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Pour un commerce au service du développement : le commerce équitable comme exemple de RSE (10/02/13)- par Julie STOLL, déléguée générale de la plate-forme commerce équitable

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Le Commerce Equitable est une démarche exigeante de RSE qui a su démontrer ces 20 dernières années, des résultats tangibles en matière de développement.

Le Commerce Equitable se situe à l’intersection de l’économie, du respect des droits humains, de la gestion des ressources locales et de l’environnement.

Dans les échanges économiques régis par les règles de commerce équitable, les entreprises qui achètent des produits aux producteurs des pays du Sud s’engagent à « faire plus » que les entreprises conventionnelles. Elles s’engagent dans un partenariat commercial dont les spécificités permettent aux partenaires du Sud de mettre en place de véritables dynamiques de développement locales.

Les entreprises s’engagent dans des relations de long termes avec les organisations de producteurs, payent un prix rémunérateur, pré-financent leurs commandes et alimentent un fond de développement qui financent la mise en place de projets collectifs définis démocratiquement par les organisations de producteurs. De leur côté, les organisations de producteurs s’engagent à utiliser les bénéfices du commerce équitable pour un développement durable de leurs organisations et de leurs communautés : projets sociaux, démocratie économiques, amélioration des pratiques environnementale, formation des membres etc.

Ces engagements de RSE (ceux des entreprises acheteuses, comme ceux des organisations de producteurs ou de travailleurs) sont garantis, car contrôlés par des organismes de certification externes ou des auditeurs indépendants. Ces garanties de commerce équitable, matérialisées par des labels privés souvent issus de la société civile (comme Max Havelaar, World Fair Trade Organisation) ou du monde de la certification environnementale (Ecocert Equitable, IMO Fair for Life etc.) sont au cœur du succès du commerce équitable. Les pratiques de RSE des entreprises et des organisations de producteurs sont expliquées aux consommateurs et deviennent un critères supplémentaire venant influencer leurs choix de consommation.

Il s’agit d’inciter les consommateurs a ne pas simplement acheter un produit en fonction de ses qualités intrinsèque ou de son rapport qualité/prix, mais aussi en fonction des conditions (sociales et
environnementales) dans lesquelles il a été produit.

Le secteur du commerce équitable a fait l’objet de nombreuses évaluations et études d’impacts. Une cartographie et une méta-analyse de ces études a été produite en 2010 par le Cirad à partir de 77 études d’impact identifiées et sélectionnées pour leur rigueur méthodologique. Les résultats de ces études sont disponibles sur le site internet de la Plate-Forme pour le Commerce Equitable (www.commercequitable.org). Les acteurs du secteur, mais aussi la communauté scientifique intéressée par les questions de développement, ainsi que les bailleurs investissent de nombreuses ressources pour identifier, mesurer et monitorer l’impact du commerce équitable et identifier ses effets de levier.

Alors que de nombreuses normes sociales et environnementales (publiques ou privées) sont imposées aux petits producteurs des pays du Sud, sans contrepartie, et souvent au détriment de leurs intérêts, le commerce équitable leur fournis au contraire, les moyens (financiers, techniques, organisationnels) de s’engager dans une démarche de progrès en matière de RSE.

Ainsi, le commerce équitable apporte plusieurs opportunités en matière de politique publiques de RSE au service du développement :

  • Soutenir les organisations de producteurs qui souhaitent s’insérer
    dans des réseaux de commerce équitable pour augmenter le nombre de producteurs qui bénéficient de la démarche.

- Soutenir la structuration des réseaux continentaux d’organisations de producteurs – condition indispensable pour une véritable participation des producteurs à la gouvernance (en constante évolution) des systèmes de commerce équitable. La participation des partie-prenante étant au cœur de la RSE et un des objectifs du commerce équitable étant le ré-équilibrage durable des rapports de force entre acteurs économiques, cette condition est particulièrement importante.

  • Soutenir les organisations (associations d’éducation au
    développement, labels etc.) de commerce équitable au Nord pour qu’elles poursuivent leur travail de sensibilisation des citoyens-consommateurs.
    L’adhésion des citoyens conditionne la poursuite du développement des marchés de commerce équitable.

- Les entreprises de commerce équitable supportent des coûts que les entreprises conventionnelles n’encourent pas : celui de leurs pratiques éthiques, mais aussi celui des contrôles de ces pratiques. Ces derniers sont indispensables à la crédibilité des allégations, mais viennent diminuer leurs marges, augmenter le prix des produits et diminue la rentabilité des entreprises les plus exigeantes. Des mesures de politiques économiques ciblées sur les entreprises capables de démontrer leurs pratiques exigeantes de RSE pourrait être mises en place afin d’assurer les conditions d’une concurrence loyales pour ces entreprises. Il s’agirait de travailler à la création d’un environnement financier incitatif permettant aux entreprises pleinement engagées de se développer.

  • Enfin, l’ambition du commerce équitable, n’est pas de labéliser
    l’ensemble des flux commerciaux, mais bien d’être un secteur illustrant les pratiques de RSE les plus porteuses de développement afin de fournir des arguments et des directions pour un changement des règles globales du marché.

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