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Une complémentarité sectorielle à accepter (12/02/2013) - par Emilie JAUTZY, Responsable Partenariats / Electriciens sans frontières

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Des points de convergence émergent entre acteurs associatifs et lucratifs évoluant sur un même cœur de métier. Ces synergies doivent être reconnues et profiter aux bénéficiaires des actions. La mutualisation des spécificités de chacun permettrait ainsi un gain d’efficacité sectorielle bénéfique pour tous les acteurs.

ONG spécialisées et acteurs privés d’un même secteur d’activités, opérant au titre de leur responsabilité sociétale, interviennent régulièrement dans des pays similaires. Ils conduisent des actions pouvant être semblables et ciblent à travers ces activités des populations analogues. Si ces démarches sont guidées par des motivations différentes, leurs finalités peuvent être proches et visent, a priori, toujours l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires.
Pourtant, chacun intervient le plus souvent de manière isolée sans mutualisation ni partage des expériences et des ressources. Cette démarche individualiste au profit d’une action de solidarité est régulièrement justifiée au prétexte, plus ou moins, avoué d’un savoir-faire qu’il serait préjudiciable de partager au risque de perdre un avantage « concurrentiel ».

La méfiance historique réciproque entre acteurs privés et associatifs, qui tendrait à s’atténuer, ne doit pas masquer les apports que pourrait constituer une coopération des parties prenantes intervenant sur un même cœur de métier.

En effet, les ONG sont en relation directe avec les bénéficiaires. Elles constituent le porte-voix des besoins exprimés localement par les cibles même des actions. Elles ont une connaissance fine des ressources humaines, naturelles, matérielles et économiques « disponibles » sur le terrain et ont à cœur (le plus souvent) de les valoriser pour apporter une réponse spécifique à chaque situation, en concertation et en collaboration avec les bénéficiaires.

Les acteurs privés, quant à eux, disposent d’une force logistique, matérielle et financière sans commune mesure avec celle du tissu associatif. Conduisant le plus souvent leurs actions responsables dans les pays où ils opèrent une activité lucrative, ils disposent d’une influence importante auprès d’acteurs institutionnels et économiques locaux. Ceux-ci peuvent constituer des appuis dans la réalisation des projets. Le risque de la recherche d’un intérêt individuel est alors limité du fait de la présence d’une tierce partie que sont les ONG.

Une fois cette complémentarité assumée, l’objectif de tous serait véritablement de stimuler et d’accompagner les dynamiques de développement local. La solidarité internationale dépasserait alors la concurrence.

Des bienfaits partagés

Les actions concertées pluri-acteurs peuvent participer à garantir la pertinence et la neutralité des activités réalisées en limitant le risque d’instrumentalisation ou la recherche d’intérêts individuels.
Cela contribuerait également à l’efficience des interventions grâce à une capitalisation des spécificités de chacun et à une réduction des dépenses. La conduite de projets partagés favoriserait enfin l’émergence d’innovations sociétales et technologiques dans le secteur d’activités concerné. Acteurs privés et associatifs tireraient ainsi avantage d’une collaboration accrue. Crédibilité et légitimité seraient démultipliées pour tous.

Au-delà de l’action sur le terrain, la collaboration entre acteurs privés et associatifs participerait au positionnement de chacun sur son « territoire ». Les entreprises concrétiseraient leurs axes de responsabilité sociétale autour de leur cœur de métier. Leur image s’en verrait améliorée ou renforcée tant à l’externe qu’à l’interne. L’action conduite pourrait en effet constituer un facteur de cohésion sociale. Fédérés autour d’une ambition plus large que le simple « business », les collaborateurs développeraient un sentiment d’appartenance fort, qui plus est, si le dispositif s’accompagnait d’un mécénat de compétences en complément d’un engagement bénévoles de leur part.

Cette démarche constituerait également un facteur d’attractivité puissant auprès de jeunes diplômés mais aussi de personnes expérimentées. L’ensemble de la dynamique seraient alors porteuse d’effets positifs sur l’activité lucrative des entreprises. Disposant d’un ancrage solide, effectif et « faisant du sens », les entreprises pourraient séduire de nouveaux prospects tout en conservant leur attractivité auprès de leurs clients actuels.

Pour les ONG, agir de manière concertée avec le secteur privé participerait à la reconnaissance de la qualité de leurs actions.
Crédibilisée par leur collaboration avec des acteurs privés, cela pourrait également leur permettre d’attirer de nouveaux partenaires afin d’accroître l’impact de leurs activités. Plus un acteur associatif travaillera avec des interlocuteurs variés et complémentaires, plus son autonomie et son indépendance s’en trouveront renforcées.

Bénéfique à chacune des parties, une action concertée ne pourra être pérenne et constructive que si les objectifs visés sont partagés par chacune des parties et ancrées dans la vie et les activités même des structures. Quelles que soient les motivations des acteurs, l’intérêt final recherché doit demeurer avant tout celui des bénéficiaires des projets. Il est envisageable d’atteindre ce but par une collaboration effective entre les acteurs voire de le dépasser grâce au déploiement d’une force d’intervention démultipliée sur un périmètre élargi par la complémentarité des acteurs.


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