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Table ronde N°4 sur le renforcement des partenariats avec les acteurs non gouvernementaux, 15 novembre 2012 - Présentation de la CFDT

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Action globale. Nous considérons à la CFDT que les organisations syndicales disposent d’une légitimité particulière : celle de corps intermédiaire. De ce fait, elles se distinguent au sein des organisations non gouvernementales. Leur légitimité se fonde sur l’adhésion des membres à l’organisation. Quand elles sont structurées de façon interprofessionnelle comme la CFDT, elles développent une action globale pour la défense des travailleurs prenant en compte l’intérêt général. Elles cherchent à concilier dans leurs différentes actions les aspects économiques sociaux et environnementaux des trois piliers du développement durable. La coopération syndicale au développement n’échappe pas à cette conception. C’est dans cette logique qu’elle s’inscrit. En d’autres termes, nous ne considérons pas la coopération au développement comme devant répondre à une problématique unique ou à seulement une cause isolée. Elle implique que l’organisation dans son ensemble valide la coopération syndicale et l’inscrive dans son action globale.

Responsabilité envers les adhérents. Les organisations syndicales sont soumises à des formes multiples de responsabilité, et principalement envers leurs membres. Cette responsabilité qui est d’ailleurs l’un des huit principes de l’efficacité de la coopération syndicale implique que les OS rendent des comptes à leurs adhérents. Et en particulier parce qu’une partie des ressources de la solidarité des OS proviennent de leurs fonds propres.
Dans le cas de la CFDT, une part de la cotisation est consacrée à la solidarité internationale et à l’une de ses déclinaisons qui est la coopération syndicale au développement. La CFDT considère donc qu’elle a des devoirs vis à vis de ses adhérents en rendant compte de son action de coopération mais aussi en les y impliquant le plus possible.

La coopération syndicale au développement est une des activités des organisations syndicales parmi beaucoup d’autres. Elle est l’un des moyens de réaliser leur politique internationale.
Elle donne uneexpression concrète à la solidarité avec les travailleurs confrontés à la pauvreté, l’absence de démocratie, le déficit des droits fondamentaux, les entraves à l’exercice de l’activité syndicale…Elle est une réponse à l’interdépendance entre les travailleurs dans la mondialisation.

Objectifs. L’objectif de la coopération syndicale au développement qui est partagé par les organisations appartenant à la Confédération syndicale internationale est de participer à l’émergence ou à la consolidation d’organisations syndicales indépendantes, démocratiques et capables de faire progresserles droits économiques et sociaux.
Concrètement, s’agissant de la CFDT (ce n’est sans doute pas très différents pour les autres OS), les actions de coopération visent la structuration et le développement du syndicalisme, le renforcement des moyens de défense des travailleurs, la reconnaissance des organisations représentatives par les pouvoir publics (respect des conventions sur la liberté syndicale) et enfin le renforcement des capacités à appréhender l’environnement économique et social.
Ces opérations prennent le plus souvent la forme de séminaires, de stages de formation, de colloques, d’accueil et d’encadrement de stagiaires, de missions d’experts, d’études et de recherches…
Les modes d’action sont bilatéraux ou multilatéraux c’est à dire en partenariat intersyndical français, européen ou international, avec des ONG, en direction d’une ou plusieurs organisations d’un même pays ou dans plusieurs pays dans une même sous-région continentale.

Réseau. Les syndicats au sein de la CSI se sont organisés en un réseau de coopération structuré. Ce réseau répond à plusieurs objectifs :

  • améliorer l’efficacité de la coopération syndicale au développement,notamment par le partage d’informations et des meilleures pratiques ;
  • inscrirelespratiques des coopérations syndicales dans les débats politiques liés au développement, notamment en ce qui concerne la prise en compte de l’agenda du travail décent et les problématiques du développement durable.

Le réseau a élaboré,au cours d’un processus de plusieurs années associant les affiliés de la CSI des cinq continents,une série de huit principes pour l’efficacité de la coopération syndicale qui représentent la vision et les valeurs de la coopération syndicale au développement (les huit principes : appropriation démocratique, Autonomie, Partenariat, Transparence, Responsabilité, Cohérence, Inclusion et égalité, Pérennité. Ce sont autant de références communes et d’exigences visant à renforcer les méthodes de travail et à contribuer à accroître l’impact des programmes de coopération des syndicats.

Dynamique multilatérale. La coopération syndicale est interdépendantedu contexte international du syndicalisme. Par son réseau de réflexion, par la mise en relation des opérations des OS, la coopération syndicale s’inscrit dans les orientations au plan régional continental et parfois associe ces structures syndicales régionalesmais aussi les agences internationales en particulier le BIT. Elle renforce son efficacité par une dynamique multilatérale qui permet plus de cohérence et d’envergure.

Partenariat. S’agissant du partenariat, nous souhaiterions qu’au niveau français l’on dépasse les débats du Forum de Busan.
Le dernier Forum mondial sur l’efficacité de l’aide a consacré de nouveaux acteurs du développement durable dont le secteur privé ce que nous ne contestons pas.
Les OS à travers le réseau de la CSI ont de leur côté contribué à l’inclusion de la référence au travail décent dans les conclusions du Forum.
Néanmoins, la déclaration finale n’inclut pas le dialogue social comme instrument essentiel de garantie de l’efficacité des contributions du secteur privé en matière de développement durable. Il s’agit pourtant d’un enjeu central pour le mouvement syndical qui l‘avait revendiqué, tout au long des négociations.
Le dialogue social est essentiel pour garantir une large appropriation démocratique des objectifs de développement économique et social, y compris les normes fondamentales du travail et la promotion de l’équité sociale. Le social business,par exemple, qui est une des manifestations concrète de coopération au développement du secteur privé, s’il émane d’une entreprise ou d’un groupe sans cette dimension du dialogue social ne garantit pas un comportement vertueux en matière de respect des droits fondamentaux au sein de des établissements, des filiales ou des sous-traitants.
C’est par le dialogue social que les représentants des employeurs et des travailleurs contribuentà l’élaboration de stratégies efficaces de développement social et économique et font émerger les besoins.
Le document final adopté à Busan ne cite pas non plus les syndicats comme des acteurs à part entière en matière de développement. Dans la mesure où les syndicats sont englobés dans les organisations de la société civile, leur identité et leur spécificité n’apparaissent pas clairement dans la déclaration finale.

Concertation. La coopération syndicale au développement est souvent mal connue et mal reconnue par les pouvoirs publics. Ses actions ne rencontrent parfois pas l’écho médiatique des grandes causes visibles. C’est parce que la coopération syndicale même si elle s’inscrit dans une approche multi-acteurs est exigeante que cette exigence doit être entendue. Une approche par thème ne nous semble pas correspondre au dialogue structuré qui se nourrit d’échanges entre tous les acteurs. C’est pour cette raison que nous souhaitons que s’approfondisse une réflexion d’un dialogue prenant en compte l’ensemble des spécificités de la coopération française au développement.


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