Accès rapide :

Approche partenariale du volontariat : Contribution des associations de volontariat de solidarité internationale (04/01/2013) - par Aurélie BEAUJOLAIS pour CLONG Volontariat/ France volontaires

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Le secteur des volontariats à l’international connaît un fort développement. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sous des formes, des durées, des statuts, des objectifs, des modalités diverses s’engagent chaque année. Face à cette demande grandissante en France pour les séjours internationaux, et face aux évolutions toutes aussi fortes dans les sociétés des pays en développement, les associations de volontariat dans leur diversité ont souhaité promouvoir une approche pluri-acteurs et partenariale pour favoriser le dialogue entre les parties prenantes (associations, Etat, collectivités territoriales…), et mieux gérer cette demande dans l’intérêt de ceux qui partent et de ceux qui accueillent (accompagner, préparer et valoriser les séjours).

I. La prise en compte de la spécificité des différents acteurs et de leur complémentarité.

En France, pour répondre aux multiples motivations au départ, de nombreuses voies d’expatriation en solidarité internationale sont ouvertes : par l’initiative individuelle, par les groupes et les associations qui se constituent pour y répondre. Elles le sont aussi par des dispositifs publics locaux ou nationaux, plus ou moins encadrés par des normes éthiques, des programmes spécifiques et des lois concernant les chantiers de jeunes, le volontariat, le service civique… Ce paysage de l’expatriation manque parfois de lisibilité. Les modalités d’envoi et d’accueil, de suivi, de retour, sont très diverses.
La prise en compte de la diversité des acteurs et de leurs visions des objectifs du volontariat renforce la possibilité de travailler sur des complémentarités, de favoriser les synergies et les démarches communes.

• Les pouvoirs publics centraux :
L’Etat n’ignore pas l’importance des échanges humains, qui renforcent le rayonnement culturel, les échanges économiques, l’influence politique de notre pays. Dans ce cadre, la qualité et l’efficacité des actions de ses nationaux dans les pays d’envoi ne peuvent laisser l’Etat indifférent. Il ne peut ignorer l’importance de la fonction pédagogique des réseaux associatifs de volontariat auprès de l’opinion publique, contribuant à l’éducation au développement, à la citoyenneté, au lien social, ainsi qu’à la formation d’une base sociale en mesure de soutenir les efforts nationaux de coopération internationale et de préparer les futurs professionnels du développement. Le volontariat contribue ainsi aux efforts de compréhension en faveur d’une solidarité engagée entre les peuples, mais aussi à l’intérieur même de nos pays.

• Les collectivités territoriales françaises :
Ces dernières portent naturellement le souci de la jeunesse locale et celui de leur coopération décentralisée, pour laquelle ils font parfois appel à des volontaires. Elles ont le souci d’offrir des opportunités pour assurer l’ouverture internationale de leur population et de leur territoire. Cet intérêt du local pour la dimension internationale a des motivations pragmatiques, sans être pour autant dépourvu de considérations altruistes.

• Les associations d’envoi de volontaires :
Elles sont diverses mais leurs objectifs généraux, de solidarité, sont comparables. Certaines intègrent des volontaires pour compléter leurs ressources humaines dans les projets dont elles ont la charge. Pour autant, elles ne perdent pas de vue la formation de nouvelles compétences, ni la relation que les volontaires peuvent entretenir avec une base sociale de bénévoles et de donateurs. D’autres ont comme objectif premier d’envoyer des volontaires dans les institutions et projets de partenaires afin de leur faire acquérir une expérience concrète de solidarité, d’échange interculturel, de témoignage, sans négliger les capacités attendues sur le terrain. D’autres enfin veulent créer des occasions de rencontre, de découverte, d’échange de plus courte durée, dans une perspective d’éducation solidaire. L’importance donnée au partenariat avec les organisations d’accueil et à la proximité avec les communautés dans les pays d’accueil est le socle de leur action. Le travail en collectif permet d’échanger sur leurs spécificités et d’encourager la recherche de convergences.

• Les entreprises :
L’intérêt des entreprises pour le volontariat de solidarité internationale est grandissant. Le lien entre les acteurs du volontariat et les entreprises se fait principalement dans le cadre d’une mobilisation des salariés dans des projets de congés solidaires. Cependant, il existe également des partenariats plus approfondis autour de projets communs ou du développement d’initiatives appartenant au commerce équitable. Il faut évidemment noter que leurs orientations et intérêts, notamment en termes de politique commerciale, diffèrent en fonction de leurs natures (multinationale, ESS, TPE), et appellent des partenariats différents avec les organisations de volontariat.

Les organisations notent l’importance de la reconnaissance de la spécificité des différents acteurs et de la recherche d’un équilibre entre autonomie d’action et concertation. Cependant, l’effort engagé pour valoriser l’expérience des séjours à l’étranger doit être entrepris par l’ensemble de ces acteurs : d’une part pour mieux informer nos concitoyens sur les réalités internationales, pour lutter contre le mal développement et les tensions identitaires ; d’autre part, pour valoriser la démarche citoyenne et solidaire des volontaires, soit en facilitant leur insertion professionnelle, soit dans un parcours de formation.

