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Fiche méthodologique sur la construction d’indicateurs de résultats pour la table ronde du 20 décembre 2012

S’il apparait souhaitable de pouvoir déterminer quel est l’impact in fine de l’aide française (par exemple sur le taux d’alphabétisation d’un pays, sur son taux de mortalité infantile, etc.), cette mesure finale se heurte pour l’heure à de nombreux obstacles méthodologiques, que les institutions multilatérales de développement elles-mêmes n’ont pas encore résolus.

Il semble donc plus réaliste de se focaliser d’abord sur des indicateurs de réalisations (ex. : combien d’écoles construites ?) ou de résultats (ex. : combien d’élèves instruits ?).

Plusieurs questions méthodologiques se posent déjà pour ce niveau d’indicateurs. Parmi les grands types d’indicateurs développés par les agences, les bailleurs et institutions de développement, nous pouvons distinguer trois types de questions auxquelles il nous semble primordial de répondre : résultats ex ante vs ex post, logique d’attribution ou de contribution, agrégation macroéconomique ou projet par projet.

• Résultats « ex-ante » vs « ex post »

Ex ante : indicateurs de résultats attendus, c’est-à-dire d’objectifs initiaux dont on ne cherche pas à évaluer la réalisation (il s’agit de la méthode actuellement utilisée par l’AFD).
Ex post : résultats qui sont mesurés une fois le projet achevé.

• Logique d’attribution vs logique de contribution

- « contribution »

Cette méthode, utilisée par les banques multilatérales de développement, consiste à rapporter les résultats totaux au niveau d’un pays, d’un secteur ou d’un projet, sans s’attacher à déterminer dans quelle proportion l’organisation elle-même y a participé.
Cette méthodologie permet de dépasser le problème de l’interdépendance des actions individuelles (cf ci-dessous) et de se concentrer sur l’essentiel du point de vue du bénéficiaire ; à l’inverse, il peut lui être reproché qu’elle permet à un donateur de s’ « approprier » les résultats d’un secteur donné sans distinguer dans quelle proportion les activités financées par ce donateur contribuent effectivement à cet indicateur.

- « attribution »

Il s’agit de calculer les résultats qui sont attribuables à un donateur en fonction du financement qu’il attribue à un pays, un secteur ou un projet. Cette méthode est utilisée par le DFID.
La principale limite de cette méthodologie est qu’elle ne prend pas en compte la complexité et l’interdépendance des différentes composantes d’un projet (exemple : la France peut n’avoir financé que la construction d’une route, mais le projet n’aurait pu être réalisé sans le financement de la formation des maîtres d’ouvrage par un autre bailleur) et implique des choix parfois arbitraires, nécessitant un consensus pour éviter des doubles comptages.

• Agrégation macroéconomique vs projet par projet

- macroéconomique

Cette méthodologie consiste à utiliser les résultats des données macroéconomiques des pays (nombre d’enfants scolarisés etc.).
Elle présente l’avantage de respecter la logique d’alignement promue au niveau international en s’appuyant sur les données des pays partenaires et les résultats mesurés au niveau pays. Cependant, la qualité des données reportées dépend donc de la robustesse des données statistiques des pays partenaires. Par ailleurs, les indicateurs utilisés ne sont pas forcément les même d’un pays à l’autre et sont donc difficilement agrégeables.

- projet par projet

Cette méthodologie consiste à agréger les résultats projet par projet. Cette méthode, probablement plus robuste et fine que les précédentes, pose néanmoins des défis pratiques importants. En effet, cette méthodologie suppose la mise en place d’un véritable système de gestion axée sur les résultats où figureraient des indicateurs communs et agrégeables au niveau de chaque projet. Une analyse très fine des projets est par ailleurs nécessaire pour éviter les doubles comptages.

A titre d’exemple, le FIDA utilise cette méthode.

Au-delà de ces questions méthodologiques, se pose enfin la question essentielle de l’adhésion de l’ensemble des acteurs français engagés dans les actions de développement (Etat, agences publiques, mais aussi collectivités territoriales et ONG) à la définition et la mise en œuvre de ces indicateurs, qui seule peut permettre de produire des données fiables et reflétant plus justement les résultats de l’aide française dans son ensemble


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