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Pour innover, de nouvelles méthodes, et une recherche sur les thèmes clé (11/12/2012) - par Yves LE BARS, président de CFSI

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Le développement solidaire a besoin de la recherche et de l’enseignement supérieur pour former ses acteurs, et leur apporter les outils, méthodes et connaissances utiles pour affronter les enjeux du monde à venir, ainsi que les pratiques de capitalisation et de recul sur les actions conduites.
Comme le dit la note de cadrage de ce chantier, on attend des processus d’innovation de nouvelles techniques, un éclairage sur les mutations en cours, l’identification des perspectives, et des suggestions de cadres de politiques publiques.

1/ Les enjeux du développement et de la solidarité internationale se jouent au Nord comme au Sud.

Nous ne sommes plus dans la croyance des années 60 en un développement, processus linéaire de croissance économique qui aboutit à la modernisation des sociétés à travers le passage de différentes étapes définies, ni dans celle des années 80 d’un développement défini comme un processus d’accumulation de richesses qui résulte du marché libre… Le modèle de globalisation économique qui régit les relations internationales et ses effets montre ses limites. Il ne concerne pas seulement les pays du Sud. Et la participation de tous les acteurs est fondamentale pour changer celui-ci. (cf. l’étude « Cartographie de l’Education au Développement et à la Solidarité Internationale » AFD 2012).

Les thèmes de cette recherche ne peuvent donc plus être limités aux situations du Sud, mais doivent aussi travailler les mécanismes mondiaux de fabrication des inégalités et des situations de dépendance.

Question : Comment les grandes thématiques débordant les barrières disciplinaires sont-elles couvertes par des programmes AIRD, agence nationale de la recherche (ANR), Ministère chargé du développement durable et (MEDDE) autres ? On peut penser à l’alimentation, l’urbanisation et industrialisation, la santé dans toutes ses dimensions, (y compris les assurances santé), l’éducation, les enjeux environnementaux biodiversité, énergie et climat, et aussi les enjeux de la solidarité internationale (comme motrice des changements)…

2/ L’innovation vient de plusieurs sources, celle des pratiques concrètes des acteurs (de paysans dans leurs champs, de collectifs, de chercheurs dans leurs laboratoires).

Ces innovations ont besoin d’être transformées pour devenir des connaissances généralisées, valables en dehors de leur contexte particulier : capitaliser les expériences, et piloter les changements d’échelles. L’innovation pour le développement et la solidarité internationale doit donc se construire dans une double démarche :

• Dans de nouvelles pratiques, comme des recherches participatives au plus près des acteurs, et de leurs projets ; des méthodologies s’expérimentent et s’analysent, cf. les programmes associant recherche et ONG, cf. les approches d’innovation ouverte « centrée sur l’utilisateur », comme c’est le cas des Livings Labs de l’UE, qui sont affichés comme « Living Labs for user-driven open innovation ».

• Dans la construction de méta-programmes sur les enjeux globaux, planétaires ou régionaux.

Cela exige que de son côté, la société civile s’investisse pour et dans la recherche et l’enseignement.
Question : comment ces nouvelles pratiques de R&D sont-elles prises en compte dans les apports de la France au développement ?


3/ Lier enseignement supérieur, recherche et expertise, pour des écosystèmes créatifs

3-1 La présence de la recherche dans un territoire est un apport en soi, quelque soit le thème. Elle doit s’exercer en lien étroit avec l’enseignement supérieur. La démarche scientifique du chercheur est une manière de raisonner pour poser les problèmes afin de les rendre traitables, pour passer de la conviction à la démonstration… Cette démarche est particulièrement nécessaire dans les pays en développement.

Questions :

• Quel soutien aux universités dans leur organisation et leur autonomie, (quel rôle spécifique de l’AIRD, des agences de la Francophonie ?)

• Soutien à des programmes doctoraux au Sud en co-tutelle, intégrés à des programmes de recherche pertinents.

3-2 Relier les approches théoriques avec l’action, à travers l’expertise associée à la recherche.

L’expertise : "l’expression d’une connaissance formulée en réponse à une demande de ceux qui ont une décision à prendre" (P Roqueplo).
Il faut que la recherche sache se préparer à la pratique de l’expertise en transformant les questions sociales en questions de connaissance. Savoir distinguer ce qui est de la compréhension des phénomènes clé, et ce qui est la contribution à des stratégies d’action : une ingénierie.

La pratique des expertises collectives, bien implantée dans les établissements de recherche est-elle bien mobilisée dans l’élaboration des politiques publiques ?

Comment la France contribue à l’émergence ou à la consolidation de pôles territoriaux d’enseignement supérieur, de recherche et d’expertise dans les pays du Sud ?

4/ Le cas de la recherche et de la coopération urbaine

Il y a des thèmes orphelins, celui la ville est un des moins structuré, en dehors des services essentiels (eau, assainissement, déchets, énergie). Les nouvelles initiatives issues du Partenariat français Villes et Territoires sont donc à soutenir, en particulier l’appel à proposition portant sur « un bilan prospectif de la recherche et de la coopération urbaine en France ». Même si les situations des villes des pays développés, celles des pays émergents et celles des pays les plus pauvres sont bien différentes, elles sont reliées entre elles, on y retrouve des aspirations analogues, en terme de droits et de participations.


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