhaiteraient travailler avec ces régions et « oseraient le Sud », non pas pour délocaliser des emplois, mais créer du développement. Les organisations spécialisées des Nations-Unies telles que la FAO et le FIDA pour l’agriculture, l’OMS pour la santé, l’Union Internationale des télécommunications pour les télécommunications, L’ONUDI pour l’industrie, l’UNESCO pour l’éducation, ainsi que des Entreprises de l’économie sociale et solidaires (ESS) pourraient être associées à la gestion éventuelle de tels fonds, qui rappelons-le devraient fonctionner surtout comme des fonds de garantie.

Quelles politiques de Recherche pour le Sud ?

La recherche des pays développés repose sur deux piliers essentiels :

l’Etat et le secteur privé. Ce n’est pas le cas dans les pays du sud où le secteur privé est presque inexistant, tandis que les Etats ont d’autres impératifs que de financer la recherche. Aussi, la plupart des enseignants-chercheurs font plus d’enseignement que de recherche. Dans ce contexte, il faut se focaliser sur des projets innovants qui soient des projets de recherche appliquée.

Il faut apporter une aide aux Etats du Sud, pour que ceux-ci puissent mobiliser des financements innovants. La commission d’évaluation du programme « Chorus » du Ministère des Affaires étrangères avait constaté que la recherche s’arrêtait dans ces pays, lorsque les financements Chorus prenaient fin. Il faut donc absolument aider les équipes de recherche et cibler les bons domaines de recherche. Dans les pays du Nord, les recherches sur les maladies cardiovasculaires et cancéreuses, sont prises en charge par le secteur privé qui peut avoir un retour sur investissement lorsque les fruits des recherches, les médicaments en l’occurrence, sont vendus. Il y a peu de recherche sur les maladies parasitaires, comme le paludisme, qui représentent des fléaux plus importants que les maladies du Nord, mais n’attirent guère les industriels à cause de l’incapacité des publics du Sud de pourvoir payer les médicaments lorsque ceux-ci sont développés. Les nouveaux financements et l’APD devraient cibler et aider les pays du SUD dans ces recherches laissées pour compte.

Conclusion

Il apparait important de :

- 1) Créer les moyens de mise à disposition d’innovations éminemment importantes pour les pays du Sud

- 2) Cibler les domaines importants pour les pays du Sud mais négligés dans les pays du Nord,

- 3) Renforcer la coopération universitaire, les transferts de technologie et de compétences dans différents domaines en utilisant en France, les institutions de Recherche, CNRS, INSERM, CNRS, INRA, etc.

- 4) Renforcer la coopération universitaire en s’appuyant sur la diaspora qualifiée. Le dernier rapport de l’OCDE dans le domaine note que « Les diasporas sont de plus en plus qualifiées ». Dégager une ligne de financement pour des formations, des colloques, des séminaires longs de remise à niveau au niveau de plusieurs pays à la fois


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