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Pratiques et stratégies dans le domaine de la recherche (12/02/2013) - par Jean-François TURENNE

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Pratiques et stratégies dans le domaine de la recherche en partenariat pour le développement : un enjeu mondialisé, une cohérence à rechercher, des champs de recherche.

L’action des différents acteurs français de la recherche pour le développement vise une formation de jeunes chercheurs, un renforcement des capacités scientifiques des pays du sud, l’autonomisation progressive des équipes du sud et le développement d’une expertise nationale, à travers une structuration des systèmes nationaux de recherche (Pascal Canfin , Ministre délégué chargé du Développement, Sciences au Sud, n°66, septembre-octobre 2012)

Confronté aux questions de développement, le dispositif de recherche français doit aider nos partenaires dans le développement de capacités d’expertises autonomes nationales, dans leur prise de décision, dans l’élargissement de leurs choix politiques. La recherche doit aussi permettre de mieux définir les conditions de réussite des actions de développement La recherche pour le développement est un enjeu mondialisé : on ne peut faire abstraction d’affrontements Nord-Nord par Sud interposé, ni faire abstraction de la notions de compétitivité industrielle ni de celle dite des intérêts bien compris.

D’autre part, ce champ de recherche est en évolution constante ; des équipes naissent et se développent dans les pays du sud apportant une capacité de formulation et de réalisation de projets, des alliances se nouent et se dénouent ; les partenaires peuvent parfaitement formuler la même demande à plusieurs interlocuteurs en bilatéral ou en multilatéral. La multiplication et la diversité des opérateurs du développement est enfin à prendre en compte par delà même le dispositif français de recherche. Le partenariat est donc mondialisé. Devant une demande multiforme et la diversité des questions de développement, le système de recherche français doit être capable d’analyser une demande de recherche , d’en identifier les conditions d’émergence et les applications, de discerner les stratégies implicites des différents acteurs et d’aller au-delà de la simple demande pour construire des programmes cohérents.

Dans ces conditions le rôle et la fonction du système de recherche français pour le développement dépendent moins de compétences scientifiques et de thématiques disposant de structure d’évaluation éprouvées , que de pratiques et d’options stratégiques qui touchent au moins à deux domaines, celui de la cohérence des actions, celui des thématiques de recherche face aux enjeux de gouvernance.

Cohérence des actions : il est de l’intérêt de tous que dans les instances internationales multilatérales, la cohérence entre le discours et l’action soit recherchée, notamment dans la combinaison des financements bi et multi latéraux : le financement bilatéral doit aider nos partenaires à participer aux opérations de recherche programmées au niveau des agences inter états ou internationales, que nous finançons également Au niveau national c’est toute la question de l’affichage des objectifs et de la pratique interministérielle seule en mesure d’assurer cette cohérence, à la fois au plan des programmes et des financements. La présence des chercheurs français à l’international est un atout pour les analyses stratégiques, l’évaluation de nos concurrents, les prises d’initiatives régionales.

Recherche et gouvernance : Le champ d’intervention de la recherche s’est aujourd’hui déplacé : lutter par exemple contre la vulnérabilité des agricultures du sud est aujourd’hui perçu davantage au plan d’une réponse politique à un problème opérationnel : c’est la capacité des Etats à réduire la vulnérabilité des agriculteurs aux aléas climatiques, à réguler le rapport aux ressources naturelles , à traiter de la question foncière C’est donc bien vers la capacité d’expertise nationale et l’élargissement des choix politiques que doit tendre la recherche pour le développement C’est rapprocher le temps de la recherche de celui des opérateurs . C’est travailler à construire la relation recherche/opérateurs et acteurs du développement : c’est la prise en compte par la recherche de la manière dont ces derniers articulent leur action aux politiques publiques.

La recherche en partenariat prend elle suffisamment en compte les nouvelles dimensions du développement ? Inégalité d’accès aux biens, renouveaux identitaires, mobilité et déplacement des populations, optimisation des politiques locales, recherche des bons leviers de transferts des connaissances, accompagnement de la mise en œuvre des politiques de décentralisation par les collectivités locales, réduction la vulnérabilité… le concept de développement durable en introduisant la dimension temps, offre un point de rencontre privilégié entre chercheurs et acteurs du développement.

Moins qu’une pluridisciplinarité imposée, c’est la recherche de synergies en tant que de besoin, entre les différents acteurs, dont les chercheurs, et la mise en œuvre de pratiques intersectorielles.


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