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Exemples de démarches innovantes pluri-acteurs dans le champ de la gouvernance urbaine au Cameroun (04/01/2013) - par Marion SEJOURNE, attachée de coopération à l’ambassade de France au Cameroun

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Dans le secteur de la gouvernance urbaine, la coopération française au Cameroun s’efforce de promouvoir une approche multi-acteurs. A ce titre, elle accompagne plusieurs initiatives de renforcement des partenariats entre les différents acteurs.

1- Les contrats de ville : un dispositif pluri-acteurs de développement urbain

En matière de gouvernance urbaine, le Gouvernement camerounais a adopté les contrats de ville : premiers pas vers une gouvernance démocratique et une décentralisation effective de la gestion urbaine. Ils représentent les cadres privilégiés des relations à établir entre la ville et ses partenaires que sont l’État, les opérateurs privés et la société civile. Cette initiative a été fortement appuyée par la coopération française, notamment à travers la mise à disposition d’un expert technique international au ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU), qui a permis d’impulser une dynamique de réflexion au sein du ministère et la création d’un groupe de travail conduisant à la mise en place d’une cellule contrat de ville.

Lors du premier C2D, l’AFD et le SCAC ont insisté auprès des autorités camerounaises pour que les fonds, destinés aux villes de Douala et Yaoundé, passent par les contrats de ville. Les projets du second C2D urbain devront également s’inscrire dans les contrats de ville des métropoles régionales bénéficiaires de Garoua, Bertoua et Bafoussam. Ils permettront ainsi de conforter les collectivités locales dans l’exercice de leurs compétences en développant leur capacité de maître d’ouvrage et d’impliquer les acteurs locaux.

2- Les coopératives d’habitat : une initiative pluri-acteurs au bénéfice du logement social

Au Cameroun, l’auto construction est encore peu encouragée, faiblement encadrée par les pouvoirs publics et peine à accompagner une évolution indispensable du secteur de l’habitat informel. L’offre en logement public est notoirement insuffisante et qualitativement inadéquate puisque l’accès au logement dit social est, paradoxalement, réservé aux couches sociales moyennes et supérieures.

De ce constat est née la mobilisation de la société civile, cristallisée autour du Réseau National des Habitants du Cameroun (RNHC), pour la mise en place de coopératives d’habitat et d’une politique de promotion et de financement du logement social. Outre le plaidoyer institutionnel et le dialogue avec la puissance publique engagés entre les associations et le ministère de l’Habitat, des opérations pilotes de logements sociaux ont été menées visant à démontrer la faisabilité de telles démarches et la capacité de la société civile à agir efficacement aux côtés des autorités pour résorber le déficit de logements et l’habitat insalubre.

Depuis 2007, la coopération française s’est associée à cette initiative en appuyant la réflexion nationale sur ce thème via le financement de 3 ateliers regroupant tous les acteurs concernés (Etat, institutions publiques, collectivités, secteur privé, associations) et en finançant une étude de faisabilité de construction de logements économiques. Une première tranche expérimentale de construction de 3 maisons a été achevée en 2010, en périphérie de Yaoundé.

En parallèle, une plateforme d’échange favorisant la concertation de la société civile avec les autorités a été constituée au sein du MINHDU ; toujours appuyée par l’assistance technique. L’objectif est de préparer, de façon participative, un décret portant dispositions en matière d’habitat coopératif. Si le MINDUH tarde à tenir ses engagements en termes de reconnaissance formelle (réglementaire) du mouvement coopératif, il s’est toutefois engagé à finaliser le projet de décret.

3- Les budgets participatifs à Douala : un instrument partenarial prometteur

Dans le cadre de la Décentralisation, il appartient aux communes d’appuyer la programmation de leurs actions sur une approche participative via les plans de développement locaux. Afin de faciliter cette démarche, la Communauté Urbaine de Douala (CUD) et le SCAC se sont engagés à promouvoir le budget participatif ; permettant ainsi la rencontre entre les besoins exprimés par les populations et les investissements engagés par les autorités locales et facilitant la création de nouvelles relations entre les municipalités et les citoyens :une autre manière de gouverner, de reconstruire le lien social et l’intérêt général, d’inventer une nouvelle culture démocratique et de mobiliser le sens de la citoyenneté. Fort de son expertise en la matière, l’association ASSOAL a été sollicitée pour répondre à cette demande. A la suite d’un atelier d’échanges qui a regroupé la multitude d’acteurs en jeu (élus, secrétaires généraux, receveurs, personnels de la CUD, associations, experts internationaux) plusieurs maires ont décidé de l’adopter. Le SCAC a appuyé la commune de Douala 6. Sur les mêmes principes, des expériences ont été initiées à Douala 3 et 5 avec le soutien de l’Union Européenne.

Afin de renforcer les partenariats engagés et de consolider le dialogue multi-acteurs, le SCAC, l’IFC et 3 associations camerounaises ont organisé un débat d’idées sur le thème "participation citoyenne aux politiques publiques urbaines". A cette occasion différents acteurs (autorités, élus locaux, experts, chercheurs, société civile,bailleurs) ont pu partager leurs expériences et réflexions sur les défis de la gouvernance locale en vue de contribuer à une amélioration de la participation citoyenne à l’élaboration, au suivi au et contrôle des politiques


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