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La RSE comme "driver" des politiques publiques d’aide au développement : un point de vue d’entreprise (24/01/2013) - par Alexandre BRAILOWSKY, directeur des relations sociétales de Suez Environnement

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1- Une définition idéale

Face aux différentes conséquences qu’entraîne la réalité d’un monde fini aux ressources épuisables et/ou fragiles, le DD pourrait être défini comme un système logique chargé de contrôler les conséquences
de nos actes en fixant des règles de comportement. Il se rapproche donc d’un véritable projet de société, un projet induit par la raison et motivé par le péril qu’encourrait notre espèce en détruisant son propre environnement.

Il s’agit donc d’un véritable projet politique, d’un projet de société qui de plus vise à éviter à la race humaine une catastrophe imminente.

En fait, ce débat n’est pas nouveau, il ne fait que reprendre les différentes confrontations de modèles qui s’affrontent depuis l’aube des temps ou au moins depuis l’apparition de l’homme sur cette planète, comme en témoignent le regard des sociétés de l’immobilisme sur les sociétés du mouvement.

Au niveau des institutions et plus particulièrement des entreprises, le développement durable est un projet politique, il n’appartient pas aux entreprises qui ne font qu’y contribuer pour préserver leur légitimité et mener à bien leurs objectifs de création de valeur en satisfaisant la demande de leurs clients.

La contribution des entreprises au développement durable s’appelle la responsabilité sociale de l’entreprise. Elle est à la fois la stratégie, le marketing et le lobbying moderne.

Mais, la responsabilité sociale et sociétale n’incombe pas qu’aux entreprises. Dans le cadre du mandat de chaque institution public, privée, ou associative, il convient donc de parler de RSO, responsabilité sociale des organisations car toutes contribuent négativement ou positivement au projet de société, au vivre ensemble.

La RSO est à la fois la contribution des organisations à ce projet politique e le cadre réglementaire où sont formalisés les principes, les lois chargés de susciter, d’encourager, voire à terme d’imposer des comportements et activités compatibles avec l’idéologie définie dans le concept de développement durable (DD).

Les Organisations doivent donc rendre compte de l’impact de leurs actions mais également de l’impact des relations qu ‘elles génèrent avec les autres acteurs impliqués d’une façon ou d’une autre dans leur champ d’activités. Il s’agit bien d’un débat autour du « choix de société ». Il faut donc réinsérer le débat dans son contexte c’est-à-dire reprendre le processus historique qui lui a donné naissance.

2 - Un processus de construction à remettre en question

Dès le démarrage, les précurseurs ou visionnaires de cette nécessité ont fait des choix stratégiques censés favoriser l’émergence d’une conscience universelle et d’une remise en cause de notre modèle de développement.

Deux étapes dans cette stratégie extrêmement portée sur la communication comme en témoigne l’importance du vocabulaire :

- Incitation des entreprises à communiquer sur leurs comportements responsables, et exercice d’une pression sur les organisations.

- Une deuxième étape a été marquée par l’apparition des comptes rendus de développement durable et donc la mesure des impacts à la fois des activités mais aussi des relations avec les parties prenantes, le tout sur un mode communicationnel.

On voit donc bien une stratégie progressive qui monte en puissance à la fois par la pression exercée sur les différentes organisations de la société mais également sur le citoyen. La caractéristique de ce discours est qu’il est à la fois inéluctable, détenteur de vérité et propriétaire des solutions uniques, en résumé très dogmatique mais il est également négatif dans la mesure où il fait pratiquement disparaître la notion de choix sous l’accablante réalité de la prophétie. Il incite donc à un choix Pascalien de société par défaut
et non par conviction. On aurait pu tout aussi bien dire, nous devrions nous fixer comme objectif le vivre ensembles et non le développement, non parce que le développement conduit à la catastrophe mais parce que le véritable besoin de l’homme et son bonheur passe à travers la qualité de la relation à son environnement.

L’idée implicite de cette stratégie était d’enclencher une dynamique qui devrait s’avérer à terme positive même si elle passerait évidemment par des dérapages de maquillage médiatique, voire de manipulation de l’opinion publique de falsification dites de « green washing ».

Difficile de faire le bilan, de conclure si ce processus est en construction et représente une démarche de progrès ou si, au contraire, il a encouragé de par son biais initial seulement l’hypocrisie le mensonge et la manipulation de masse. Ce qui est probable, c’est que la crise que nous traversons devrait d’une manière ou d’une autre répondre à cette question car seules les institutions qui pourront dépasser ces clivages et rendre compatibles leurs actions avec cette réalité auront une chance de survivre. Et bien sûr, ce principe est encore plus vrai pour les entreprises pour des raisons évidentes.

Le raisonnement est donc inverse, l ‘entreprise a besoin de connaître et de diffuser ses valeurs qui doivent être non seulement en phase avec ses clients mais également avec les contraintes du monde réel.

La DD s’insère bien dans la stratégie et non dans une communication virtuelle proche de la propagande. Cet effort implique des qualités de visionnaire qui ne sont pas cultivées aujourd’hui dans nos systèmes
éducatifs ou dans la logique de court terme dans laquelle s’inscrivent les enjeux de pouvoir actuels. Il s’agit du véritable obstacle auquel nous sommes aujourd’hui confrontés.

3 - D’un point de vue industriel

Le rôle d’un industriel est d’apporter des solutions, ces solutions pour être viables, efficaces et rentables commercialement doivent posséder plusieurs caractéristiques dont deux sont essentielles : être adaptés aux territoires concernés ; être appropriées par l’ensemble des acteurs concernés.

Pour l’industrie le DD et la RSE devraient s’appeler le bon sens. Une telle dénomination aurait un impact positif immédiat, on l’imagine bien, en remettant les choses à leur place.

4 - En conclusion, le cadre théorique du DD et de la RSE est parfaitement adaptée à l’aide publique à condition qu’elle concerne tous les acteurs et qu’elle soit respectueuse des territoires et des cultures dans sa mise en oeuvre.


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