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Pour une démarche pluri acteurs et partenariale de production de connaissances utiles aux politiques publiques de développement (10/02/2013) par Laurent DENIS, directeur de F3E

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

1/ Travailler en pluri acteurs : une condition clé de l’efficacité du développement

Le développement est complexe et fait intervenir des acteurs nombreux et diversifiés. Pour rechercher les complémentarités, l’efficacité, la convergence des finalités et des actions sur le terrain, il s’agit d’organiser le dialogue et la concertation entre tous ces acteurs. Ceci nécessite une meilleure connaissance réciproque et une analyse des spécificités et plus-values respectives de ces différents acteurs.
L’APD française est elle aussi concernée et a tout à gagner de l’intelligence collective que peut produire une concertation pluriacteurs.

2/ La concertation pluriacteurs pour une APD plus efficace

Le contexte de l’APD française est marqué par le besoin d’élaborer et piloter l’APD française comme une véritable politique publique, concertée et mise en œuvre par une pluralité d’acteurs. C’est ce que constatent et préconisent les différents travaux d’évaluation de l’APD française. D’où la question du dispositif de dialogue et de concertation dès l’amont de cette politique (définir ensemble la vision et les objectifs) puis aux étapes de mise en œuvre, pilotage et évaluation.

Il s’agit aussi d’organiser le dialogue et la concertation français en connexion étroite avec les agendas et acteurs du Sud, européens et internationaux.

3/ Objectiver la concertation

Le dialogue et la concertation à un niveau politique et institutionnel doivent pouvoir s’appuyer sur le partage des enseignements tirés de l’action et sur la connaissance des spécificités et plus values des différents acteurs. La prise en compte de points de vue différenciés (perspectives d’acteurs) et des résultats de l’analyse des actions doit favoriser une concertation plus objective et plus concrète.

4/ Favoriser l’intelligence collective

Il s’agit d’organiser la concertation pluriacteurs autour d’un principe de mutualisation, tant des ressources utiles aux différents acteurs pour être efficace que des connaissances tirées de l’analyse de leur action. Ces connaissances doivent être produites et gérées sur un mode partenarial, dans une optique de réseaux apprenants et avec une finalité de renforcement des capacités des acteurs. Les décisions de politiques publiques seront ainsi enrichies de cette intelligence collective.

5/ Deux instruments pour objectiver la concertation et développer l’intelligence collective : l’évaluation et la capitalisation.

L’évaluation et la capitalisation peuvent constituer des instruments clé pour développer l’intelligence collective et objectiver la concertation. Encore faut-il pouvoir assurer les conditions d’utilité de leur exercice. La pratique de l’évaluation doit servir deux finalités d’égale importance : l’apprentissage et la redevabilité.

L’équilibre entre ces deux finalités reste à trouver car l’impératif de redevabilité se fait encore souvent au détriment de l’amélioration de l’action. Dans cette perspective, systématiser l’évaluation n’en garantit pas l’utilité et l’évaluation ne se suffit pas à elle-même, il s’agit aussi de capitaliser, produire, gérer et partager les connaissances.

Pour ce faire, les acteurs doivent s’organiser en réseaux apprenants, s’approprier des démarches innovantes de gestion des connaissances (NTIC etc.) et être mieux à même de communiquer sur les finalités et résultats de leurs interventions. Il s’agit aussi et tout autant de renforcer les capacités en évaluation dans les pays récipiendaires de l’aide et auprès des acteurs des politiques publiques de développement élaborées au sud.

6/ Identifier et développer des enjeux stratégiques communs sur lesquels partager et produire collectivement des connaissances

Le dialogue et la concertation doivent aider à identifier ces enjeux stratégiques communs puis à les nourrir par la mise en œuvre de travaux d’études, recherches, échanges et productions de connaissances véritablement opérationnelles, dont les résultats devront être reversés aux décisions de politiques publiques et à l’élaboration de positionnements.

Outre des entrées sectorielles prioritaires (éducation, santé, environnement etc.), il s’agit de travailler autour d’entrées transversales/thématiques (les partenariats et la gouvernance pluriacteurs, le renforcement des capacités, l’approche par les droits, l’élaboration des politiques publiques nationales et territoriales, l’efficacité du développement etc.) et méthodologiques (mesurer pour rendre compte et améliorer), les trois dimensions pouvant/devant aussi être croisées (apprécier l’impact des pratiques pluri-acteurs dans le secteur de l’éducation par exemple).

Quelques sujets paraissent particulièrement importants :

- les dynamiques pluri acteurs et « l’empowerment » : ce thème peut se décliner en interrogeant les pratiques de gouvernance multi acteurs et d’action collective, le renforcement des capacités et la gouvernance locale, l’élaboration des politiques publiques nationales et décentralisées, les approches par les droits etc.

  • le Partenariat Mondial pour l’Efficacité du Développement (post
    Busan) doit approfondir les principes de la Déclaration de Paris et les principes d’Istanbul relatifs à l’efficacité des OSC, l’enjeu étant que tous les acteurs du développement s’engagent sur des exigences d’efficacité et de responsabilité mutuelle tenant compte de leurs spécificités tout autant que de la nécessité d’agir en pluri acteurs.

- le défi commun de l’analyse du changement et de la complexité des processus de développement, en innovant dans les méthodes d’analyse, de planification et de suivi-évaluation et en recherchant un meilleur équilibre entre la redevabilité et l’apprentissage : élaborer une culture méthodologique commune permettra de s’accorder autour de différentes approches, pouvant conduire à différents types d’indicateurs, davantage appropriés et reflétant mieux la réalité du développement (le défi est de « mesurer le sens et donner un sens à la mesure »).

- l’examen des conséquences du système de l’aide et des procédures sur les conditions d’efficacité du développement et de qualité des actions : cela nécessite d’évaluer les instruments et les dispositifs sous l’angle de l’environnement favorable à créer pour un plus grand impact sur le développement.


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