II. Vers un partenariat Etat/ associations de volontariat équilibré ?

Dans ce contexte général, les associations de volontariat considèrent que la diversité des acteurs concernés rend plus nécessaire la préservation des valeurs porteuses du volontariat, principalement celle de la solidarité : une solidarité réaliste, toujours en construction, passant d’une relation d’aide à celle d’entraide.
La concertation et le renforcement des complémentarités entre ces acteurs contribuent à une plus grande qualité et efficacité des politiques de volontariat : les risques dus à certaines initiatives peuvent compromettre le bon déroulement des expériences de volontariat, ce qui a conduit les pouvoirs publics locaux et nationaux, les associations expérimentées à s’inscrire dans une démarche de concertation approfondie. Cette démarche comprend :

  • L’élaboration d’une charte des Volontariats Internationaux d’Echange et de Solidarité :
    Le rôle de la charte commune signée pour les V.I.E.S est de donner une base éthique commune aux organisations de volontariat. Le respect des engagements pris dans le cadre de la charte des V.I.E.S est ainsi à vérifier entre pairs et avec les Pouvoirs Publics.
  • La signature d’une Convention cadre de partenariat entre l’Etat et les organisations de volontariat :
    Par cette convention, le MAEE reconnaît comme un élément essentiel de sa politique de coopération au développement le soutien aux organisations de volontariat. Il valorise l’action concrète des volontaires sur le terrain et leur contribution au développement économique et social et au renforcement des liens entre sociétés civiles. Les signataires s’engagent à consolider des relations partenariales fondées sur la confiance réciproque et la transparence, dans le respect de l’indépendance et des spécificités de chacun. La création de France Volontaires, plateforme au service de la promotion et du développement des différentes formes de volontariat et de l’appui aux acteurs du secteur, est le résultat de cette dynamique. France Volontaires est un espace de dialogue entre l’Etat, les associations et les collectivités territoriales.

Les organisations de volontariat rappellent l’importance d’un partenariat transparent et de long terme avec les pouvoirs publics. Ils insistent sur la nécessité de garantir le soutien de l’Etat au volontariat, en assurant une concertation régulière (au sein de France Volontaires et des autres instances consultatives), en favorisant la stabilité et la prévisibilité des crédits alloués aux ONG de volontariat. Les organisations d’envoi de volontaires sont, de plus, attentives aux possibilités d’expatriation proposées par les différents dispositifs. Une meilleure articulation entre ces dispositifs doit permettre d’aménager des passerelles entre les différents modes d’engagement dans la solidarité internationale, en garantissant la qualité des actions de volontariat.

III. La place des partenaires des pays d’accueil.

La spécificité et la plus value des associations de volontariat est de s’appuyer sur une démarche inclusive, dans une relation de proximité dans les pays d’accueil, et une démarche partenariale, avec des partenaires locaux le plus souvent. La qualité d’une action de volontariat est donc fortement liée à la qualité et la pérennité du partenariat établi avec les interlocuteurs des pays d’accueil.

En termes de volontariat, la capacité des partenaires à définir leurs besoins, à négocier, à pratiquer la réciprocité, à utiliser les expatriés varie considérablement. Leurs exigences sont également variables selon les contextes, les métiers et les interlocuteurs. L’attente concernant les compétences professionnelles des volontaires reste forte, cependant les partenaires sont également attentifs à la dimension d’échanges et de relations interculturelles. Cependant, d’une manière générale, les partenaires des pays d’accueil aspirent à une autre coopération plus égalitaire, avec des responsabilités mieux partagées. L’échange et la réciprocité dans le volontariat sont, de ce point de vue, de plus en plus attendus, dans un esprit de solidarité mondialisée, allant au-delà du sens unique Nord/Sud. D’autant que des expériences réussies d’échanges sud/sud ou sud/nord ont déjà eu lieu.

Une autre évolution est en cours dans les pays d’accueil, amenant les pouvoirs publics nationaux et des associations à créer leur propre dispositif de volontariat par exemple au Maroc, au Sénégal, au Burkina
Faso… Ces évolutions appelleront sans doute de nouvelles formes de collaboration institutionnelle. Certains pays émergents posent également plus strictement leurs exigences en vue de recevoir un volontaire. Ils réclament une certaine réciprocité dans l’échange d’expatriés. La régulation des flux humains transfrontaliers constitue un sujet politique sensible auquel le volontariat ne saurait échapper.

Les organisations de volontariat souhaitent que les attentes, les intérêts et les savoir-faire des partenaires locaux soient davantage valorisés et reconnus. Dans la perspective d’une coopération moins dissymétrique, ils appellent notamment à l’adoption de mesures concrètes pour faciliter à la fois l’envoi et l’accueil entre pays, prenant en compte notamment la question des visas afin de faciliter la circulation et les échanges de volontaires inclus dans des partenariats avérés, quelle que soient les nationalités concernées.


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014