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Encourager le maillage recherche publique (au Sud) et entreprises (du Sud ou du Nord) pour porter plus efficacement et plus durablement l’innovation et les investissements d’avenir (15/01/2013) - par Ninon DUVAL, Directrice Incubateur Bond’innov

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La France dispose d’un réseau d’excellence en recherche pour le développement qui constitue un atout formidable aujourd’hui où il faut à la fois penser et agir mondialement (la mondialisation, la planète monde) et localement (la décentralisation, la diversité « des » Sud).

Les assises du développement et de la solidarité, et en particulier le chantier 5, nous invitent à réfléchir à la façon d’optimiser et développer mieux encore les réseaux français de la science, de la technologie, de l’innovation pour porter plus efficacement encore le développement dans et avec les pays les moins avancés.

1/ Mieux associer le monde économique et la recherche en encourageant les collaborations public/privé pour soutenir le développement.

L’entreprise est un acteur majeur du développement. C’est une organisation qui a une vocation durable et qui doit créer les conditions de sa durabilité (et de son auto-financement), elle est forcément parti-prenante d’un écosystème local, question vitale pour sa réussite, elle crée des emplois, du savoir-faire, des produits… Elle agit dans et pour le développement.
L’entreprise est aussi une organisation qui agit, se développe, interagit fonctionne de façon quasi opposée à la recherche publique : le rapport au temps, à l’action/réflexion, aux résultats, à la diffusion de la connaissance sont extrêmement différents, voire s’opposent.
Ainsi, les opportunités de croiser les regards, et de créer des collaborations peuvent être très enrichissantes.

A quel stade et comment associer la recherche privée et publique, ou les organisations privées et publiques ? Dans le financement de programmes de recherche collaboratifs, dans des structures mixtes (incubateurs, pépinières, pôles de compétitivité), et même, dans la gouvernance de certaines unités pour participer, au côté également de la société civile, à des actions stratégiques de détection, de sélection, d’orientation de nouveaux programmes de recherche, dans la mise en œuvre de certains programmes et bien entendu dans la valorisation des résultats de la recherche.

2 / Créer et soutenir des structures communes pour associer le sens économique et social

L’économie sociale et solidaire, que finalement on a encore du mal à définir, cherche à redéfinir les lois de l’entreprise privée pour répondre à un besoin social ou sociétal auquel le marché ne répond pas, ou de façon insuffisante.

Les incubateurs, en France, commencent à s’intéresser à ces projets de nature innovante, et qui nécessitent, comme dans tout domaine de l’innovation, un temps de maturation souvent plus long que d’autres projets. Il faut évangéliser un marché nouveau et trouver son modèle économique pour s’affranchir des ressources financières publiques (on est dans l’entreprise privée).

Ces nouveaux modèles économiques, ces tentatives de redéfinition des partages de richesse à l’intérieur des organisations qui les produisent méritent d’être soutenues aujourd’hui. Et en particulier pour répondre à des questions de solidarité et de développement économique.

Le meilleur soutien est un soutien partagé, associant les mondes académiques, institutionnels, et privés.
Les incubateurs de projets innovants peuvent être des lieux privilégiés d’expérimentation de ces nouveaux modèles. Souvent issus de structures à la gouvernance partagée, ils bénéficient du triple apport :

  • de la recherche : pour détecter, mais aussi pour sélectionner et surtout qualifier les projets (qu’est-ce qu’une bonne innovation ?!)
  • du monde privé : comment mettre en œuvre le projet, et quel modèle économique envisager ?
  • du monde institutionnel : est-ce que le projet répond à un besoin social ou sociétal non résolu ?


3 / Impliquer la recherche dans la démarche et les enjeux du transfert et de la valorisation.


Les assises posent la question de la recherche et de l’innovation « pour » le développement. Ce qui revient à donner une orientation à la mission de recherche : agir pour le développement.
La question qui concerne la valorisation des résultats de la recherche est centrale : où commence et où s’arrête le rôle du chercheur ?

Je ne crois pas que le rôle du chercheur s’arrête à celui de repousser les limites de la connaissance ; il me semble que son rôle, et même sa responsabilité, sont aussi de qualifier puis de transmettre cette connaissance jusqu’à ce que la société civile, les ONG, les entreprises, les associations puissent s’en emparer et ainsi, améliorer la vie ou les conditions de vie.

Je ne crois pas non plus, à l’inverse, que le rôle du chercheur soit de déposer des brevets ; il s’agit d’une démarche opposée à la nature et la mission du chercheur. En revanche, c’est à la gouvernance de la recherche publique, et probablement dans le cadre de collaborations stratégiques avec des entreprises privées, d’identifier des programmes porteurs et de protéger certains résultats de la recherche publique.

Le « transfert » de connaissance nécessite du temps, et des compétences. L’appropriation d’une innovation par les autres acteurs de la chaine de valeur de l’innovation doit être accompagnée par la recherche. Et peut-être, parfois, dans des structures ad hoc, telles que les incubateurs.

Ainsi, là encore, il me semble nécessaire de créer des collaborations publique / privée ou publique / société civile, en amont, comme en aval du travail de la recherche publique, pour fertiliser ce travail et lui donner plus de sens, vers plus de développement et de solidarité.


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