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Coopération multi-acteurs I : Complémentarités - 10/02/2013 - par le Groupe Coopération et Développement d’Europe Ecologie Les Verts

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

La coopération au développement s’affirme aujourd’hui multi-acteurs, multi-niveaux et trans-sociétés. Cette intégration au schéma inter-étatique traditionnel est en recherche de sens et de moyens conséquents alliant, dans de véritables complémentarités, des valeurs communes, une division du travail et des réponses cumulées qui soient à l’échelle des besoins.

- Des acteurs de plus en plus nombreux mais un cumul d’engagements
financiers faibles ..et une pluralité dispersée

- une répartition hétérogène et non coordonnée des actions des ONG et
ALE,dominantes dans le pré carré africain et francophone, absentes en Afrique centrale

- des ONG françaises multiples disparates qui peinent sans grand soutien
public français (100-130 M€, pour 400 millions de générosité privée concentrée sur 4 humanitaires), trop petites devant l’UE ;

- des collectivités locales qui, peu mutualisées, revendiquent cependant
leur place au nom de leur proximité des acteurs N-S et d’un poids croissant….
mais marginal dans l’APD : 60 M € ; 15 M (2010) de Loi Oudin, 10 % d’un potentiel E&A de 80 à 130-160 Millions ; 9 M€ MAE ; 3 M€ UE ?

- mais paradoxalement proche d’une APD bilatérale à l’étiage
dans les PMA (moins de 10 M€ de dons par PMA/PPP, peu de prêts, octroyés bonifiés aux PRI et PE) qui empêche toutes ambition et couverture territoriale ;

- à distance d’un multilatéral , yc UE, inconnu, ignoré

- des approches encore étatistes et top-down de bailleurs
bilatéraux/multilatéraux peu familiers d’approche territoriale et du micro-meso ; frileux sur la « démocratie »

- une expertise réelle des ONG mais peu capitalisée car non financée, donc fugace ; chez les IFS (AFD..), maigre (0,06% APD-bi), confidentielle, peu rétrospective et partiale dans une pensée néolibérale dominante

L’Etat ne tarit pas d’éloges mais cherche manifestement des substituts à son désengagement financier, technique (600 AT…), confiant aux ALR l’expertise méga-urbaine, le soin d’être « solidaires » et maintenant (« diplomatie économique démultipliée »), l’export des PME françaises et le marché francophone, retour de l’aide liée (abandonnée en 2002 car inefficace), au prix d’inversion grave des fondamentaux de l’Aide (la Corrèze avant tout, pour le bien du Zambèze)

Les ONG, soutenues par les ALR dont elles sont souvent les opérateurs, tentent de pallier l’abandon public mais la reconnaissance publique, nationale comme locale, reste ambiguë : Encensement mais faible appui financier, paternalisme, exigence faible d’intégration au tissu public local, social bashing, injonction du social business plutôt que d’une ESS intriquée au service public…Le désengagement de l’APD des PMA et l’abandon du rôle public depuis « l’Ajustement » se payent par une faible consolidation des interventions des ONG, voire des ALR, dans l’action publique des suds, dans leurs politiques publiques nationales et locales, existantes ou émergentes.

Les Assises sont l’opportunité pour les OSC et des ALR en demande de reconnaissance d’ inciter les acteurs aux complémentarités sur les objectifs fondamentaux de l’APD

Au regard de leurs moyens, modestes, la coopération au développement des ALR comme des ONG doivent rester des compléments, originaux, de l’action publique bilatérale et multilatérale. Celle-ci doit respecter enfin les priorités affichées (OMD, PMA, régulations..) à la hauteur des enjeux planétaires.

Leurs atouts sont pour autant essentiels.

ONG comme ALR contribuent à lever progressivement les obstacles à la construction d’un État de droit, en confrontant et en multipliant des légitimités citoyennes diverses.

Soutien des processus de démocratisation en cours, yc là où l’aide bi et multilatérale est bloquée par des régimes dictatoriaux/en crise, sources de projets réplicables à une échelle significative des politiques publiques pour peu qu’ils soient évalués correctement, avec des méthodes systémiques qualitatives et participatives, les ALR pourraient être des médiateurs idéaux entre États et sociétés civiles du nord et du sud (hexagone vertueux !), réhabilitant le politique dans ses fonctions de recherche contradictoire de l’intérêt général, appuyant par le débat public l’empowerment des unes et la territorialisation des politiques nationales des autres (cf PCPA et C2D Cameroun, 2 modes de concertation au sud à multiplier).

ONG, attachées à leur utilité sociale concrète, comme collectivités préoccupées d’universalité, sont aussi vitales dans deux rôles :

  • interpellation des États sur leurs engagements sans lesquels tout reste
    saupoudrage
  • information et mobilisation des élu-es et des citoyen-nes, trop peu
    informés et responsabilisés

Augmentant la part du financement public des ONG (à 2% APD –bi en 5ans contre 13 % en UE !), il reste à reconnaître concrètement l’action des ONG :

  • une simplification des procédures financières, inhibitrices pour les
    ONG nord et sud, aux dépens de leur action, de son ancrage local, de sa valorisation
  • des financements prévisibles, stables et longs, le temps du
    développement
  • le financement de l’évaluation des processus et des impacts des
    projets, de l’innovation, de leur production intellectuelle, de leur expertise
  • la diffusion des meilleures démarches à grande échelle
  • une plus grande attention portée à la gouvernance, yc locale
  • un « cadre formalisé de dialogue stratégique » pluriacteurs sur la
    politique française de coopération et sa cohérence

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