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La transparence pour une meilleur efficacité de l’aide (08/02/2013) - par Daphné Joseph-Gabriel & Alexie Notari pour Youth Diplomacy

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Si 72 % des citoyens français estiment que l’aide au développement n’est pas de l’argent gaspillé (sondage IPSOS pour AFD, 11/2012), il ne faut toutefois pas négliger les interrogations liées à la transparence et l’efficacité des politiques de développement menées.

1. Placer la transparence au cœur des processus et des pratiques

Une première méfiance des citoyens s’opère autour de la transparence de la politique française d’aide au développement. Les différents processus manquent de clarté à plusieurs niveaux. D’abord, dans le choix des projets et des bénéficiaires de l’aide ; les critères d’allocations des fonds, la différenciation du choix entre le don et le prêt à taux préférentiel. Ensuite, dans le choix des partenaires avec qui l’AFD va coopérer pour mettre en place un projet d’aide.

L’exigence de transparence pourrait par exemple impliquer un processus d’appel d’offres clair ou une attribution explicite des rôles des parties engagées.

Cette transparence est d’autant plus difficile à saisir que le niveau d’engagement de l’AFD varie selon que l’aide est menée au niveau bilatéral, dans le cadre de l’Union Européenne ou alors de façon multilatérale. Selon la nature même de l’aide également, liée ou non liée, les acteurs impliqués et ses retombées demeurent plus ou moins opaques aux yeux du public.

Outre les questions de transparence des processus, c’est sur le terrain même, dans la mise en œuvre de l’aide, que le flou demeure. Ce postulat se vérifie d’autant plus que dans la plupart des pays destinataires, les structures en place et procédés existants ne se prêtent pas aux exigences de transparence. Certaines démarches qui œuvrent pour une meilleure transparence, une traçabilité et un suivi des fonds ont cependant été mises en place. C’est le cas de l’initiative IATA qui rassemble pays donateurs, pays destinataires, ONG et experts. Les participants publient des informations selon un standard commun international, ouvert au public. La France, qui ne participe pas à cette initiative, peut toutefois en retirer des enseignements et en adapter les bonnes pratiques.

Le processus de transparence doit inclure les citoyens de façon à ce qu’ils puissent accéder aux informations et en avoir une lisibilité claire. Plus que de la communication, cette transparence implique la mise en place de procédés audibles, clairs et accessibles sur les aides menées par l’AFD.

2. Coordonner les acteurs complémentaires au service de l’efficacité
des aides

Améliorer la transparence, c’est aussi améliorer l’efficacité de l’AFD. Elle donnerait à l’ensemble des acteurs impliqués dans la coopération une meilleure vision des actions en cours, nécessaire à une meilleure complémentarité des forces en présence. Une aide plus transparente a pour conséquence une meilleure compréhension des synergies et des coopérations en place, ce qui concourt à rendre les processus plus efficaces. Il s’agit d’améliorer le circuit d’information entre les parties prenantes, afin d’assurer une plus grande cohérence des actions.

La réflexion sur le choix de la décentralisation (collectivités locales, régions, ONGS, etc.) ou de la centralisation des aides nationales au sein de l’AFD a également sa place ici.
La recherche d’efficacité passe aussi par une plus grande clarté des objectifs fixés. La difficulté réside notamment dans la nécessité de coordonner les objectifs de l’ensemble des acteurs du développement, à toutes les échelles, du niveau national au niveau au moins européen.

Cette coordination pourrait améliorer l’efficacité des efforts, évitant les recoupements et doublons. A l’échelle du terrain même, dans le pays destinataire, une meilleure coordination des forces en place jouerait aussi en faveur de l’efficacité des actions. Dès lors, la réflexion devrait idéalement être menée conjointement avec les autres acteurs.

3. Mesurer l’efficacité des actions qui intègre la pérennité des
aides

L’évaluation de l’efficacité des actions est une nécessité, afin d’améliorer à la fois le processus de mise en œuvre des aides et mesurer les impacts sur le terrain. Toutefois, la mesure de l’efficacité doit intégrer le champ temporel, la durée, ce qui n’est pas aisément quantifiable. On chercherait une mesure qui tienne compte d’une vision intégrée et pérenne des aides. Par exemple, il ne s’agit pas seulement de construire une école ou un hôpital, mais aussi d’y former (ou d’assurer la formation ou la présence) des professeurs ou des médecins.

Une aide s’inscrit dans une politique de développement, qui elle-même s’écrit sur des années, ce qui rend une telle mesure complexe.
Notons que certains critères ou méthodes d’évaluation existent déjà et peuvent constituer une source d’inspiration ou de réflexion critique comme celle du Cadre Logique par exemple. On soulèvera un autre point de difficulté qui découle de ces questions de mesure : celui du coût même de la mise en place d’une évaluation. L’élaboration de mesures à certainement un coût, non négligeable (5-10% du budget ?), et fait appel à des ressources supplémentaires, dont la charge ne doit pas porter sur celles dédiées aux aides.

La transparence et l’efficacité de l’AFD sont corrélées. Une aide plus transparente joue en faveur de son efficacité, en faisant travailler et coopérer un ensemble d’acteurs ayant une meilleure clarté et lisibilité de leur rôle respectif, ainsi qu’un champ de vision plus large sur la politique de développement en cours.


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