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Le commerce équitable labellisé Fairtrade Max Havelaar, un outil de développement innovant, inscrit dans une démarche de progrès (29/01/2013) - par Valérie HAUCHART, Responsable production agricole, impact et standards, Association Max Havelaar

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Après plus de 20 années d’existence et des résultats probants sur le terrain, il est désormais établi que le commerce équitable labellisé Fairtrade Max Havelaar, qui repose sur une approche du développement par le commerce, est un outil de développement au service des populations défavorisées du Sud et qui place les producteurs au cœur d’un système en perpétuelle évolution.

La profondeur historique autant que les succès avérés n’enlèvent rien au côté innovant de cet outil. En effet, le système Fairtrade est continuellement amélioré, au travers de grandes révisions stratégiques, de révisions des standards, ou de décisions afin de tendre vers davantage de bénéfices pour un maximum de producteurs.

L’innovation qui fait la spécificité du système Fairtrade et renforce sa crédibilité est la participation des producteurs à la gouvernance du système, à hauteur de 50 % des sièges de l’Assemblée générale de la fédération internationale. Décidée en 2011 et appliquée cette année, suite à une modification des statuts, cette innovation fait de Fairtrade International la première ONG mondiale gouvernée à parité par des représentants de pays du Sud et du Nord. L’implication des représentants de producteurs dans les processus décisionnels est une garantie forte que les intérêts des producteurs sont défendus, pris en compte et préservés au mieux ; la co-construction et l’évolution, avec les bénéficiaires, des référentiels ou des programmes est également un facteur de succès, dans la mesure où elle prend fortement en compte les réalités du terrain (enjeux, faisabilité, opportunités, besoins). Ceci est la preuve que l’"empowerment", notion nouvelle de prise de pouvoir des populations, prend du sens et se concrétise aux plus hautes fonctions d’un système mondial.

L’efficacité du système, de la mise en œuvre des standards et de l’engagement des partenaires, incluant les producteurs et aussi les partenaires économiques, institutionnels et les consommateurs, fait alors l’objet d’un suivi régulier. La finalité du suivi est d’évaluer l’impact du commerce équitable labellisé pour les organisations de producteurs et les plantations utilisant de la main d’œuvre salariée qui sont certifiées, c’est-à-dire d’évaluer l’efficacité et l’étendue de l’action du système Fairtrade au regard de ses objectifs de développement initiaux. Pour rappel, les missions du système Fairtrade sont de donner des conditions commerciales plus justes aux producteurs défavorisés des pays du Sud, d’améliorer leurs conditions de vie et de renforcer leurs capacités afin de leur permettre de prendre leur destin en main.

D’une part, le suivi-évaluation permet de prouver la part du commerce équitable labellisé dans les dynamiques de développement qui sont observées, et par la même de communiquer et de sensibiliser les consommateurs, les partenaires actuels et futurs. D’autre part, il permet, en interne, d’identifier les aspects à améliorer, de comprendre les freins à la mise en œuvre des standards ou à l’optimisation de l’impact et de tirer des enseignements pour nourrir le processus d’amélioration continue du système.

Pour cela, 2 approches sont menées en parallèle :

- Une 1ère approche, dite monitoring et évaluation, qui fournit des
données quantitatives résultant de la mesure, chaque année, d’indicateurs tels que le nombre et le type d’organisations, le nombre de producteurs et de travailleurs, les volumes commercialisés aux conditions de commerce équitable, les montants de la prime de développement perçus… L’intérêt de cette approche est de mettre en évidence les évolutions, et de permettre une lecture à plusieurs entrées (par continent, par matière première…). L’édition 2012 du Monitoring et évaluation fait ainsi apparaitre une augmentation de 13% du nombre de membres (vs 2011), principalement au profit des producteurs, ou encore une augmentation de 19% du montant de prime de développement reçue par les membres.

- Une 2nde approche qui, au travers des études de cas détaillées et approfondies représentatives de la diversité des contextes géographiques et des filières, fournit des données qualitatives. Les études ont pour but (i) de comprendre les changements qu’induisent la participation au commerce équitable labellisé pour les producteurs, leurs familles, leurs organisations et plus largement les communautés et l’environnement dans lesquels ils évoluent, (ii) de vérifier en quoi, et avec quelle efficacité, le commerce équitable labellisé peut être un levier de développement durable, dans ses trois dimensions environnementale, économique et sociale et (iii) d’améliorer le fonctionnement d’un système au service des producteurs. Pour cela, un cadre méthodologique commun a été élaboré, afin de réaliser toutes les études selon la même méthodologie et ainsi de pouvoir les compiler, les comparer entre elles, évaluer l’évolution dans le temps, analyser les différences par zone géographique ou par filière… Menées au niveau des organisations, les études procèdent d’une approche participative, qui se traduit par des dialogues croisés avec les représentants des organisations, les groupes-cibles et les producteurs interrogés individuellement.

Ces 2 approches complémentaires mettent en exergue les facteurs de succès du commerce équitable labellisé et aussi les freins ou obstacles à lever, permettant ainsi d’identifier les évolutions à mettre en place, lesquelles impliqueront, dans leur choix et dans leur déclinaison, la participation active des producteurs.


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