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Imaginer de nouveaux dispositifs de recherche et d’innovation au service du développement (08/02/2013) - par Matthieu SOULE et Luc PIERRON, directeurs de programme de Youth Diplomacy

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Si tout le monde s’accorde pour reconnaître l’importance de l’innovation pour impulser et accompagner le développement, la politique imaginée en la matière ne permet pas toujours de favoriser la découverte et la diffusion de solutions à fort impact économique et social. Les Assises du développement et de la solidarité internationale nous incitent à ne pas nous arrêter à ces lacunes.

Loin d’être un problème insoluble, il convient de renouveler notre vision de l’innovation au service du développement. Imaginer, expérimenter, diffuser, institutionnaliser : tels sont les quatre piliers d’une philosophie repensée en ce domaine.

1. Imaginer et identifier les pratiques innovantes

En plus de favoriser la multidisciplinarité de la recherche en France, comme dans les pays cibles, l’aide à destination des acteurs locaux doit être renforcée.
Conscients que les meilleures solutions peuvent venir de tous les horizons, nous devons encourager la formalisation d’idées non-conventionnelles par une meilleure articulation des diverses formes de contributions (financement, formation, échanges universitaires…).
En outre, l’AFD se doit d’être proactive dans la détection et l’identification des pratiques innovantes grâce à une intensification de sa propre veille et des échanges avec les organisations internationales ou organisations sœurs agissant dans le domaine. Une plus grande visibilité sera alors donnée aux innovations ascendantes, ce qui orientera les recherches à venir et inspirera les décideurs.

2. Expérimenter et tester les solutions sur le terrain

Une fois découverte, une solution doit être expérimentée dans les pays cibles pour être ajustée par itération successive.
Seuls les retours d’expérience permettent d’appréhender l’efficacité réelle de nouvelles approches et méthodes, mais aussi de tirer les enseignements nécessaires à leur amélioration et à leur réplication à plus large échelle. Mieux encore, cette mise en pratique permet de rassembler les acteurs concernés et de résoudre les conflits potentiels.
De nouveaux processus doivent également être testés et mis au service du développement (innovation ouverte, partenariats public, privé et acteurs non gouvernementaux ou encore mise en libre accès des données publiques, de type Open Data et Open Government). Ces nouvelles approches permettront de consolider les systèmes de gouvernance locale par une plus grande proximité et transparence vis-à-vis des citoyens. La confiance dans l’écosystème et les politiques publiques n’en sera que décuplée.

Enfin, le champ de l’économie sociale et solidaire doit être encouragé. Même si des questions restent posées quant à leur réel impact systémique, il n’en reste pas moins que, sur un plan local, ce secteur apporte une réelle dynamique pour un développement plus durable.

3. Mieux diffuser les connaissances et outiller les populations locales

Tout mécanisme, plateforme ou système assurant un meilleur passage à l’échelle et une plus grande durabilité des projets de développement doit être favorisé.

Les bénéfices liés à la diffusion de techniques et de connaissances au sein des populations locales ne doivent pas être sous-estimés, notamment dans la gestion des PME et des investissements productifs. En outre, les soutiens financiers et techniques à destination des acteurs locaux doivent être généralisés, tout comme la diffusion par la réplication des modèles ayant déjà fait leur preuve.

Pour maximiser l’impact des contenus et produits à diffuser, s’appuyer sur les outils et réseaux déjà présents au sein des pays cibles apparaît incontournable : circuits de distribution existants, relais efficaces au sein de la population, relais de diffusion de masse (radio, téléphone portable, TV, cybercafé…), et ce même dans des domaines tels que l’éducation et la santé.

L’investissement dans les infrastructures terrestres et les réseaux doit faciliter et encourager ce passage à l’échelle, mais aussi garantir la bonne circulation de l’information et des connaissances, en plus des produits et services.

4. Institutionnaliser l’innovation auprès des parties prenantes

Il faut profiter de cette réflexion française pour améliorer l’organisation et la coordination des acteurs agissant au service du développement (ministères de tutelles, mais aussi autres ministères pouvant être amenés à jouer un rôle de façon directe ou indirecte).
Pour assurer à cette action le bénéfice de la durée, nous pensons nécessaire de faciliter l’émergence d’un dialogue régulier et nourri entre les acteurs publics, les ONG, mais aussi les acteurs privés. Dans un contexte où l’amélioration de la compétitivité française est sans cesse recherchée, l’émergence de ces nouveaux modèles doit nous permettre d’impliquer plus directement les acteurs économiques, publics comme privés. Ces derniers seront alors en mesure de mieux se confronter aux réalités du terrain et ainsi d’identifier les innovations à mettre au service du développement.
Contribuant à la diplomatie économique française, cet effort pourrait s’articuler autour des ministères du Redressement Productif (notamment le ministre délégué aux PME, innovation et économie numérique), de la sous-direction entreprises de la DGM au ministère des Affaires Etrangères, ainsi que du ministère du Commerce Extérieur.


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