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Le rôle de la formation dans la consolidation des communautés scientifiques du Sud (04/01/2013) - par Alain GHESQUIERE pour le conseil scientifique de l’IRD

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La formation à la recherche et par la recherche est un élément central des politiques de développement. Pour preuve, il suffit de constater qu’un certain nombre de pays sont reconnus émergents ou en passe de le devenir grâce, en partie, à leur investissement dans la formation supérieure de leurs étudiants au cours de ces 20 dernières années.

L’intérêt de la formation supérieure pour le développement est triple. D’une part, en fondant des communautés scientifiques ou en les consolidant, la formation à la recherche contribue à l’émergence d’une élite intellectuelle et d’experts, à même d’aider les décideurs nationaux à prendre en main des politiques et des projets adaptés aux pays en développement. D’autre part, la formation à la recherche permet de tisser des liens entre les communautés scientifiques du Nord et du Sud. Ces liens vont bien au-delà de la simple obtention d’une thèse par des étudiants ; elles sont le plus souvent le point de départ d’une coopération scientifique qui s’inscrit dans le temps.

Enfin, la formation est un vecteur puissant pour mobiliser les acteurs français de la recherche et susciter leur implication dans des domaines importants pour le développement.

Dans ce contexte, l’université française est, depuis la LRU, appelée à jouer un rôle grandissant par les formations académiques qu’elle propose aux étudiants. Un institut comme l’IRD a également toute sa place avec ses chercheurs qui, pour la plupart, déploient désormais leurs programmes dans le cadre d’unités mixtes de recherche. Ceux-ci peuvent ainsi intervenir pour orienter l’offre de formation et servir de coordonnateurs pour aider les institutions partenaires du Sud à formuler leurs besoins en la matière ; ils peuvent également contribuer à la mise en place de moyens pédagogiques adaptés qui, en Afrique francophone par exemple, sont en pleine évolution (masters de recherche internationaux, écoles doctorales, etc.). Enfin, les co-tutelles de thèse, de plus en plus systématiques, sont un moyen de faire évoluer les structures hôtes, de plus les responsabiliser vis à vis de leurs étudiants et de favoriser leur intégration ultérieure pour inscrire les formations dans de réelles perspectives professionnelles.

Contexte actuel et interrogations sur le futur Pour contribuer à cet effort de formation, l’IRD a développé depuis 2000 différents instruments de partenariat avec la création d’un département spécialement dédié à cet objectif, le DSF (Département Soutien et Formation). Le DSF offre une palette complète de moyens pour la formation à la recherche : bourses de thèse, bourses de formation continue, chaires croisées permettant l’accueil d’enseignants-chercheurs en France, développement d’équipes associées à l’IRD qui acquièrent, sur place, une autonomie ainsi qu’une capacité à monter des programmes de recherche originaux et à trouver les moyens de leur réalisation. Le bilan de ce département est très positif ; il a été très largement relayé par toutes les institutions partenaires de l’IRD.

Les instruments du partenariat sont maintenant regroupés et gérés par l’AIRD (Agence inter-établissements de la recherche pour le développement). Ils sont donc ouverts logiquement aux autres opérateurs de recherche intéressés par la coopération. Néanmoins, cet élargissement ne s’est pas traduit par une augmentation des moyens et, en particulier, par une augmentation du nombre de bourses de thèse.

Par ailleurs, la nécessaire amélioration des conditions matérielles des étudiants accueillis en France a eu pour effet de diminuer leur nombre.

Assurer le financement de ces accueils impose donc parfois des montages complexes ou oblige à ponctionner les budgets de fonctionnement. Enfin, il existe d’autres mécanismes, complètement indépendants, pour le financement de la formation des étudiants étrangers (AUF, ambassades, Agreenium plus récemment, etc.). Ceci souligne encore la dispersion et l’hétérogénéité des efforts dans ce domaine. Aussi l’augmentation globale des crédits, la rationalisation et l’unification de la gestion et de l’attribution des moyens de formation pour la recherche devraient-elles être une priorité pour assurer une meilleure efficacité du système français de formation à la recherche pour le développement.

Une meilleure connexion avec les dispositifs d’autres pays européens (ISF en Suède) ou de l’Union européenne serait aussi à rechercher.


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