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Contribution du Groupe initiatives (10.02.13) - par Christian Lespinats (Groupe initiatives)

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Le développement, ce n’est pas répondre au coup par coup à une situation donnée, c’est tout une approche à inventer avec les acteurs locaux et qui s’inscrit dans la durée. Il est désormais admis de tous que le développement n’est pas le plaquage de modèles du Nord dans les pays du Sud. L’innovation constitue un élément clé pour trouver, avec les acteurs publics, privés et les populations concernées, des solutions pérennes, efficaces et adaptées. Les ONG du Groupe initiatives ont fait de l’expérimentation et création de l’innovation un axe fort de leurs projets et de leurs actions. Elles se considèrent également comme des acteurs d’une recherche-action avec et pour les populations concernées.

La prise en compte de l’innovation sociale au cote de l’innovation technique

Le passage de la notion de « technologies appropriées » à « l’appropriation technologique », témoigne de l’importance de dépasser l’aspect purement technique pour prendre en compte l’usage.

Pour qu’une innovation technique soit appropriée, aux besoins des acteurs et par les acteurs, il faut se confronter aux dynamiques sociales et aux questions organisationnelles et institutionnelles. Si l’innovation technique et technologique est reconnue de longue date en tant que levier économique, l’innovation sociale (méthodologique, organisationnelle,

institutionnelle) est la seule à en permettre l’appropriation et l’adaptation.

Le Groupe initiatives recommande que l’incantation en faveur de l’innovation technique facteur de développement soit pondérée par la prise en compte des difficultés d’ordre social (réduction des

inégalités) et institutionnelles (rôle des politiques publiques), et que la logique de résultats qui s’impose dans les projets de coopération au développement, prenne en compte ces dimensions qualitatives.

Developpement et nouveaux modeles economiques

Les membres du Groupe initiatives incluent une forte dimension entrepreneuriale dans leur action pour le développement pour combiner l’efficacité de l’approche économique avec l’équité de l’approche sociale, en relevant le défi de la pérennité. Depuis une décennie, des entreprises du Nord font valoir leur intérêt pour ce type d’approche, à travers de nouveaux modèles de business : RSE, Base of the pyramid ou Bop, social business, etc. Les donneurs d’ordres, à l’instar de la SFI (filiale de la Banque mondiale), des banques régionales ou de la COFACE et de Proparco (filiale de l’AFD), demandent de plus en plus à ce que les entreprises soumissionnaires possèdent des qualifications RSE. On ne peut prétendre agir pour le développement sans considérer l’importance de la logique entrepreneuriale, ni sans travailler avec les entreprises et les fondations qui manifestent un intérêt pour des modèles de croissance et d’entreprises, inclusifs et durables.

Le Groupe initiatives recommande au gouvernement français un soutien politique et fiscal en faveur des entreprises dont la finalité sociale ne peut survivre par la seule logique de marché, ainsi qu’une APD favorisant la mesure de l’innovation en termes d’emplois, quantitativement et qualitativement, et l’articulation du soutien aux entreprises des pays du Sud, avec les politiques de RSE des pays du Nord.

Partenariats recherche publique-ong de developpement

L’innovation a besoin de la recherche, et lorsqu’elle concerne le développement, la recherche a besoin des ONG, en particulier du monde associatif, tant dans la mise en œuvre des dispositifs de recherche que dans la diffusion des résultats et des connaissances aux acteurs du développement. Les ONG de développement sont des acteurs historiques d’une recherche-action menée avec et pour les populations, et des intermédiaires indispensables pour favoriser le lien entre recherche et développement.

Le Groupe initiatives recommande le soutien financier de la contribution des ONG françaises aux processus de recherche (fonds dédiés, mécanismes de prêts relais, etc.)

L’appui au developpement d’innovations croisees entre ong et secteur prive

L’innovation en faveur du développement – qu’elle soit technique ou sociale – est un effort partagé entre différents opérateurs. En France, on constate une difficulté à croiser les efforts d’innovation portés par les ONG et le secteur privé, notamment les PME. Dans la collaboration avec les PME du Sud, la prise en charge des surcoûts de la RSE présente le risque de se voir évincer des financements extérieurs.

Le Groupe initiatives recommande au gouvernement français d’ouvrir au secteur associatif les politiques existantes de soutien à l’innovation, et d’encourager le croisement des politiques d’innovation entre ONG et secteur privé – notamment au niveau des PME de France et du Sud.

Voir la contribution complète du Groupe initiatives :

www.groupe-initiatives.org


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