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Contribution du Département du Pas-de-Calais (04/01/2013) - par Dominique DUPILET, Président du Conseil Général du Pas-de-Calais

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Les collectivités locales, les entreprises, les organisations de l’économie sociale et solidaire, les associations et les instituts de recherche, parmi l’ensemble des acteurs du développement et de la solidarité internationale, conduisent ces actions en renforçant régulièrement leurs capacités, en renouvelant leurs pratiques, et en menant des actions itératives et de « clustering ».

A ce jour, ces actions ne en tant que telles ni identifiées, ni répertoriées, ni mises en lumière, tant la singularité d’un certain nombre de situations parmi ces acteurs, mais aussi dans les pays bénéficiaires, les rendent peu transposables. Pour autant, toutes les rencontres d’acteurs du développement portent en elles-mêmes une partie de présentation et de partage des expériences qui aident à porter à la connaissance de tous, ou à défaut à la connaissance des participants à ces événements, l’originalité des projets et des résultats ainsi obtenus.

Il est cependant à ce jour patent que le partage de la connaissance des innovations est insuffisamment orchestré par les pouvoirs publics, et que la diffusion des résultats est dans ce contexte, tout aussi méconnue au-delà du cercle des acteurs en question.

Cela pose donc à la fois la question de la manière dont le dispositif de formation, de communication, mais aussi de partage des innovations est actuellement organisé pour démultiplier les effets de l’aide. Pour cela, et dans la cohérence avec nos propositions pour les thématiques 1, 2, 3 et 4 des présentes assises, il semble particulièrement essentiel que, dans l’esprit de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, plusieurs actions soient effectivement résolument engagées.

La plupart des dispositifs organisés, notamment par les collectivités locales, généralement en lien étroit avec les réseaux multi acteurs régionaux, comportent une partie essentielle de renforcement des capacités. Les dispositifs d’appui aux porteurs de projet contribuent fortement à une montée en compétence et donc en qualité des interventions. Outre le montage de projets, les formations de préparation au départ, destinées aux structures engagées à l’international, ou destinées aux individus et en particulier les jeunes volontaires, forment aujourd’hui un ensemble, auquel manque seulement la cohérence et la visibilité. Il conviendrait notamment que ces formations fassent partie des pré-requis pour mener les actions internationales.

Le résultat de ces actions au développement est à ce jour également insuffisamment partagé. Il est à ce titre fondamental que, dans le cadre de l’éducation au développement, une véritable promotion des pratiques innovantes puisse avoir lieu. Cette action demande que l’éducation au développement devienne un véritable enjeu d’éducation, intégré dans les programmes à tous les niveaux. Les porteurs de projet qui pourraient alors donner des exemples, pourraient utilement suivre des propos qualifiés issus du monde universitaire. La recherche en matière de coopération mériterait d’être mise en lumière et de s’appuyer notamment sur les évaluations des projets menés. Sollicitée par le Ministère du développement, cette recherche pourrait alors aussi contribuer à mieux structurer les enseignements de niveau masters, qui existent de manière éclatée en université, et dont la qualité est fort variable. Un appel officiel à cette recherche pour donner un cadre conceptuel à la coopération au développement serait de nature à tirer vers le haut, l’ensemble des actions et des acteurs.

A ce jour, les porteurs de projet de toutes natures renouvellent immanquablement leurs pratiques de coopération, parce que les réalités évoluent et conduisent à une adaptation plus grande à des situations plus diverses et plus complexes que naguère, dans le développement.

L’innovation intervient aussi dès lors que la demande formulée par les financeurs devient plus pressante. C’est pourquoi la formulation des appels à projets mériterait de mieux intégrer les attendus en matière d’innovation autant que d’évaluation. Dans cet esprit, il serait sans doute intéressant de développer des appels à projets dont le but serait de retenir les initiatives de clustering, entre projets qui associeraient les porteurs de projets et le monde de la recherche et de l’enseignement.

In fine, c’est la communication de l’action au développement qui est aujourd’hui sur le point de prendre un tournant différent. En effet, à la fois la finalité des actions a changé et intègre fortement l’internationalisation des territoires et des populations dans les pays financeurs comme dans les pays bénéficiaires, mais c’est aussi le contenu des actions qui tend à se structurer autour des objectifs du millénaire du développement, dont le contenu qualitatif devient primordial. Il est à ce titre notable que ce soit le huitième de ces objectifs qui revienne le plus fréquemment dans les actions de coopération et en particulier, l’idée de partenariats territoriaux multi acteurs, qui travaillent en réseau avec d’autres partenariats par delà les frontières.


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